À la jeunesse : ne laissez pas les groupuscules vous voler la vie, comme à Quentin Deranque

À la jeunesse : ne laissez pas les groupuscules vous voler la vie, comme à Quentin Deranque
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Vingt-trois ans, c’est l’âge où la vie paraît encore éternelle. C’est aussi l’âge où rien n’est encore figé. Où l’on peut se tromper, revenir, évoluer. À 23 ans, une vie est encore en train de s’écrire.

Quentin Deranque est mort. Il avait sombré et appartenait à un groupuscule d’extrême droite. Il avait choisi d’être là mais n’avait pas choisi de mourir. Il avait 23 ans.

J’enseigne la prise de parole en public, l’art de la parole et la rigueur du débat. Chaque semaine depuis presque une décennie, je vois des jeunes traversés par des tensions profondes : besoin de justice, sentiment d’incohérence du monde dans un contexte géopolitique anxiogène, peur du dérèglement climatique...

Les groupuscules extrêmes prospèrent sur cette peur. Ils offrent une appartenance immédiate, une identité rassurante, une grille de lecture simple dans un monde complexe. Les réseaux sociaux d’Elon Musk ou Mark Zuckerberg amplifient cette mécanique. Plus c’est radical, plus c’est visible. Plus c’est outrancier, plus c’est partagé.

La radicalité séduit parce qu’elle simplifie.

La violence attire parce qu’elle donne l’illusion de la puissance.

Mais elle est toujours une impasse. Elle enferme la pensée. Elle confisque la liberté intérieure. Elle réduit un être humain en construction à un militant borné.

À vous, jeunes Lyonnaises et Lyonnais, je veux dire ceci : écartez-vous radicalement des groupuscules. Refusez les logiques de meute. Refusez les discours qui désignent des ennemis plutôt que de proposer des solutions. La vraie force n’est pas dans l’affrontement physique ou symbolique. Elle est dans la capacité à penser contre soi-même, à dialoguer, à construire.

Nous avons, collectivement, une responsabilité immense. Responsables politiques, enseignants, associations, personnalités publiques, nous devons investir les espaces que les extrêmes occupent. Nous devons parler, expliquer, débattre, accompagner.

Lyon n’est pas une ville d’extrêmes politiques. Lyon est une ville d’équilibres, de pragmatisme et de dialogue. Dans la ville de Gérard Collomb, qui fut si attaché au rassemblement et au compromis républicain, les groupuscules violents ne peuvent pas et ne doivent pas s’installer comme une fatalité.

Quentin avait 23 ans.

À 23 ans, on peut encore tout devenir. On se doit même probablement de changer pour s’élever. 

Ne laissez personne vous voler votre avenir sous prétexte de vous offrir une cause. La jeunesse n’est pas un réservoir de radicalité. Elle est une promesse de renouveau. Une promesse d’un monde meilleur. 

Et cela, à Lyon, nous devons le rappeler sans relâche.

Joris Hadj

Enseignant en université

1 commentaire
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Caton l'Ancien le 25/02/2026 à 15:35

Chars jeunes, ne laissez pas les macronistes vous voler votre vie et votre avenir.

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Ex Précisions le 25/02/2026 à 14:34

Notamment enseignant en "Codes du luxe et savoir-être", amusant ;-)
Le discours peut peut-être fonctionner avec des jeunes cultivés et civilisés, ce qui n'est pas toujours le cas dans ces groupes, en général ceux qui le sont dirigent ces groupes...
Les conflits entre les extrêmes ont toujours existé et ça va aller crescendo avec la dérive de la société actuelle, ce n'est pas avec un joli discours, aujourd'hui, que ça va arranger les choses.

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