Une analyse qui devrait alimenter les discussions dans les états-majors politiques lyonnais.
Publié ce lundi 25 mai sur La Grande Conversation, la revue du think tank Terra Nova, le document signé Joakim Le Ménestrel, ancien conseiller communication et presse de Grégory Doucet jusqu’à sa réélection en mars dernier, revient longuement sur la campagne municipale lyonnaise de 2026.
"Lyon 2026, analyse médiatique d’un mythe politique : remontada en 4 actes". Derrière ce titre universitaire se cache une véritable autopsie politique de la défaite de Jean-Michel Aulas, longtemps présenté comme l’immense favori du scrutin avant d’être battu de justesse par le maire écologiste sortant, réélu avec 50,67 % des voix contre 49,33 %.
L’ancien communicant de l'édile écologiste ne cache d’ailleurs ni son angle, ni sa proximité avec le vainqueur. Dès les premières pages, il explique vouloir analyser comment les médias auraient "construit, amplifié, puis défait la candidature de Jean-Michel Aulas" en contribuant à installer l’idée d’une victoire jugée inéluctable avant de participer à sa chute.
Une campagne racontée comme une tragédie grecque
L’analyse de Joakim Le Ménestrel emprunte les codes de la tragédie grecque, découpée en quatre actes : "la prophétie", correspondant à l’émergence d’un Jean-Michel Aulas présenté comme recours providentiel ; "l’hubris", moment où le candidat se serait laissé gagner par une forme de certitude de victoire ; "la catastase et l’anagnorisis", soit le basculement de campagne et la révélation d’un Grégory Doucet plus solide qu’attendu ; puis enfin "la catharsis", consacrée à la victoire finale du maire écologiste.
L’auteur revendique avoir analysé plus de 80 articles issus d’une vingtaine de médias locaux et nationaux, de Lyon Mag à Médiacités, en passant par Le Monde, Le Figaro, Libération, Le Progrès ou encore Challenges.
Mais au-delà du travail de compilation, le document constitue surtout un récit politique favorable au camp écologiste.
Selon Joakim Le Ménestrel, Jean-Michel Aulas aurait progressivement été prisonnier d’un personnage : celui du sauveur de Lyon, porté par sa popularité acquise avec l’OL et une couverture médiatique nationale exceptionnelle. L’ancien patron du club aurait fini par croire à sa propre victoire, au point, écrit-il, de considérer l’élection comme déjà acquise.
Le débat télévisé présenté comme le tournant
Dans cette lecture très scénarisée, un moment revient sans cesse : le débat BFMTV/Le Figaro du 24 février.
L’ancien conseiller de Grégory Doucet le décrit comme un "point de non-retour" pour l'ancien président de l'OL. Il évoque un candidat Coeur Lyonnais fragilisé par plusieurs approximations sur ses propositions, tandis qu’à l’inverse, le maire sortant serait apparu plus solide, maîtrisant ses dossiers et son bilan.
La campagne d’Aulas est ensuite décrite comme s’étant progressivement "estompée", marquée selon l’auteur par des absences médiatiques, des débats déclinés et un rapport compliqué avec une partie de la presse locale. Un chapitre entier revient ainsi sur les tensions entre le candidat et certains médias lyonnais, accusés par ses équipes d’hostilité, tandis que plusieurs journalistes reprochaient à l’époque un accès limité à certains événements de campagne.
À l’inverse, Joakim Le Ménestrel raconte un Grégory Doucet qui "entre enfin dans le costume du candidat", changeant progressivement d’image au fil des semaines, jusqu’à réduire l’écart dans les sondages. L’analyse insiste sur une campagne de terrain plus méthodique et sur la capacité du maire à reprendre le contrôle de son récit politique.
L’un des fils rouges du document concerne le rôle des médias.
L’ancien conseiller estime qu’une partie de la presse locale et nationale aurait fini par intégrer comme une évidence l’idée d’une défaite du maire écologiste, contribuant à faire de Jean-Michel Aulas un "mythe politique" avant même sa déclaration de candidature. Il pointe notamment les nombreux sondages publiés à l’automne 2025 donnant le candidat largement vainqueur.
Dans sa démonstration, Joakim Le Ménestrel affirme que les mêmes médias auraient ensuite accompagné la dynamique inverse, en mettant progressivement en récit la "remontada" du maire sortant à mesure que l’écart se réduisait.
Le texte s’apparente ainsi autant à une analyse de communication politique qu’à une forme de plaidoyer post-campagne en faveur du camp Doucet.
Un texte déjà très commenté dans les coulisses lyonnaises
Rarement un ancien membre d’un cabinet municipal aura pris la plume aussi rapidement après une campagne électorale pour raconter les coulisses d’une victoire.
Le timing interpelle aussi : Joakim Le Ménestrel avait quitté le cabinet du maire après la réélection de Grégory Doucet en mars dernier, laissant sa place à l'ex-journaliste de BFM Lyon Arthur Blet, avant de publier cette longue note à peine deux mois plus tard. Un document qui, sous couvert d’analyse médiatique, offre aussi un regard très personnel sur la stratégie de campagne des deux camps.
Une chose est sûre : dans une ville où les municipales de 2026 continuent de laisser des traces, ce récit de la remontada lyonnaise n’a probablement pas fini de faire parler.
Et dans la réalité le maire ne doit sa réélection qu'à son alliance avec LFI.
Signaler RépondreLa preuve, le refus de Bruno Bernard de le faire lui a coûté la métropole.
Mais je suppose que ça ne convient pas à leur narratif de l'admettre.
Je trouve que le débat animé par les journalistes était nul, car ceux-ci n’ont pas assez axé les échanges sur les programmes des candidats. Ils ont consacré 35 minutes à la mort de Quentin, tragique certes, mais l’enquête est en cours. Espérons que les responsables seront punis, et que cela mettra fin à cette histoire. BFMTV a aussi instrumentalisé sa mort pour faire de l’audience, et c’est dégueulasse.
Signaler RépondreBref, concernant les candidats : Aulas semblait à l’aise avec ses soutiens et est clairement en forme. S’il ne se présentait que pour cocher la case « maire de Lyon » avant de construire un monument à sa gloire sur son piédestal, nous méritons mieux que Doucet, même si je suis pas d’accord avec tout ce qu’il a fait, se défendait mal en débat, et on ne peut pas lui reprocher de faire ce qu’il dit.
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mais sans ses magouilles électorales contre nature Doucet et les écolos ont perdu aussi mais eux c est toute la France .. ils ont dégoûté les français de l écologie ça c est grave
Signaler RépondrePour moi la défaite est uniquement due au débat catastrophique de JMA .
Signaler Répondrele Ménestrel : en voici un qui porte bien son nom, en déclamant sur 40 pages les louanges de son seigneur Grégory de la Pastèque !
Signaler RépondreJMA a perdu par là où il a pêche : l orgueil et il apprend que l on ne s improvise pas en politique même si les sondages sont au top
Signaler RépondreLe mélange Métropole et ville de Lyon en mettant tout cela sous la même bannière ( et encore il a fallu du temps pour que ce soit aligné ) n a pas aidé.
Signaler RépondrePuis justemelnt Aulas futur maire qui parle de choses metrpolitaines comme le tunnel ( même si ca rend servce à la ville ), une IMMENSE bêtise .
Ce jour là, je pense qu il a perdu