Le SNJ Rhône-Ain-Loire dénonce ce qu’il qualifie de "flambée inédite de violences policières contre les journalistes à Lyon".
Dans un communiqué diffusé ce dimanche, le syndicat revient sur plusieurs incidents survenus depuis le début des mobilisations d’octobre et de novembre. Selon lui, journalistes, photographes et reporters couvrant les manifestations auraient été à plusieurs reprises blessés alors qu’ils étaient identifiables comme membres de la presse.
Un photographe de l’AFP sérieusement blessé le 5 novembre
Le SNJ cite en premier lieu le cas d’un photojournaliste de l’Agence France-Presse, blessé lors de la manifestation du 5 novembre à Lyon.
Selon le syndicat, il aurait reçu "trois coups de matraque à la tête et deux sur le bas d’une jambe" lors d’une charge de CRS peu après le départ de la manifestation.
Le journaliste souffrirait d’une fracture du fibula, tandis que son casque aurait été fissuré. Le SNJ précise qu’il portait un brassard presse et était "clairement identifiable comme journaliste".
La direction de l’AFP avait elle-même dénoncé "les violences commises par les forces de l’ordre contre ses journalistes", rappelle le communiqué.
Un autre photojournaliste aurait été blessé à l’arrivée du cortège par l’explosion d’une grenade de désencerclement. Selon le SNJ, il souffre de brûlures après avoir été touché par un éclat alors qu’il se trouvait à distance des débordements et portait lui aussi un brassard presse.
Plusieurs incidents recensés depuis le 17 octobre
Le syndicat affirme que ces deux cas ne seraient "loin d’être des cas isolés".
Le 31 octobre, une journaliste pigiste aurait été blessée à l’épaule par un tir de LBD ayant ricoché sur elle. Le SNJ indique qu’elle s’était auparavant signalée aux CRS et s’était déplacée à plusieurs reprises pour ne pas gêner leur intervention contre un black bloc.
Le 24 octobre, un photographe documentaire aurait été touché au tibia par un tir de LBD alors qu’il se tenait à l’écart d’un groupe lançant des projectiles sur les forces de l’ordre. Le SNJ estime qu’il aurait été visé délibérément, ce qui constitue une accusation du syndicat qui n’est pas établie par les seuls éléments transmis.
Le 18 octobre, un correspondant local de presse aurait également été frappé au visage et dans le dos par un policier, alors qu’il affirme avoir montré sa qualité de journaliste lors d’une intervention place Bellecour.
Grenades de désencerclement et tirs de LBD également évoqués
Le communiqué mentionne encore plusieurs incidents survenus le 17 octobre.
Des journalistes auraient été touchés par des éclats de grenades de désencerclement, dont un groupe près duquel un projectile aurait explosé. La chaussure de l’un d’eux aurait pris feu.
Le SNJ évoque également un journaliste qui aurait reçu trois coups de matraque alors qu’il observait une interpellation, ainsi qu’un photojournaliste qui aurait été touché par un lanceur de LBD pointé vers son torse.
Du côté de la rédaction de LyonMag, une journaliste avait été malmenée par un policier alors qu'elle couvrait la colère des lycéens début octobre. Un autre reporter avait reçu un tir de grenade lacrymogène dans le ventre place Bellecour le 17 octobre.
Soutien à notre journaliste malmenée ce matin à Lyon par un membre des forces de l’ordre alors qu’elle couvrait le mouvement lycéen. Rien ne justifiait l’usage de la violence et la volonté de dégrader son téléphone https://t.co/oXcljRA0tf
— Lyon Mag (@lyonmag) October 2, 2026
"Les journalistes n’ont pas vocation à devenir les punching-balls des forces de l’ordre"
Pour le syndicat, cette accumulation d’incidents marque "un basculement préoccupant du maintien de l’ordre à Lyon, à l’égard de la presse".
Le SNJ rappelle que les journalistes couvrant les manifestations doivent pouvoir documenter aussi bien les mouvements sociaux que l’action des forces de l’ordre. Il estime qu’ils sont désormais "intimidés, menacés voire violentés physiquement par la police".
Le syndicat invoque également le Schéma national du maintien de l’ordre, qui prévoit la possibilité pour les journalistes de circuler au sein des dispositifs de sécurité afin d’exercer leur mission d’information, sous certaines conditions.
Le comité régional Rhône-Ain-Loire du SNJ annonce désormais vouloir transmettre ces différents cas au groupe de contact entre le ministère de l’Intérieur et les organisations représentatives des journalistes.
Il souhaite parallèlement demander un rendez-vous à la préfecture du Rhône afin d’obtenir des explications et de réclamer le respect du cadre national du maintien de l’ordre.
"Les journalistes n’ont pas vocation à devenir les punching-balls des forces de l’ordre", conclut le syndicat.