Phoenix Group et DC Max annoncent un data center de 18 MW à Dardilly. À Vénissieux, UltraEdge vise 8,4 MW pour ses serveurs et confirme que son extension fonctionne déjà. Mais leur intérêt local dépend de conditions très concrètes : leur implantation, leur consommation électrique réelle, les emplois créés, les services rendus aux acteurs locaux et l’usage possible de leur chaleur.
Des mégawatts aux usages réels
Un data center abrite des serveurs qui stockent nos données, font des calculs et font fonctionner les services en ligne. Nos usages de courriels, vidéos, banque, démarches administratives et intelligence artificielle dépendent de ces machines. Elles consomment de l’électricité et dégagent une chaleur qu’il faut évacuer.
Les 18 MW annoncés par DC Max correspondent à 9 000 radiateurs de 2 000 watts allumés ensemble. Précisons ce que ce chiffre mesure : les serveurs seuls ou tout le bâtiment, refroidissement compris ? La consommation annuelle réelle dépend ensuite de l’utilisation du site.
Un responsable de la communication de RTE m’a transmis les éléments du service communication de RTE Auvergne-Rhône-Alpes. Selon d’autres sources du secteur, les centres récemment raccordés utiliseraient en moyenne 20 % de la puissance demandée : leurs clients installent progressivement les serveurs, tandis que les opérateurs conservent une marge de sécurité. Certains acteurs multiplieraient également les demandes de raccordement avant de choisir leur implantation, ce qui complique la planification du réseau.
RTE indique uniquement qu’"un même projet peut faire l’objet de multiples demandes d’études de raccordement, pouvant même ne déboucher sur aucune demande de raccordement in fine".
Quelles retombées locales ?
Lors de notre entretien, Patrice Crosnier, maire de Dardilly, annonce la création de dix emplois sur le site. Il s’intéresse aussi à ce que le centre peut apporter à la souveraineté européenne en matière de données : à ses yeux, le projet y contribue.
UltraEdge m’indique que, comme dans de nombreux data centers, les clients choisissent leurs usages. Le groupe ne peut donc pas mesurer précisément la part de l’IA. Il évoque environ cent emplois directs ou sous-traités dans toute la France. Les emplois de Vénissieux restent à préciser. Son centre de supervision se trouve à Lyon.
Il faut regarder ce qu’il apporte réellement au territoire en échange des ressources qu’il mobilise.
Un réseau électrique à préparer
Le service communication de RTE Auvergne-Rhône-Alpes confirme le maintien de son plan de transformation du réseau lyonnais à l’horizon 2035. Chaque raccordement suit toutefois son calendrier, selon les travaux et les procédures nécessaires. UltraEdge indique l’anticiper avec RTE et Enedis (gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité sur 95 % du territoire français continental).
Chaque secteur dépend du poste électrique qui l’alimente. Pour Éric Sellin, directeur des études du département Génie électrique de l’INSA Lyon, tout dépend de l’organisation du réseau local. Même 10 MW peuvent nécessiter un renforcement du réseau. À Dardilly, Patrice Crosnier évoque aussi lors de notre entretien les câbles à haute tension liés au projet qui se déploient en vue du futur data center dans sa commune.
Organiser les implantations à l’échelle métropolitaine
Un data center mobilise du terrain, de l’électricité et parfois un réseau de chaleur. C’est pourquoi la question n’est pas seulement de savoir s’il faut accueillir ces équipements, mais où les accueillir et sous quelles conditions.
À l’échelle métropolitaine, ces installations peuvent apporter du calcul aux laboratoires, des services aux entreprises et des emplois techniques. Les chantiers peuvent aussi faire travailler des prestataires locaux.
Dans sa réponse écrite, une responsable communication chez EDF souligne les atouts de l’électricité bas carbone produite en France et de ses terrains industriels. Le groupe privilégie les friches et accompagne les projets de récupération de chaleur.
La Métropole prépare un schéma consacré aux data centers, nous indique Christophe Geourjon au téléphone. Le vice-président chargé de la transition énergétique souhaite aussi développer leur autoconsommation d’électricité renouvelable pour leurs propres besoins ainsi que les usages du cloud local par les acteurs économiques locaux.
Ce schéma doit guider les implantations sur l’ensemble du territoire métropolitain. Tous les sites ne se valent pas en matière de réseau électrique, de foncier, de chaleur récupérable ou de proximité avec les utilisateurs.
Enedis propose déjà une cartographie des capacités du réseau. Le schéma pourrait croiser ces données avec les besoins des entreprises clientes et les débouchés pour la chaleur.
Des panneaux solaires sur les toitures ou les parkings pourraient alimenter une partie des équipements en journée.
Passer des annonces aux engagements vérifiables
Le cadre européen prévoit une déclaration annuelle des performances des grands centres. La loi française prévoit aussi l’information du public. Réunissons les données communicables dans une fiche par projet : puissance des serveurs, puissance de raccordement, calendrier et consommation réelle.
À Dardilly, Patrice Crosnier nous indique avoir souhaité organiser prochainement un dialogue entre le porteur du projet et les habitants de la commune.
Les conventions locales pourraient préciser les emplois attendus, les achats locaux et les services aux PME. Un bilan annuel suivrait ces engagements, les formations et le calendrier. Sur un terrain public, un bail à construire permet à la collectivité de conserver la propriété. Il peut prévoir les conséquences d’un abandon. RTE et Enedis restent responsables du raccordement.
La récupération de chaleur n’est pas si simple
Christophe Geourjon évoque aussi la récupération de chaleur pour les réseaux urbains, avec ses contraintes techniques lourdes. La proximité du réseau, les besoins saisonniers et le coût des canalisations conditionnent aussi le projet.
La loi impose déjà de valoriser la chaleur des centres d’au moins 1 MW, avec des dérogations encadrées. L’opérateur, l’exploitant du réseau de chaleur et les utilisateurs doivent préparer ensemble ce débouché.
Même, je me dois de le souligner, si la réalité technique est que; si une partie de cette chaleur est réellement utilisable, elle est techniquement moins récupérable que le croient bien des acteurs publics comme privés. Cette chaleur est souvent disponible à basse température, insuffisante pour alimenter directement un réseau de chauffage classique. Une pompe à chaleur doit alors relever sa température, ce qui consomme de l’électricité.
À Vénissieux, UltraEdge précise que les fermes aéroponiques ne récupèrent pas la chaleur du data center : elles constituent un volet social distinct. Déployée depuis juin sur 250 m², l’installation compte 60 tours de culture.
Elle s’inscrit dans un partenariat entre UltraEdge, Les Fermes Ionaka et le Secours populaire français : l’intégralité de ses récoltes est remise à la Fédération du Rhône du Secours populaire, puis redistribuée aux familles qu’elle accompagne. Un maraîcher urbain recruté localement assure les récoltes, l’entretien des cultures et la maintenance.
De la flexibilité au projet de territoire
RTE participe au programme DCFLEX sur les interactions entre data centers et réseau électrique. À Marcoussis, les essais étudient leur réaction aux perturbations. Le programme explore aussi la réduction temporaire de leur consommation. Des sites métropolitains volontaires pourraient examiner ces mêmes possibilités avec leur gestionnaire de réseau, en préservant leurs services.
Le Grand Lyon a donc de bonnes raisons d’accueillir ces investissements, mais pas à n’importe quelles conditions. Le schéma métropolitain peut aider les communes, les énergéticiens et les opérateurs à organiser les implantations et leurs retombées.
Les habitants doivent pouvoir constater ce que ces équipements apportent en échange des ressources qu’ils mobilisent : des emplois et de la sous-traitance locale, des services utiles aux entreprises et aux laboratoires, une consommation électrique suivie et, lorsque cela est techniquement pertinent, de la chaleur utile aux bâtiments voisins.
C’est à cette condition que les mégawatts derrière le nuage peuvent devenir un véritable projet de territoire.
et l'automobile françaiseeeuuu?les plus splendides voitures reposent dorénavant dans leur catafalque à Mulhouse au musée Schlumpf...et ce n'est pas fini :Renault rétrocède à présent des usines en france aux chinois...
Signaler RépondreOn avait la chimie à Saint Fons, on a dépollué , maintenant on pleure les médicaments
Signaler RépondreOn avait les poids lourds à Vénissieux, maintenant on achète Chinois
On voulait pas de gaz de Shist, on l'achète aux Américains
On était un pays catho, maintenant ?
Pour continuer à donner des ronds pour faire venir l'Afrique, faut être cohérants
On avait des travailleurs , maintenant on a des glandeurs,
Soyez cohérant, gardez vos données en France, avant de pleurer, encore
onduleurs?vous allez embaucher des danseurs de salsa?
Signaler Répondreun organisme devenu cohérent , autonome,autoritaire, étant parvenu à contourner ou shunter tous nos systemes de securite , s'abstenant d'une quelconque autorité humaine:un monstre d'intelligence pilotant à distance , emballant des centrales atomiques ou déclenchant le feu nucleaire.
Signaler Répondreet si l'IA prenait le pouvoir ?...en empêchant ,pour se protéger et mieux prosperer, les manipulations humaines de transfert d'energie que tu suggeres ,entraînant des lacunes sur d'autres secteurs strategiques ?une sorte de coup d'état informatique sans l'humain?
Signaler RépondreL’objectif du programme DCflex auquel participe RTE (comme je le précise dans l’article) avec le démonstrateur français de Marcoussis, mené avec Data4 et Schneider Electric, est d’étudier le comportement des data centres lors des creux de tension et le risque de déconnexions simultanées. D’autres démonstrateurs, dans le monde, testent la modulation des calculs en fonction de l’électricité disponible.
Signaler RépondreSinon actuellement, outre couper les data centters en cas d'extrême (mais il existe de la prévision pour éviter cela). . En cas de tension, le système mobilise d’abord la production disponible, les importations, les réserves et les effacements contractualisés. Un data centre qui n’a pas signé d’engagement de flexibilité continue donc de consommer normalement ; le délestage forcé n’est qu’un dernier recours.
Il est également possible de retarder certains calculs d’IA, de déplacer des traitements vers un autre site, d’utiliser temporairement les batteries des onduleurs, etc.
Pas vraiment et en plus ca dépend de la techno:
Signaler Répondreen circuit ouvert, la centrale prélève environ 150 à 230 litres par kWh produit, mais restitue presque immédiatement la quasi-totalité de cette eau au fleuve ou à la mer, légèrement réchauffée. La consommation nette est donc quasiment nulle.
En circuit fermé c'est les 3/4 de l'eeau qui sont restitués directement au cours d'eau, le reste est de la vapeur...d'eau.
Donc non les centrales ne sont pas de grosses consommatrices d'eau
n’hésitez pas à écrire votre article . et n’hésitez pas a parler du soudan du sud
Signaler RépondreCa consomme indirectement de l'eau, celle nécessaire à refroidir les réacteurs nucléaires qui fournissent les grandes quantités d'électricité requise par les Data-centers.
Signaler RépondreAvec risque d'incendie probable, compte tenu d'une évacuation de la chaleur insuffisante, vu la configuration de la plupart des locaux...
Signaler Répondreet si il y a un pic de consommation d'électricité genre en été ou dans l'hiver froid il se passe quoi?
Signaler RépondreToujours les retombées, jamais les conséquences.
Signaler Répondre2026 ne servira pas de leçon.
Je suis surpris que vous n'évoquiez pas les financements de Phoenix Group et de ce projet. Abu Dhabi ... blanchiment d'argent, droits de l'homme bafoués mais visiblement cela ne vous fait plus réagir ...
Signaler Répondreça sera de tous petits datas centers alors
Signaler RépondreLe maire de Dardilly parlait de 30 emplois au mois de juin 2026 sur le mag de Dardilly, au mois de septembre c'est 10 ....
Signaler Répondreil oublie de dire qu'on n'a pas demandé l'avis des habitants et que ceux-ci n'acceptent pas que ce data center se situe dans une zone résidentielle juste à côté d'une zone naturelle protégée et pas dans une zone industrielle voir la photo de la pétition .
Il avait dit que Dardilly était devenu trop bétonnée et le data center il l'a oublié dans sa campagne
Bonjour la transparence ...
Pour information, une pétition est en cours pour demander une enquête environnementale. A ce jour, elle a récolté plus de 23000 voix. Malgré ce chifre, le maire de Dardilly ne veut pas nous recevoir. Il a même pris à parti une membre du collectif rencontrée à la journée des associations en lui disant qu’il ne ferait rien et ne recevrait pas de membres car ils ne connaissent rien et que seul lui décide car c'est le chef !!
Signaler RépondreBelle conception de la démocratievpour un nouvel élu.
C'est pas ce qu'ils ont fait à la limite Caluire Rillieux en mangeant des terres agricoles ?
Signaler RépondreFait gaffe, ton Linky a une caméra qui t'espionne .....
Signaler RépondreToi, visiblement, tu n'as pas lu l'article .....
Signaler Répondretient un bon article loin des sujets répétitifs dans Lyonmag sur les faits divers on a le sentiment que dans le bassin lyonnais c’est la guerre pourtant il fait beau et plein de gens sont dehors avec leurs enfants
Signaler RépondreApparemment le prix du foncier dans la presqu'île atteint des sommets. Donc non, il n'y a pas de commerces vides, sinon les prix diminueraient.
Signaler RépondreLes banlieues étant déjà moches, les datacenters ont toute leur place.
Il va falloir être équitable dans la distribution des data centres à Lyon.
Signaler RépondreAujourd'hui le presqu'île notamment la rue Victor Hugo et la Place Bellecour a beaucoup de boutiques vides. L'installation de data centres sera une innovation très pertinente pour combler ces trous tristes en centre ville. Ne réservez pas tout pour la banlieue !
bordel, ca suffit d'avoir des articles de chapgpt signé par un monsieur totalement assujetti à la machine, il ne choisi ni les mots ni les axes. Il suffit de lire ces anciens post pour s'en convaincre. C'est nul, il y a pleins de gens très utile et intelligent dans cette métropole, alors pourquoi donner à ce monsieur des conditions favorables pour publier ces pensées vraiment encadrées par le numérique. C'est consternant.
Signaler RépondreEt ça ne consomme pas d'eau pour le refroidissement..., que de la ventilation ? C'est étonnant.
Signaler RépondreLes forêts de ventilos ont bruit de fond en continu que l'entend bien de l'extérieur (sur le toit ?), et les gens à proximité se plaignent de la même chose que ceux près des éoliennes avec des problèmes de réseaux 4G WiFi, de captation de la TNT et des radios FM/DAB.
Je dis ça je connais des gens à côté du data center boulevard du Parc d'Artillerie, pourtant à plus de 100m.