Le tribunal correctionnel de Lyon a condamné, mardi 21 juillet, un jeune automobiliste de 21 ans pour des faits de violences sur un policier, refus d'obtempérer et infractions à la législation sur les stupéfiants.
Les faits remontent au samedi 18 juillet, peu avant 22h, rue Paul-Bert, dans le 3e arrondissement de Lyon, à proximité du palais de justice. Des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) décident alors de contrôler un conducteur surpris en train d'utiliser son téléphone au volant.
Selon les éléments rapportés à l'audience, le jeune homme fait mine de s'arrêter avant d'accélérer brusquement pour prendre la fuite. Les fonctionnaires disent également avoir perçu une odeur de stupéfiants provenant du véhicule.
L'un des policiers sort alors son arme de service afin d'ordonner l'arrêt de la voiture. Au cours de la manœuvre, il aurait été projeté sur le capot avant de parvenir à se dégager. Il tire ensuite à deux reprises en direction du véhicule qui poursuit sa fuite.
Interpellé après près d'un kilomètre de fuite
Le conducteur abandonne finalement sa voiture environ 900 mètres plus loin avant de tenter de s'échapper à pied. Il est finalement rattrapé et interpellé par les policiers. Lors des investigations, près de 250 grammes de produits stupéfiants de différentes natures sont découverts dans le véhicule ainsi que sur lui.
Au lendemain des faits, le préfet du Rhône, Étienne Guyot, avait apporté son soutien au fonctionnaire blessé, auquel quatre jours d'incapacité totale de travail (ITT) avaient été prescrits.
"J'ai eu un coup de chaud"
Devant le tribunal, le prévenu a reconnu avoir pris la fuite tout en contestant avoir volontairement percuté le policier. Selon les propos rapportés par PressPepper, il a expliqué avoir "eu un coup de chaud" après s'être senti "braqué" par les policiers sans comprendre pourquoi. Il a également affirmé ne pas avoir touché le fonctionnaire.
Le jeune homme a aussi dénoncé les conditions de son interpellation, évoquant des coups portés alors qu'il n'aurait plus opposé de résistance. Il a toutefois présenté ses excuses au policier blessé, reconnaissant qu'il "n'aurait pas dû prendre la fuite".
Une enquête sur l'usage de l'arme
À l'audience, l'avocat du policier a rappelé, qu'il s'agissait de la première fois que son client faisait usage de son arme de service et a estimé que les conditions légales permettant de tirer étaient réunies. À l'inverse, la défense a contesté la légitimité des tirs, estimant qu'ils n'étaient "absolument pas justifiés" et regrettant notamment l'absence d'images de caméra-piéton ainsi que de vidéosurveillance sur les lieux.
La procureure a, pour sa part, considéré que la question de l'usage de l'arme ne constituait pas le cœur du dossier, les infractions reprochées au conducteur étant, selon elle, établies.
À l'issue de l'audience, le tribunal a condamné le prévenu à un an de prison ferme avec un placement en détention. Il devra ensuite respecter une période de sursis probatoire. Son véhicule a été confisqué et son permis de conduire annulé, avec interdiction de le repasser pendant un an.
Une enquête déontologique concernant les deux tirs effectués par le policier est toujours en cours.