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Grève des obstétriciens : les ministres trancheront

Députés, sénateurs et ministres se renvoient la «patate chaude» concernant le dossier des gynécologues-obstétriciens libéraux, et de leur couverture par les assurances en cas de condamnation dépassant les trois millions d’euros de dommages. La réunion de la commission paritaire mixte mercredi n’ayant rien donné de concret, le texte passera devant le Conseil des Ministres le 25 Novembre. Et si rien de concret n’en ressort, les professionnels sont prêts à aller beaucoup plus loin, et envisagent de fermer définitement les maternités privées. Le point avec Véronique Julien, de la clinique Val d’Ouest d’Ecully.

Lyon Mag : Qu’a-t’il été exactement décidé en commission mixte paritaire mercredi ?
Véronique Julien :
Les députés n’ont pas voulu trancher et n’ont pas voulu changer leur texte, qui prévoyait que nous ne soyons plus couverts pour des procès qui dépassent les trois millions d’euros d’indemnités. Ils ont demandé au gouvernement de trouver une solution. Pour eux, ce n’est pas une question qui doit être débattue par le Parlement mais qui doit être traitée par le gouvernement. L’assemblée a botté en touche en disant que ce n’était plus leur problème. Les sénateurs avait déjà fait cela. Maintenant, c’est entre les mains du gouvernement, avec des gens comme  Xavier Bertrand, qui est un ancien assureur, et qui malgré tout ne devraient pas être favorable à notre cause.

Avez-vous déjà réfléchit à des actions à mener si vous n’êtes pas satisfaits ?
Le gouvernement doit trouver des solutions. Soit par une solidarité nationale, soit en faisant pression sur les assureurs pour remonter les plafonds. Il faut que l’on soit enfin correctement assuré. Il est clair que les maternités qui avaient effectué des mutations partielle sur les HCL seront prêtes à fermer complètement, avec des accoucheurs qui feront en sorte de ne pas se faire réquisitionner pour que ce soit vraiment l’arrêt total d’activité. On ne peut pas nous demander de travailler sans assurances.  Pour l’instant, on a quand même assuré deux tiers des accouchements pendant ce mouvement. L’idée serait de fermer. Terminé. C’est envisageable, même si c’est dur pour nous qui avons choisi ce métier par vocation.

Vous avez été réquisitionnés ces derniers jours ?

Nous n’avons pas eu besoin d’être réquisitionnés car nous n’étions pas en grève. Nous mutions nos patients, en leur disant que nous ne pouvions plus faire notre travail car nous étions mal assurés. Nous étions sur place et présents, donc nous n’avons pas été réquisitionnés. Cela a, par contre, été le cas dans certaines maternités de Lyon où le mouvement était un peu plus dur. Les personnels ont été réquisitionnés jusqu’à dimanche. Après, on fera pire. Même réquisitionnés, on fera en sorte qu’on ne nous trouve pas. C’est à dire qu’on fermera les maternités et qu’on disparaîtra, ce qui est tout à fait notre droit. On a le droit d’arrêter de travailler si on est pas assurés.

Vous êtes prêts à arrêter d’exercer et à changer de profession?

J’ai des amis qui sont allés faire des séjours cet été au Canada pour essayer de trouver des solutions là bas, car ils recherchent des obstétriciens. Certains sont prêts à partir. Il y en a qui ont passé cinquante ans et qui sont prêts à ne plus faire d’accouchement, et se reconvertir dans une autre activité médicale ou chirurgicale. Il y a des jeunes qui du coup ne vont plus s’installer. Les accouchements privés dans la région Rhône-Alpes représentent quand même un tiers des accouchements, c’est à dire plus de 15 000 naissances. Il faut savoir comment fera le gouvernement pour assurer ces naissances si les maternités privées ferment. Mais les personnels sont prêts à agir.

Le texte passera donc en conseil des ministres mercredi 25 Novembre?

Le mouvement de grève est suspendu jusqu’à cette date. Ce qu’il en ressortira sera déterminant. On ira soit vers une reprise, soit vers un durcissement du mouvement.



Tags : greve | hopital | obstetricien |

Commentaires 1

Déposé le 20/11/2009 à 14h42  
Par Honte Citer

C'est une honte de ne pas couvrir les professionnels de santé... Privé ou public qu'importe, ces gens prodiguent du soi

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