Murielle Laurent, l’atout de Raphaël Glucksmann dans le Rhône

Murielle Laurent, l’atout de Raphaël Glucksmann dans le Rhône

Murielle Laurent appartient à une espèce devenue presque en voie de disparition à gauche : les élus qui cherchent encore à convaincre au lieu de simplement dénoncer.

Députée européenne depuis maintenant deux ans, Murielle Laurent incarne cette gauche dont Raphaël Glucksmann parlait récemment lorsqu’il rappelait qu’elle n’avait pas vocation à se comporter comme des "videurs de boîte de nuit". Une gauche qui ne trie pas à l’entrée. Une gauche non sectaire, qui rassemble, qui travaille, qui parle au réel et qui, surtout, n’a pas honte de vouloir gagner.

L’exact opposé de cette gauche qui préfère parfois perdre en militant sur X plutôt que gagner en regardant le pays tel qu’il est.

Avant Strasbourg et Bruxelles, il y a Feyzin. Avant les commissions européennes, il y a cette commune de la Métropole de Lyon dont elle a été maire de 2017 à 2024. Il y a les habitants, les écoles, les associations, les quartiers, les dossiers ingrats, les réunions publiques, les arbitrages difficiles, les colères à entendre et les solutions à construire. Murielle Laurent vient du terrain. Pas du terrain fantasmé des discours de meeting mais du vrai. Celui où l’on gouverne, où l’on écoute, où l’on décide, où l’on comprend que la politique n’est pas une posture, mais une responsabilité.

Formée à bonne école auprès de sa mentor Hélène Geoffroy, elle a hérité de cette culture de l’action locale et du sens du collectif qui marquent durablement un parcours politique.

Et cela se voit encore aujourd’hui. Murielle Laurent n’a pas déserté la politique locale sous prétexte qu’elle siège au Parlement européen. On la voit présente, impliquée, fidèle aux combats du territoire, par exemple aux réunions de l’association pour la sauvegarde de l’hôpital Henry-Gabrielle à Saint-Genis-Laval. On la voit aussi arpenter les rues de Feyzin et les marchés avec ses baskets de jeune cadre dynamique. Preuve qu’elle vit pleinement dans son époque, sans jamais perdre le fil du terrain ni celui des services publics. Elle a ce mélange assez rare : l’ancrage local sans poussière sur les épaules, la modernité sans filtre Snapchat sur les convictions.

Look soigné, blazers colorés, communication récemment modernisée sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram : Murielle Laurent a compris que la politique contemporaine ne se joue plus seulement dans les salles municipales mal chauffées ou les réunions interminables des conseils fédéraux où même le café semble avoir perdu foi en l’avenir. Elle se joue aussi dans l’image, dans le ton, dans la présence, dans cette capacité à parler à son époque sans lui courir après comme un conseiller en communication sous Red Bull.

Beaucoup d’élus découvrent Instagram comme leurs parents ont découvert Facebook, avec dix ans de retard et une légère panique dans le regard. Murielle Laurent, elle, semble avoir compris que la forme ne remplace pas le fond, mais qu’elle permet encore de le faire entendre.

Au Parlement européen, elle poursuit ce même chemin. Dans ses commissions, elle travaille sur des sujets essentiels : les libertés civiles, la justice, les droits fondamentaux, les pétitions citoyennes, les crises humanitaires, la défense des femmes afghanes, la situation au Soudan ou en Haïti, les questions migratoires, la protection des plus vulnérables, mais aussi les réalités économiques et industrielles de l’Europe. Bref, tout ce qui distingue une gauche décorative d’une gauche nécessaire. Une gauche qui ne se contente pas de poster une indignation entre deux stories ou entre deux hashtags éphémères, mais qui entre dans les dossiers, lit les textes, amende, défend et construit.

Murielle Laurent ne joue pas à être de gauche. Elle l’est. Dans ses combats, dans sa méthode, dans sa fidélité aux valeurs socialistes, républicaines, européennes et humanistes. Elle défend une gauche de combat, une gauche de démocrate de combat, mais une gauche qui sait que la colère ne suffit pas à gouverner. Une gauche qui croit aux droits, aux libertés, à la dignité, aux services publics, à l’émancipation, mais qui refuse de transformer l’idéal en slogan vide ou en posture de plateau télé.

C’est précisément pour cela qu’elle est un atout pour Raphaël Glucksmann dans le Rhône. Elle donne un visage local, solide et crédible à cette gauche qui veut gagner pour agir. Une gauche qui ne vend pas son âme pour un siège, mais qui ne préfère pas non plus perdre avec panache en enchaînant les meetings dans des salles vides.

Une gauche qui refuse le sectarisme, l’entre-soi et les petites polices de la pensée. Une gauche qui préfère les ponts aux miradors, les majorités aux microclimats militants, l’action au confort esthétique de la défaite.

Car la gauche qui gagne n’est pas celle qui ferme les portes. C’est celle qui comprend que l’on ne bâtit pas une majorité avec une liste d’exclusions, mais avec une promesse crédible. On ne transforme pas la vie des gens en distribuant des cartons rouges à tout le monde. On la transforme en parlant à celles et ceux qui doutent, qui travaillent, qui souffrent, qui espèrent, qui ne rentrent pas toujours parfaitement dans les cases idéologiques mais qui attendent encore quelque chose de la politique. Comme dans les meilleures campagnes publicitaires, la politique finit toujours par échouer lorsqu’elle parle davantage à son propre miroir qu’à son public.

Dans le Rhône, Murielle Laurent incarne cette ligne : socialiste sans nostalgie, européenne sans technocratie, républicaine sans raideur, humaniste sans naïveté. Une élégance rare, presque vintage, donc parfaitement moderne. Elle connaît les territoires, les communes, les habitants. Elle ne parle pas du réel depuis un canapé parisien ou une note stratégique rédigée entre deux expressos hors de prix du Café de Flore. Elle parle du réel parce qu’elle l’a pratiqué, administré, écouté, parfois affronté.

On se souvient aussi qu’elle était prête, en 2025, à prendre la tête de la fédération du Parti socialiste du Rhône. Cela aurait fait un bien fou au PS local. À quelques voix près, cela ne s’est pas fait. Mais il faut espérer qu’elle réitérera. Car les militants socialistes du Rhône ont besoin de personnalités capables de rassembler sans renier, d’apaiser sans affadir, de moderniser sans liquider l’histoire. Des personnalités qui savent que le logiciel doit être mis à jour sans jeter l’ordinateur par la fenêtre. À une époque où certains partis ressemblent davantage à des groupes WhatsApp en conflit permanent qu’à des organisations politiques, cette qualité n’a rien d’anecdotique.

Dans une époque saturée de bruit, Murielle Laurent avance avec sérieux, constance et fidélité. Dans une gauche parfois tentée par les querelles de chapelle, elle rappelle une évidence : la gauche n’est pas faite pour se regarder souffrir. Elle est faite pour gagner et changer concrètement la vie des gens.

Ministrable demain si Raphaël Glucksmann devenait président de la République ? Franchement, l’idée n’a rien d’absurde. La vague sociale-démocrate de 2027 se dessine peut-être déjà. Et quelque chose me dit que Murielle Laurent en prendra toute sa part. Pas en criant plus fort que les autres. Mais en travaillant mieux qu’eux.

Joris Hadj

Enseignant en université

1 commentaire
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Toujours une bonne plume le 01/06/2026 à 11:22

De la part de Joris Hadj pour Lyon Mag, ça fait du bien à lire, même quand on ne sera pas du parti de la dame dont il est question !

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hahahahaha le 01/06/2026 à 11:08

Murielle Laurent Ministrable demain si Raphaël Glucksmann est président

deux blagues dans la même phrase !

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