Analyse et étude chiffrée des élections métropolitaines 2026 : union ou pas, la gauche aurait perdu

Analyse et étude chiffrée des élections métropolitaines 2026 : union ou pas, la gauche aurait perdu
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La candidature de Bruno Bernard aux élections sénatoriales, distincte de la liste d’union de la gauche conduite par Thomas Dossus et qualifiée de "dissidente" par Les Écologistes, fait renaître un débat déjà très présent au lendemain des élections métropolitaines : celui de la non-union de la gauche au second tour.

La question est simple : une union généralisée avec LFI aurait-elle permis à la gauche de conserver la Métropole de Lyon ?

L’analyse des quatorze circonscriptions, en intégrant les règles du scrutin et deux études Elabe sur les mouvements d’électorat, aboutit à une conclusion claire : l’union aurait permis à la gauche de récupérer plusieurs sièges et, dans le scénario le plus favorable, de priver Grand Cœur lyonnais de sa majorité absolue. Mais dans les deux simulations testées, elle serait restée derrière en nombre de sièges.

Deux études Elabe pour ne pas simplement additionner les voix

La première difficulté consiste à ne pas considérer qu’une fusion aurait mécaniquement additionné 100 % des électorats.

Une enquête Elabe publiée en février 2026 testait à Lyon un duel de second tour entre Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas. Parmi les électeurs d’Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate LFI, 69 % déclaraient se reporter sur Grégory Doucet, 16 % sur Jean-Michel Aulas et 15 % vers l’abstention. Autrement dit, même dans un duel, près d’un électeur LFI sur trois ne rejoignait pas le candidat écologiste soutenu par le PS. 

Une seconde enquête Elabe, réalisée en avril 2025, permet d’observer le mouvement inverse. Dans une hypothèse où EELV, LFI, le PS et le PCF se rassemblaient derrière Grégory Doucet, cette liste commune atteignait 37 %, contre 22 % pour Grégory Doucet dans le scénario de gauche divisée. Mais Elabe relevait surtout que 74 % seulement des électeurs de la socialiste Sandrine Runel se reportaient sur cette union. Cela signifie que 26 % ne la suivaient pas, une partie choisissant notamment Nathalie Perrin-Gilbert ou Jean-Michel Aulas.

Ces deux sondages portent sur les municipales lyonnaises et non sur les métropolitaines. Ils ne constituent donc pas une prédiction de ce qui se serait produit dans chacune des quatorze circonscriptions. Ils permettent en revanche de construire une simulation de sensibilité plus réaliste qu’une simple addition des résultats.

Deux hypothèses sont donc retenues.

Dans le scénario prudent, 69 % de l’électorat LFI rejoint la liste commune, 16 % se reporte sur Grand Cœur lyonnais et 15 % s’abstient. À cela s’ajoute le non-report d’une partie de l’électorat socialiste, en prenant comme référence le taux de 26 % observé par Elabe.

Dans le meilleur scénario pour l’union, les mêmes 69 % des électeurs LFI rejoignent la liste commune, mais aucun électeur socialiste ou écologiste ne la quitte.

Une autre donnée essentielle : les seuils de 5 % et 10 %

Pour refaire correctement le scrutin, il faut également tenir compte de ses règles.

Une liste obtenant au moins 10 % au premier tour peut se maintenir seule au second. Les candidats d’une liste ayant obtenu plus de 5 % peuvent rejoindre une autre liste dans le cadre d’une fusion. Et lorsqu’une liste obtient la majorité absolue dès le premier tour, l’élection est terminée dans la circonscription. La liste arrivée en tête bénéficie par ailleurs d’une prime correspondant à la moitié des sièges, avant répartition proportionnelle du solde. 

Cette règle est déterminante. À Lônes et Coteaux ou Lyon-Nord, LFI est sous les 10 % : ses électeurs ont donc déjà dû se repositionner au second tour. À l’inverse, dans plusieurs circonscriptions lyonnaises, LFI pouvait se maintenir et l’a fait. Enfin, à Ouest, Plateau Nord-Caluire, Porte des Alpes et Val de Saône, Grand Cœur lyonnais a dépassé 50 % dès le premier tour : aucun accord d’entre-deux-tours ne pouvait plus modifier le résultat.

Environ 7 350 voix socialistes potentiellement en mouvement

Reste à estimer l’électorat socialiste à l’intérieur des listes communes PS-écologistes de 2026.

Puisque les deux familles étaient déjà réunies, il n’existe pas de résultat permettant de les distinguer. La simulation utilise donc, lorsque cela est possible, les rapports de forces observés entre socialistes et écologistes au premier tour de 2020, puis applique les 26 % de non-report observés dans l’enquête Elabe à la seule composante socialiste estimée.

L’ordre de grandeur obtenu est d’environ 700 voix à Lyon-Ouest, 650 à Lyon-Sud, 980 à Lyon-Centre, 540 à Lyon-Est, 730 à Lyon-Sud-Est, 1 600 à Rhône Amont et 2 150 à Villeurbanne.

Cela représente environ 7 350 voix issues de l’électorat socialiste susceptibles de ne pas suivre une alliance avec LFI dans cette simulation.

Ces 7 350 voix ne sont pas automatiquement transférées à Grand Cœur lyonnais. Le sondage Elabe mesure un non-report sur l’union : il peut se traduire par un vote pour une autre liste comme par une abstention.

Surtout, ce chiffre pourrait être une estimation basse. La simulation repose sur la répartition PS-écologistes de 2020. Or leur rapport de forces a pu évoluer entre 2020 et 2026. Strasbourg fournit un exemple précis : en 2020, Jeanne Barseghian obtenait 27,87 % au premier tour contre 19,77 % pour Catherine Trautmann. En 2026, la socialiste Catherine Trautmann arrive devant avec 25,93 %, contre 19,72 % pour Jeanne Barseghian. 

Cela ne permet pas de transposer automatiquement Strasbourg à Lyon. Mais cela montre que l’hypothèse d’un poids socialiste plus important en 2026 qu’en 2020 est plausible. Si tel avait été le cas dans la Métropole, l’assiette sur laquelle s’appliqueraient les 26 % aurait été plus importante, et les 7 350 voix estimées pourraient donc être sous-évaluées. Faute de résultats séparés PS-écologistes en 2026, aucun chiffre supplémentaire n’est ajouté : l’analyse conserve volontairement la structure observable de 2020.

Lônes et Coteaux : six sièges perdus pour seulement 2,83 points de recul

En 2020, la liste de Jean-Charles Kohlhaas obtenait 36,61 % et huit sièges. En 2026, elle recueille encore 33,78 %, mais ne conserve que deux sièges, tandis que Grand Cœur lyonnais atteint 51,63 % et neuf élus. 

LFI avait obtenu 9,80 % au premier tour. Elle pouvait donc participer à une fusion puisqu’elle dépassait 5 %, mais elle ne pouvait pas se maintenir seule. La liste de gauche passe déjà de 23,41 % au premier tour à 33,78 % au second.

Il serait donc incorrect de prendre le résultat du second tour et d’y ajouter à nouveau une fraction des voix LFI du premier : une partie de ces électeurs est déjà comprise dans les reports observés.

La gauche recule finalement de seulement 2,83 points par rapport à 2020 mais perd six sièges. Le phénomène central est la première place obtenue par le bloc droite-centre et la prime majoritaire qui l’accompagne.

Simulation : 2 sièges à gauche dans les deux scénarios.

Lyon-Ouest : la gauche gagne 0,89 point et perd sept sièges

En 2020, la gauche obtenait 43,50 % et neuf sièges. En 2026, elle progresse à 44,39 %, mais n’obtient plus que deux élus, contre neuf pour Grand Cœur lyonnais à 55,51 %. 

LFI avait franchi le seuil de maintien avec 10,85 % et 3 887 voix au premier tour. Sa liste reste formellement présente au second, mais ne recueille plus que 37 voix, soit 0,10 %.

La quasi-totalité de son électorat de premier tour s’est donc déjà repositionnée malgré la présence de la liste LFI. Utiliser à nouveau les 3 887 voix du premier tour reviendrait à compter deux fois une partie des électeurs.

Même une addition brute, volontairement excessive, des 3 887 voix LFI de premier tour aux 16 173 voix de la gauche au second donnerait 20 060 voix, toujours légèrement moins que les 20 224 voix de Grand Cœur lyonnais, alors même que cette addition compterait déjà deux fois certains électeurs.

Le non-report socialiste estimé à environ 700 voix renforce encore ce constat.

Simulation : 2 sièges à gauche dans les deux scénarios.

Lyon-Sud : un siège supplémentaire

En 2020, la gauche obtenait 56,55 % et six sièges. En 2026, elle recueille 51,27 % et six sièges, Grand Cœur lyonnais 36,03 % et deux sièges, tandis que LFI se maintient avec 12,71 % et 4 153 voix. 

Ici, la simulation d’une fusion est pertinente. Avec un report de 69 %, environ 2 865 électeurs LFI rejoindraient la liste commune. Environ 660 se reporteraient vers Grand Cœur lyonnais et le solde s’abstiendrait.

Le scénario prudent intègre parallèlement environ 650 voix socialistes susceptibles de ne pas suivre l’alliance.

Cela ne remet pas en cause la première place de la gauche. La différence porte sur le dernier siège : la liste commune pourrait passer de six à sept élus.

Scénario prudent : 7 sièges. Meilleur scénario : 7 sièges. Gain : +1.

Lyon-Centre : davantage de voix, mais aucun siège supplémentaire

En 2020, la gauche obtenait 47,31 % et neuf sièges. En 2026, elle recueille 47,20 % et toujours neuf sièges, devant Grand Cœur lyonnais à 44,35 %. LFI obtient 8,45 % au second tour après avoir franchi le seuil de maintien au premier. 

Avec 69 % du vote LFI vers l’union et environ 980 voix socialistes potentiellement non reportées dans le scénario prudent, la gauche resterait première.

Dans le meilleur scénario, son avance serait supérieure. Mais elle bénéficie déjà de la prime majoritaire et la répartition ne change pas.

Scénario prudent : 9 sièges. Meilleur scénario : 9 sièges. Gain : 0.

Lyon-Est : cinq sièges qui tiennent à quelques centaines de voix

C’est la circonscription la plus sensible de la simulation.

Grand Cœur lyonnais obtient en 2026 11 902 voix, soit 47,29 %, et six sièges. La gauche recueille 11 130 voix, 44,23 %, et un siège. LFI conserve 2 134 voix, soit 8,48 %, après avoir dépassé 10 % au premier tour. 

L’écart entre les deux premières listes est donc de seulement 772 voix.

En appliquant le premier paramètre Elabe aux 2 134 voix LFI du second tour, environ 1 472 voix rejoindraient la gauche et 341 Grand Cœur lyonnais. Sans aucun mouvement dans l’électorat socialiste, la gauche repasserait légèrement devant et bénéficierait de la prime majoritaire : elle pourrait obtenir six sièges au lieu d’un.

Mais le scénario prudent estime à environ 540 voix le non-report d’une partie de l’électorat socialiste. Ce mouvement suffit à faire repasser Grand Cœur lyonnais devant.

Et si le poids socialiste était plus élevé en 2026 qu’en 2020, ces 540 voix pourraient être sous-estimées.

Scénario prudent : 1 siège à gauche. Meilleur scénario : 6 sièges. Écart entre les deux simulations : 5 sièges.

Lyon-Nord : les électeurs LFI ont déjà dû choisir

LFI réalise 9,04 % au premier tour et ne peut donc pas se maintenir. La liste de gauche passe alors de 31,92 % au premier tour à 43,41 % au second, soit une progression de près de douze points. Grand Cœur lyonnais conserve cependant une avance nette avec 56,59 % et sept sièges, contre deux à la gauche. 

Les reports des électeurs des listes éliminées, dont LFI, sont déjà contenus dans le résultat du second tour. Les réinjecter une seconde fois dans une simulation produirait un double comptage.

Simulation : 2 sièges à gauche dans les deux scénarios.

Lyon-Sud-Est : l’union conforterait la première place, pas le nombre d’élus

En 2020, la gauche obtenait 47,25 % et sept sièges. En 2026, elle reste première avec 40,93 % et toujours sept sièges, devant Grand Cœur lyonnais à 38,07 %. LFI recueille 11,61 % au second tour. 

La simulation estime à environ 730 voix le non-report potentiel socialiste. Malgré ce mouvement, l’apport de 69 % de l’électorat LFI renforce la première place de la gauche.

Mais la prime majoritaire est déjà acquise et la répartition reste identique.

Scénario prudent : 7 sièges. Meilleur scénario : 7 sièges. Gain : 0.

Ouest : l’élection est terminée dès le premier tour

Grand Cœur lyonnais obtient 60,70 % dès le premier tour et huit sièges sur neuf. La gauche recueille 18,71 % et LFI 4,68 %. En 2020, la principale liste de gauche obtenait encore 30,16 %. 

Il n’existe donc aucun second tour à simuler. LFI est en outre sous les 5 % nécessaires pour participer à une fusion.

Même une addition purement théorique des deux scores de gauche n’atteindrait que 23,39 %.

Résultat : 1 siège à gauche dans tous les cas.

Plateau Nord-Caluire : plus de 50 % dès le premier tour

Grand Cœur lyonnais obtient 54,37 % dès le premier tour et sept sièges sur huit. La gauche recueille 22,32 % et LFI 10,96 %. 

LFI dépasse bien les 10 %, mais ce seuil devient sans effet puisqu’une liste a déjà obtenu la majorité absolue : aucun second tour n’est organisé.

Même l’addition de 100 % des deux offres de gauche donnerait seulement 33,28 %.

Résultat : 1 siège à gauche dans tous les cas.

Porte des Alpes : une baisse de près de vingt-quatre points

En 2020, la gauche obtenait 41,03 % et trois sièges. En 2026, sa liste tombe à 17,19 %, LFI recueille 12,22 % et Grand Cœur lyonnais gagne dès le premier tour avec 51,49 % et dix sièges. 

La principale liste de gauche recule donc de 23,84 points.

Même une addition intégrale de la liste de gauche et de LFI donnerait 29,41 %, soit plus de vingt points de moins que Grand Cœur lyonnais.

Résultat : 1 siège à gauche dans tous les cas.

Ici, le résultat ne peut donc pas être expliqué par une absence d’accord d’entre-deux-tours : il n’y a pas eu de second tour.

Portes du Sud : l’union aurait profondément modifié le résultat

La situation est très différente aux Portes du Sud.

Grand Cœur lyonnais arrive en tête avec seulement 32,41 %, mais bénéficie de la prime majoritaire et obtient huit sièges. LFI recueille 27,67 % et un siège, la liste conduite par Michèle Picard 25,12 % et un siège, et le RN 14,80 % et un siège. En 2020, Michèle Picard avait obtenu 39,87 % et huit élus. 

Une addition mécanique des deux listes de gauche donnerait 52,79 %, mais elle serait méthodologiquement excessive.

En appliquant les paramètres Elabe aux 5 896 électeurs LFI, environ 4 068 rejoindraient la liste commune, environ 943 Grand Cœur lyonnais et environ 884 s’abstiendraient.

Le deuxième paramètre pose ici une difficulté : Michèle Picard est communiste. Il n’est donc pas possible d’appliquer un "non-report de l’électorat socialiste" à sa liste.

Pour tester la solidité du résultat, la simulation utilise volontairement une hypothèse plus sévère encore : elle retire 26 % de l’ensemble des 5 354 voix de Michèle Picard, soit environ 1 390 voix, alors que l’étude Elabe ne permet pas réellement d’appliquer ce taux à un électorat communiste.

Même avec ce stress-test, la liste commune reste légèrement en tête et récupère la prime majoritaire.

Scénario prudent : environ 8 sièges à gauche. Meilleur scénario : 8 sièges. Gain potentiel : +6.

C’est l’une des circonscriptions où l’effet de la division apparaît le plus solide.

Rhône Amont : six sièges supplémentaires dans les deux scénarios

Grand Cœur lyonnais obtient 12 110 voix, 34,88 % et huit sièges. La liste conduite par Hélène Geoffroy recueille 11 403 voix, 32,84 % et deux sièges. LFI totalise 6 396 voix, 18,42 % et un siège ; le RN 13,86 % et un élu. L’écart entre les deux premières listes est seulement de 707 voix. 

En 2020, Hélène Geoffroy remportait déjà Rhône Amont avec 48,72 % et neuf sièges. Au premier tour de cette élection, sa liste socialiste obtenait 17,65 %, devant les écologistes à 14,90 %, ce qui permet d’identifier localement un socle socialiste particulièrement important. 

Avec le premier paramètre Elabe, environ 4 413 électeurs LFI rejoindraient une liste commune, environ 1 023 Grand Cœur lyonnais et le reste s’abstiendrait.

À partir de la structure électorale de 2020, le modèle estime parallèlement à environ 1 600 voix le non-report potentiel d’une partie de l’électorat socialiste.

Même avec ce mouvement, la liste commune resterait première, autour de 44 %, contre environ 41 % pour Grand Cœur lyonnais.

Scénario prudent : environ 9 sièges à gauche. Meilleur scénario : 9 sièges. Gain potentiel : +6.

Le résultat local aurait donc été profondément différent. Mais il faut distinguer ce constat de la majorité métropolitaine : retirer six sièges à Grand Cœur lyonnais le ferait passer de 92 à 86 sièges, toujours au-dessus des 76 nécessaires à la majorité absolue.

Val de Saône : aucune négociation d’entre-deux-tours possible

Grand Cœur lyonnais obtient 52,37 % dès le premier tour et douze sièges sur quatorze. La gauche recueille 16,55 % et LFI seulement 3,77 %. En 2020, la gauche obtenait encore 29,72 % et deux sièges. 

Même l’addition parfaite des deux listes de gauche atteindrait seulement 20,32 %.

Résultat : 1 siège à gauche dans tous les cas.

Villeurbanne : une fragmentation plus qu’une disparition du vote de gauche

En 2020, Bruno Bernard obtenait 66,79 % et quinze sièges. En 2026, sa liste recueille 41,38 % et treize élus. LFI obtient parallèlement 15,62 % et un siège, tandis que la liste de Didier Vullierme recueille 12,37 % et un siège. 

Les différentes offres de gauche totalisent donc 69,37 % des suffrages et quinze sièges.

Le phénomène principal n’est pas ici une baisse du vote de gauche, mais sa fragmentation.

La simulation estime à environ 2 150 voix le non-report potentiel de la composante socialiste en cas d’alliance Bernard-LFI. Même avec cette hypothèse, une liste commune resterait largement première et, en tenant compte du siège de Didier Vullierme, le bloc de gauche conserverait environ quinze élus.

Scénario prudent : 15 sièges de gauche. Meilleur scénario : 15 sièges. Gain : 0.

Deux situations locales particulièrement complexes : Rhône Amont et Portes du Sud

Les deux circonscriptions dans lesquelles la fusion aurait rapporté le plus de sièges sont aussi celles où elle aurait été politiquement la plus complexe à mettre en œuvre.

À Rhône Amont, Hélène Geoffroy affrontait simultanément LFI dans sa commune de Vaulx-en-Velin. Elle arrive en tête du premier tour municipal avec 43,57 %, devant Abdelkader Lahmar à 41,54 %. Au second tour, le candidat LFI l’emporte avec 5 369 voix, 50,49 %, contre 5 265 voix, 49,51 %, soit seulement 104 voix d’écart. 

Aux Portes du Sud, Michèle Picard affrontait elle aussi directement LFI à Vénissieux. Elle arrive en tête du premier tour avec 28,32 %, contre 25,95 % à Idir Boumertit. Au second, celui-ci l’emporte avec 4 020 voix, 34,11 %, contre 3 995 voix, 33,90 %, soit 25 voix d’écart. 

Dans les deux cas, une fusion métropolitaine aurait donc consisté à présenter une alliance avec LFI aux mêmes électeurs et le même jour où PS ou PCF affrontaient directement LFI aux élections municipales. Cela ne rendait pas juridiquement une fusion impossible, mais constitue une variable politique supplémentaire que les seules additions de voix ne peuvent pas mesurer.

Au total : 79–66 dans le scénario prudent, 74–71 dans le meilleur scénario pour la gauche

Le résultat réel donne 92 sièges à Grand Cœur lyonnais, 49 à « Avançons ensemble », trois à LFI, un à une autre liste de gauche et cinq au RN. Le bloc de gauche au sens large représente donc 53 sièges sur 150. 

Dans le scénario prudent mais aussi celui qui est sous doute le plus proche de la réalité, les principaux changements seraient un siège supplémentaire à Lyon-Sud, environ six aux Portes du Sud et six à Rhône Amont. Lyon-Est resterait à Grand Cœur lyonnais. La simulation aboutit ainsi à environ 79 sièges pour Grand Cœur lyonnais, 66 pour la gauche et 5 pour le RN. Grand Cœur lyonnais conserverait donc la majorité absolue, fixée à 76 sièges.

Ce scénario intègre environ 7 350 voix socialistes susceptibles de ne pas suivre l’union, sur la base de la structure de 2020, ainsi que le stress-test spécifique d’environ 1 390 voix aux Portes du Sud. Comme le poids relatif du PS a pu progresser entre 2020 et 2026, les 7 350 voix constituent possiblement une estimation prudente.

Dans le scénario le plus favorable à l’union, aucun électeur socialiste ou écologiste ne quitte la liste commune. Les 69 % de l’électorat LFI se reportent toujours vers elle. Lyon-Est peut alors basculer, ce qui conduit à environ 74 sièges pour Grand Cœur lyonnais, 71 pour la gauche et 5 pour le RN.

Dans cette hypothèse, Grand Cœur lyonnais perdrait sa majorité absolue.

Mais la gauche resterait derrière de trois sièges.

Au terme de cette simulation, le constat est donc sans appel : dans tous les cas de figure testés, la gauche perdait la Métropole. L’union aurait réduit l’écart mais elle n’aurait pas suffi à inverser le résultat. Pour gagner, il aurait fallu non seulement rassembler toute la gauche, mais encore élargir considérablement ce rassemblement et avoir Jean-Michel Aulas dans son équipe.

2 commentaires
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ordrejuste le 13/09/2026 à 18:41

Tout le monde a bien compris que vous êtes un ardant défenseur d'Hélène Geoffroy.
Les chiffres ne veulent rien dire, il y a les faits, les réactions et la personnalité de l'ex maire de Vaulx-en-Velin.
Tout le monde s'accorde à dire que c'est la reine des arrangements. La droite, le centre, les macronistes et même l'extrême droite peuvent être utile quand cela l'arrange.
En vérité, elle doit retourner au travail pour retouver le sens des réalités quotidiennes.
Aller pantoufler au sénat pour retrouver des indemnités confortables c'est indécent.
Bruno Bernard est légitime dans sa démarche, ne vous en déplaise.

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Jma le 13/09/2026 à 18:36

Qui va lire cette longue pseudo-analyse du passé ?

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