Les jeunes socialistes élus à Lyon sur lesquels Sandrine Runel pourra compter demain

Les jeunes socialistes élus à Lyon sur lesquels Sandrine Runel pourra compter demain

À Lyon, la relève socialiste a désormais des visages. Autour de Sandrine Runel, députée PS et figure centrale de la social-démocratie à Lyon, une nouvelle génération d’élus s’installe dans le paysage politique local après les municipales de mars 2026.

Timandra Becker, Naïl Klioua, Enzo Cabantous et Eliott Roig incarnent cette gauche jeune, militante, pragmatique, progressiste, associative et très ancrée dans les combats contemporains.

Depuis plusieurs années, le Parti socialiste du Rhône cherche à reconstruire une dynamique locale, entre affirmation de son identité et nécessité de parler à une nouvelle génération d’électeurs. Après les municipales de mars 2026, cette reconstruction passe aussi par l’émergence d’élus très jeunes, souvent issus des Jeunes socialistes, déjà rompus au terrain militant, au monde associatif ou aux engagements étudiants.

Pour Sandrine Runel, députée socialiste du Rhône, ces profils forment une réserve d’enracinement local sur laquelle elle pourra compter dans les années à venir. La députée, qui avait été désignée cheffe de file du PS à Lyon pour les municipales avant la séquence électorale de 2026, s’inscrit désormais dans un paysage local où les socialistes entendent peser dans la recomposition de la gauche lyonnaise.  

Timandra Becker, la génération féministe et égalitaire

À seulement 23 ans, Timandra Becker fait partie de ces nouveaux visages socialistes qui portent une ligne résolument féministe. Arrivée à Lyon à 19 ans pour ses études, elle a d’abord suivi un cursus en relations internationales et sciences politiques à HEIP, avant de rejoindre l’Université Lyon 2, où elle poursuit aujourd’hui un master pluridisciplinaire en études sur le genre.

Engagée aux Jeunes socialistes depuis 2023, elle occupe déjà plusieurs responsabilités : secrétaire nationale des Jeunes socialistes, secrétaire fédérale à l’égalité au PS du Rhône et trésorière des Jeunes socialistes du Rhône. Élue conseillère d’arrondissement dans le 7e arrondissement de Lyon, elle entend faire de son mandat un prolongement de ses combats militants.

Ses priorités sont claires : l’égalité entre les genres, la lutte contre l’exploitation des femmes dans le travail reproductif, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, mais aussi contre les LGBTQIA+phobies. Dans un arrondissement jeune, populaire, étudiant et politiquement très mobilisé, Timandra Becker incarne cette gauche qui veut articuler justice sociale et justice féministe.

Naïl Klioua, l’expérience étudiante au service du 7e arrondissement

Agé de 22 ans, Naïl Klioua devient délégué du maire du 7e arrondissement à la jeunesse et à la vie étudiante. Un portefeuille qui correspond directement à son parcours.

Lyonnais depuis toujours, élève-avocat, il s’est engagé très tôt dans le monde associatif et syndical étudiant. En 2020, il rejoint le Collectif de Solidarité Étudiante, association de lutte contre la précarité étudiante accompagnant chaque année près de 1 500 étudiants avec l’appui d’une centaine de bénévoles. Il en assure la présidence de 2023 à 2025.

À l’Université Lyon 3, il exerce également pendant trois ans des responsabilités syndicales et de gouvernance, d’abord comme membre du CAQ, puis comme vice-président étudiant au sein de l’équipe présidentielle jusqu’en 2025. Ces expériences lui donnent une connaissance fine des réalités étudiantes : précarité alimentaire, accès aux droits, logement, santé mentale, vie de campus, mais aussi rapport parfois difficile entre les institutions et les jeunes.

Animateur de la fédération des Jeunes socialistes du Rhône, membre du bureau national des JS, secrétaire fédéral au PS du Rhône et membre du bureau fédéral, Naïl Klioua incarne une génération socialiste qui ne sépare pas l’engagement partisan de l’action concrète.

Son cap politique tient en quelques mots : défendre le service public, lutter contre toutes les formes de précarité et combattre les assignations sociales, raciales, sexistes ou LGBTQIA+. Pour lui, les solutions naissent d’abord au plus près des réalités vécues, dans les quartiers, les associations, les universités et les collectifs militants.

Enzo Cabantous, le militant devenu adjoint dans le 7e

Né en 2003 et originaire du Puy-de-Dôme, Enzo Cabantous a quitté l’Auvergne pour poursuivre des études en science politique à Sciences Po Lyon. Très vite, il s’ancre durablement dans une ville avec laquelle il entretenait déjà des attaches familiales fortes.

Son engagement au Parti socialiste commence en février 2022, à Clermont-Ferrand, dans un contexte de rejet de la politique menée par Emmanuel Macron, qu’il juge marquée par l’aggravation des inégalités, l’insuffisance de la réponse climatique et un durcissement sécuritaire discriminatoire. Il affirme également son opposition nette au projet de l’extrême droite.

À Lyon, il rejoint les Jeunes socialistes du Rhône, dont il deviendra secrétaire général. Il décrit ce collectif comme un espace de formation militante et intellectuelle. En 2025, lors du congrès de Nancy, il devient secrétaire de section du PS Lyon 7, puis chef de file du Parti socialiste dans le 7e arrondissement pour les municipales.

Aujourd’hui 3e adjoint de Fanny Dubot dans le 7e arrondissement, chargé de la vie associative et du lien avec les conseils de quartier, Enzo Cabantous hérite d’un portefeuille central dans un arrondissement où le tissu associatif est particulièrement dense. Il veut renforcer le lien entre les associations et la mairie, mieux accompagner les acteurs locaux et poursuivre les expérimentations démocratiques avec les trois conseils de quartier du 7e.

Pour lui, la vie associative n’est pas un supplément d’âme : elle constitue l’un des piliers de la démocratie locale. À travers elle se jouent la solidarité, l’éducation populaire, l’entraide, la culture, le sport, mais aussi la participation citoyenne.

Eliott Roig, l’ancrage villeurbannais et l’éducation populaire

À 23 ans, Eliott Roig représente un autre visage de cette relève socialiste : celui d’un élu issu de l’animation socio-éducative et profondément enraciné dans son territoire.

Villeurbannais depuis toujours, il a grandi et été scolarisé dans des établissements portant le nom de Jean Jaurès. Après trois années à Sciences Po, il fait le choix de se consacrer pleinement à l’animation. Diplômé de l’ALAÉ à Lyon, il travaille dans le champ éducatif, au contact direct des enfants, des familles et des réalités sociales du quotidien.

Son engagement politique est aussi une histoire familiale. Éduqué très jeune à la lutte par une famille syndicaliste, il s’engage d’abord dans le syndicalisme lycéen, puis au Parti socialiste, où il milite depuis cinq ans.

Désormais conseiller municipal délégué aux manifestations sportives, inclusives et adaptées à Villeurbanne, il s’inscrit dans la majorité de Cédric Van Styvendael et de l’union de la gauche et des écologistes. Son mandat porte une idée forte : faire du sport et des événements populaires des outils d’inclusion, d’accessibilité et de cohésion sociale.

Une génération militante, plus qu’une génération d’appareil

Ce qui relie ces quatre jeunes élus, au-delà de leur appartenance socialiste, c’est leur rapport au terrain. Aucun ne vient seulement de l’appareil partisan. Tous ont été formés par des engagements concrets : université, associations étudiantes, syndicats, animation, féminisme, conseils de quartier, vie locale.

Ils incarnent aussi une gauche socialiste qui assume les combats contemporains : égalité femmes-hommes, lutte contre les discriminations, défense des services publics, précarité étudiante, inclusion, démocratie locale, vie associative, émancipation.

Pour Sandrine Runel, qui s’est imposée comme l’une des figures socialistes majeures à Lyon et dans le Rhône, cette génération peut devenir un atout stratégique. Dans une gauche lyonnaise traversée par les rapports de force entre écologistes, socialistes, insoumis et communistes, ces jeunes élus donnent au PS local une capacité de renouvellement, de présence militante et de projection vers l’avenir.

La politique lyonnaise a souvent été une affaire de générations. Celle qui arrive aujourd’hui n’a pas connu les grandes heures du socialisme à Lyon sous Gérard Collomb. Et c’est peut-être là que réside sa force : ne pas seulement vouloir reprendre une place, mais prouver, par le travail local, que le socialisme lyonnais a probablement de belles heures devant lui, portée par Sandrine Runel et ces jeunes élus. Jusqu’à la victoire en 2033 ?

Joris Hadj

Enseignant en université

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Joris Hadj

1 commentaire
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Corsica3333 le 28/04/2026 à 18:38

Jeunes socialistes..ca existe ..preuve que le gauchisme n’est pas une idéologie mais pathologie..

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