Les sénatoriales pourraient sembler n’être qu’une ligne de plus dans le calendrier électoral. Elles disent pourtant souvent beaucoup d’une famille politique : les visages qu’elle choisit, les idées qu’elle entend défendre et la direction qu’elle souhaite prendre.
À ce titre, la présence d’Hélène Geoffroy sur la liste de la gauche dans le Rhône relève de l’évidence.
Pas seulement en raison de son parcours d’ancienne députée et d’ancienne secrétaire d’État, ni même de son implantation politique. Mais parce qu’elle porte depuis des années une ligne qui est la seule capable de permettre à la gauche de renouer avec la victoire lors des prochaines échéances.
Hélène Geoffroy n’a pas découvert la social-démocratie à la faveur d’un sondage ou d’un changement de saison politique. Elle n’a pas attendu que le vent tourne pour défendre ses convictions. Depuis des années, elle dit la même chose : le Parti socialiste doit redevenir un grand parti social-démocrate, républicain, européen et populaire, capable de rassembler la gauche, mais aussi de parler bien au-delà de ses frontières naturelles.
Cette constance n’est pas de l’obstination. C’est une certaine idée de la politique.
Jaurès savait que l’idéal devait rencontrer le réel ; Blum avait compris qu’être profondément de gauche n’interdisait ni la responsabilité, ni le compromis, ni la volonté de gouverner. Le socialisme français a souvent été à son meilleur lorsqu’il a su conjuguer fidélité à ses valeurs et ambition majoritaire.
C’est cette histoire qu’Hélène Geoffroy prolonge aujourd’hui, à sa manière.
Ce qui pouvait encore apparaître, il y a quelques années, comme une ligne minoritaire ressemble désormais à l’unique voie possible pour reconstruire une gauche capable de gagner.
Et c’est là que les sénatoriales du Rhône prennent une dimension plus large.
Car, derrière elles, se dessine déjà 2027.
Autour de Raphaël Glucksmann, de François Hollande, de Bernard Cazeneuve et de toute la gauche réformiste, européenne, sociale et républicaine, un espace politique se recompose. Les visages ne sont pas encore figés, les candidatures viendront en leur temps, mais une conviction commence à s’imposer : la gauche ne gagnera pas simplement en réunissant ceux qui votent déjà pour elle.
Elle devra convaincre ceux qui l’ont quittée.
Les classes moyennes et populaires lassées des excès du débat public, les sociaux-démocrates partis vers Emmanuel Macron, les Européens convaincus, les républicains de gauche et tous ceux qui veulent davantage de justice sociale sans considérer que le compromis est une trahison.
La gauche doit savoir se rassembler, évidemment. Mais elle ne gagnera que lorsqu’elle saura aussi s’élargir.
C’est sans doute le principal défi de 2027 : retrouver une vocation majoritaire, sortir de la logique des seuls blocs et recommencer à parler au pays tout entier.
Raphaël Glucksmann travaille à cet élargissement, lui qui s’impose de plus en plus comme une figure centrale à gauche, crédité d’environ 14 % dans les sondages à l’élection présidentielle et pressenti comme un candidat naturel à une primaire socialiste, au point d’apparaître aujourd’hui comme celui qui pourrait le plus crédiblement porter la gauche jusqu’au second tour.
François Hollande, revenu pleinement dans la vie politique nationale, rappelle quant à lui qu’une tradition sociale-démocrate française existe toujours et qu’elle n’a rien perdu de son ambition. En plein cœur du mois d’août, ses proches ont même choisi de remettre son bilan sur la table : 500 affiches, placardées en France et jusqu’à l’étranger, rappelant plusieurs mesures de son quinquennat sous un slogan presque malicieux, "Lui président".
Officiellement, il s’agissait d’un cadeau pour ses 72 ans ; politiquement, difficile pourtant de ne pas y voir le signe d’une époque où son héritage, longtemps regardé avec sévérité, recommence à être revendiqué.
Hélène Geoffroy porte depuis longtemps cette même conviction au sein du Parti socialiste : une gauche de gouvernement peut être sociale sans être protestataire, européenne sans être naïve, républicaine sans être figée et réformiste sans renoncer à transformer la société.
Peu importe, au fond, de savoir aujourd’hui quel visage incarnera cette famille politique en 2027. Ce qui importe davantage, c’est de savoir quelle gauche voudra alors se présenter devant les Français.
Une gauche qui ne s’excuse plus de vouloir gouverner. Une gauche qui considère l’Europe comme une force, la République comme un socle et la justice sociale comme une exigence. Une gauche capable de dialoguer avec toutes ses sensibilités tout en cherchant sans cesse à élargir son horizon.
Une gauche qui ne se contente plus de compter ses voix, mais recommence à chercher celles qui lui manquent.
Voilà pourquoi la présence d’Hélène Geoffroy relève aujourd’hui de l’évidence.
Parce que les sénatoriales ne sont jamais seulement une affaire de sièges. Elles peuvent aussi envoyer un signal sur ce que le Parti socialiste veut redevenir : une force qui assume son histoire, ses idées et son ambition de gouverner.
Socialiste, social-démocrate, européen, républicain, réformiste, profondément attaché au rassemblement de la gauche, mais convaincu qu’une victoire ne se construit jamais en parlant uniquement à ceux qui pensent déjà comme soi.
Les sénatoriales seront une étape. La présidentielle en sera une autre. Les législatives viendront ensuite rappeler une réalité politique : une idée ne devient vraiment une force que lorsqu’elle rencontre une majorité.
C’est peut-être ce qui rend le parcours d’Hélène Geoffroy si intéressant aujourd’hui.
Elle n’a jamais changé de cap.
Pendant longtemps, cela pouvait donner l’impression qu’elle naviguait à contre-courant. Désormais, le paysage bouge et une partie de la gauche redécouvre qu’elle devra, pour gagner, conjuguer rassemblement et élargissement, convictions et responsabilité, identité et ouverture.
Hélène Geoffroy n’a donc pas besoin de réécrire son histoire pour entrer dans le moment politique qui vient.
Elle y était déjà.
Et peut-être est-ce là la meilleure nouvelle de cet été politique inattendu : voir une ligne longtemps jugée minoritaire devenir clairement une promesse de victoire.
Le vent tourne parfois.
Les convictions d’Hélène Geoffroy, elles, restent.
Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve : arrêtez de nous faire rêver et d'appeler ça l'avenir !
Signaler RépondreOutre que vos billets de blog sont trop longs (on dirait les tweets de Tondelier !) on se demande où vous voulez en venir. La seule vraie gauche est chez Mélenchon, que ça vous plaise ou non. Il a un programme, qui est même moins "radical" que Jospin en 2002 et Mitterrand en 1981. Hollande avait tous les pouvoirs, Régions, Sénat, Assemblée nationale en 2012 et il en a fait quoi : il a trahit son programme (mon ennemi c'est la finance....) et a fini par tout perdre au point de ne même pas pouvoir se présenter en 2017. Quand aux 14% attribués à Glucksmann, ils sont au dessous des 15 ou 16% données à Hidalgo à la même époque et qui a fini sous les 2%.
Cessez de vous bercer d'illusion, ouvrez les yeux, et soutenez la seule liste de gauche capable de créer une vraie rupture avec le néolibéralisme qui nous conduit droit dans le mur depuis plus de 10 ans.
Merci d'avance !
Bientôt, ce Monsieur nous expliquera que Margareth Thatcher était de gauche.
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