Fraîchement diplômé de l’EM Lyon, proche à l’époque de Bruno Bonnell et d’Emmanuel Macron, aux côtés de Sacha Houlié (aujourd’hui député Place publique) et d’une mouvance de jeunes socialistes, il participa à la création des Jeunes avec Macron puis d’En Marche il y a maintenant dix ans.
Jimmy Brumant faisait partie de cette génération de jeunes profils qui croyaient pouvoir renouveler la politique. À Lyon, puis à Villeurbanne, il a incarné ce macronisme de conquête, avant de s’en éloigner après l’échec de sa liste aux élections municipales de 2020, dans une métropole où le macronisme n’a jamais vraiment réussi à s’implanter.
Mais le plus intéressant, chez Jimmy Brumant, est peut-être ailleurs.
Car Jimmy n’a jamais eu le profil d’un apparatchik. C’est un entrepreneur, un vrai. Un esprit vif, mobile, brillant, avec cette capacité rare à transformer des idées en projets concrets. Je l’ai rencontré il y a quelques années, après des échanges sur les réseaux sociaux, alors que nous figurions tous les deux dans un magazine lyonnais consacré à ceux qui compteront à Lyon en 2040. Depuis, nous partageons plusieurs citronnades bio et autres jus détox chaque année, et la même impression demeure : chez lui, ça bouillonne sans cesse.
Tout ce qu’il entreprend, il semble le réussir.
Il y a d’abord eu Ma Prochaine Auto, dont il a été le cofondateur. Avec ce projet, Jimmy Brumant a montré qu’il savait transformer une intuition en entreprise crédible, jusqu’à une revente à Bee2link qui a confirmé son sens des affaires et du timing. Aujourd’hui, avec Livalia, qu’il pilote avec sa compagne Clara, il s’est positionné sur un marché très actuel : la location de chambres tout équipées, pensée pour répondre aux nouveaux modes de vie, avec une offre simple, pratique et bien calibrée.
Jimmy vit toujours à Lyon et passe aujourd’hui une grande partie de son temps au H7, à Confluence. Au cœur de l’écosystème French Tech, là où se croisent innovation, réseaux, start-up et nouvelles ambitions. C’est sans doute là qu’il est désormais le plus à sa place. À la cool, comme à son habitude, souvent en baskets et en sweat-shirt, il offre aux jeunes entrepreneurs la chance de pouvoir lui demander conseil. Accessible et bienveillant, toujours avec le sourire, il prend le temps de les accompagner.
Jimmy Brumant incarne aussi une nouvelle génération de dirigeants : sport, thé matcha et rythme maîtrisé. Un esprit sain dans un corps sain.
Au fond, son parcours dit quelque chose d’une époque. Car il n’est pas le seul, dans cette jeune génération macroniste lyonnaise, à s’être délesté de tout engagement politique. Arifé Yildiz, autre profil prometteur et ex-collaboratrice de groupes d’élus sous Gérard Collomb, s’est elle aussi éloignée de la politique pour suivre sa mentore, Fouziya Bouzerda, dans un poste stratégique de direction à Grenoble Ecole de Management.
D’autres continuent malgré tout à faire vivre, tant bien que mal, une sensibilité centriste dans le paysage politique local. Loïc Terrenes en fait partie : fraîchement élu conseiller municipal de Lyon dans l’opposition et conseiller du 4e arrondissement, après avoir conduit sa liste en 2026. À vrai dire, il devrait peut-être songer à rejoindre le Parti socialiste, qui semble davantage lui correspondre que cette obstination à vouloir rester dans une identité macroniste dont on voit mal ce qu’elle recouvre encore localement.
Clara Eynaud-Lassalle s’inscrit, elle aussi, dans cette relève : élue dans le 2e arrondissement auprès de Pierre Oliver.
Allan Bouamrane, ancien assistant parlementaire, reste également très actif.
Sarah Peillon, élue vice-présidente de la Métropole, et Thomas Rudigoz, redevenu maire chez lui dans le 5e arrondissement, montrent enfin que tout n’a pas totalement disparu de cette famille politique.
Mais l’ensemble paraît désormais fragmenté, dispersé, loin de l’élan initial.
Et c’est peut-être pour cela que Jimmy Brumant retient davantage l’attention.
Parce qu’il donne le sentiment d’avoir mieux traversé la décennie que le macronisme lui-même. Là où beaucoup se sont abîmés dans les appareils politiques, lui a choisi de construire. Là où le macronisme a souvent déçu et échoué, lui a transformé ses intuitions en entreprises. Il s’est éloigné de la politique, mais rien ne dit qu’il s’en est éloigné pour toujours.
À voir son parcours, une chose paraît certaine : Jimmy Brumant n’a pas dit son dernier mot.
Joris Hadj
Enseignant en université
IL deviendra la même chose que le "macronisme ( c'est quoi d'ailleurs ?); RIEN ! La seule chose dont se souviendra l'histoire sera que Macron et ses sbires auront foutu le pays en l'air.
Signaler Répondrece serait bien d’avoir ce petit panorama des pousses lyonnaises prometteuses pour tous les partis
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