Protéger d'abord. Toujours

Protéger d'abord. Toujours
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Le 29 mai dernier, Lyhanna, onze ans, disparaissait à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers.

L'homme mis en examen pour son enlèvement était déjà connu : une plainte pour viols sur une fillette de dix ans, un signalement pour comportement inapproprié dans un établissement scolaire. Rien de tout cela ne l'avait tenu éloigné des enfants. Le pays entier a juré : plus jamais.

Mais à cette date, le "plus jamais" se rejouait déjà chez nous. À Charly, dans notre département, une fillette de sept ans avait trouvé, fin avril, les mots pour décrire à ses parents les viols qu'elle dit avoir subis au centre de loisirs, de la part d'un animateur périscolaire. Son récit mettait en cause les mêmes faits sur une camarade du même âge.

Dès le lendemain, ses parents déposaient plainte à la gendarmerie ; la famille de la seconde fillette faisait de même.

Le 3 mai – plus de trois semaines avant le drame de Fleurance –, le mis en cause, qui conteste les faits et demeure présumé innocent, ressortait libre de sa garde à vue, malgré ces deux plaintes pour viols et agressions sexuelles.

Aucune mesure de sûreté, aucune interdiction d'approcher des enfants n’aurait été prononcée à ce stade. C'est la médiatisation du drame de Lyhanna qui a décidé le père de la première fillette à parler publiquement ; son courage a fait émerger une troisième victime présumée, âgée de trois ans seulement, dont les parents ont porté plainte à leur tour le 8 juin. Les parents de la vallée du Garon, eux, ont reçu l'angoisse en partage.

Et cette même semaine, la vie politique lyonnaise donnait une troisième illustration du même mal : une jeune militante confie avoir été violée par un cadre d'une campagne électorale – lequel conteste lui aussi les faits et demeure présumé innocent ; les responsables informés gardent le silence pendant quatre mois ; c'est la presse, et non eux, qui révèle l'affaire. La présidente de la Métropole a pris la bonne décision en demandant aux trois élus concernés leur mise en retrait. Il fallait le faire ; cela n'efface pas quatre mois perdus.

Trois affaires, trois contextes, un seul fil rouge : à chaque fois, quelqu'un savait. À chaque fois, autre chose est passé avant la protection des victimes.

L’avocat que je suis connaît la valeur de la présomption d'innocence et je la défendrai toujours : elle est l'honneur de notre droit et le rempart contre l'arbitraire. Mais il faut dire avec force ce qu'elle n'est pas. La présomption d'innocence protège un accusé d'une condamnation anticipée ; elle n'a jamais interdit de protéger la société pendant le temps de l'enquête.

Suspendre un agent – comme l’a fait immédiatement le maire de Charly –, prononcer un contrôle judiciaire, interdire tout contact avec des mineurs, signaler à la justice ce que l'on sait : aucune de ces mesures ne préjuge de la culpabilité de quiconque. Elles préjugent seulement d'une chose – que la sécurité d'un enfant ou d'une jeune femme vaut davantage que le confort d'une institution ou d’une campagne électorale.

Confondre présomption d'innocence et inaction n'est pas du droit : c'est une démission qui se donne
des airs de principe.

Parce que notre droit et nos pratiques reposent encore trop sur le pari que l'alerte suffira, le législateur devra en tirer les conséquences. À Charly, les vérifications réglementaires avaient été faites à l'embauche et n'avaient rien révélé : preuve qu'un contrôle unique ne suffit pas, et qu'il faut une honorabilité vérifiée tout au long de l'activité, étendue aux plateformes de garde d'enfants. Il faudra aussi prévoir que lorsque plusieurs plaintes concordantes visent une personne au contact de mineurs, des mesures de sûreté – contrôle judiciaire, interdiction d'activité et de contact – soient systématiquement requises pendant l'enquête : ce n'est pas punir avant de juger, c'est protéger pendant que l'on juge.

Il faudra, enfin, donner à la justice – parent pauvre de l'État, avec deux fois moins de juges que l'Allemagne, trois fois moins de procureurs que la médiane européenne – les moyens d'aller vite. Mais ne nous mentons pas : dans ces trois affaires, ce ne sont pas d'abord les moyens qui ont manqué. C'est la volonté de protéger.

Je veux dire enfin mon admiration aux enfants de Charly qui ont trouvé les mots, à cette jeune militante qui a eu le courage de parler, et à ce père qui a refusé le silence. Il a dit vouloir "éviter une autre Lyhanna".

Cette phrase devrait être affichée au fronton de toutes nos institutions. Car le peuple français regarde, et il jugera : s'il devait conclure que les institutions de ce pays se protègent mieux qu'elles ne protègent ses enfants, plus aucune réforme ne réparerait la confiance rompue. Dans le Rhône comme ailleurs, nous lui devons une réponse qui soit à la hauteur de son courage : que plus jamais, dans ce pays, la protection des victimes ne passe après quoi que ce soit d'autre.

Protéger d'abord. Toujours.

Alexandre Dupalais

Avocat, délégué départemental de l’UDR du Rhône

1 commentaire
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Kévin Merdella, ex assistant parlementaire en télétravail le 12/06/2026 à 18:26
Jérôme Bardella a écrit le 12/06/2026 à 17h56

Le pire dans tout ça c'est que la majorité des pédophiles sont tous pro RN alors ça nous fait bien rires , c'est petites sortie médiatiques ..

et oui, l'immense majorité des pédos sont d'extrême droite, en France comme chez les MAGA Américains.
Les plus tarés d'entre eux sont même persuadés de rendre service aux enfants, et assurent que leurs anciennes victimes portent plainte une fois adulte a cause d'uneu "cabbale wokiste"..
En France, les plus militants d'entre eux gravitent autour de Renaud Camus, d' Alain De Benoist et de leur copain Matzneff.
Le journal Street Press a mené un bon travail d'investigation sur l'extrême droite pédo..
https://www.streetpress.com/1604673651-ombre-matzneff-extreme-droite-pedophile-grece-alain-benoist-nationalistes-fafs-neonazis.

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Barella le 12/06/2026 à 18:24

Il faut se protéger des Barella et des Bardella

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Ex Précisions le 12/06/2026 à 18:19

Qu'il est beau, bien habillé, pas un poil qui rebelle, c'est le sauveur de notre société ;-)
Ils vont arrêter quand les petits politicards de faire de la récup ou de la provoc avec des drames ?

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Jérôme Bardella le 12/06/2026 à 17:56

Le pire dans tout ça c'est que la majorité des pédophiles sont tous pro RN alors ça nous fait bien rires , c'est petites sortie médiatiques ..

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