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Vers une réglementation drastique sur la consommation d’alcool à Saint-Jean ?

Après la mort d’un homme de 36 ans dimanche matin devant une boulangerie de la rue, c’est le volet sécuritaire de ce quartier qui ressurgit. Selon les habitants, la vie nocturne de Saint-Jean serait devenue ingérable avec la multiplication des établissements de nuit. Une situation que la ville de Lyon a déjà connu ces derniers mois, sur les Berges du Rhône et sur les bas des pentes de la Croix-Rousse. Et selon Jean-Louis Touraine, le premier adjoint à la ville chargée de la sécurité, la réflexion porte désormais sur le quartier Saint-Jean. Interview.

Lyon Mag : Comment prévenir le type de drame qui s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier Saint-Jean ?
Jean-Louis Touraine :
Il n’y a pas de moyens miraculeux qui résolvent tous les problèmes et préviennent toutes les variétés de troubles à l’ordre public. Il faut par contre une addition de moyens. Au niveau des effectifs de la police nationale en particulier. Cette dernière exerce sa mission nuit et jour, à la différence de la police municipale qui stoppe son activité à partir de 23h. Bien souvent, les troubles à l’ordre public apparaissent après minuit. Les effectifs de la police nationale, malheureusement, sont actuellement réduits par le ministère de l’Intérieur.

La vidéosurveillance est-elle efficace en pareilles situations ?
Les moyens que la Ville peut mettre à disposition, y compris notamment avec le concours des services de l’Etat, recouvrent notamment la vidéosurveillance, qui a été déployée très largement dans le quartier de Saint-Jean. Cela permet d’identifier les personnes qui causent des troubles. Cela permet aussi de repérer quand les échauffourées apparaissent, et donc de diligenter les secours et les forces de sécurité. Malheureusement, même si la réponse est immédiate, un coup de couteau a parfois déjà pu être donné. La vidéosurveillance est un moyen tout à fait utile. Mais une caméra n’a jamais arrêté personne. La caméra ne fait que montrer ce qu’il y a. Il faut qu’il y ait derrière des effectifs suffisants pour venir immédiatement à le rescousse, quand une action est identifiée comme nécessitant une intervention humaine.

Le configuration nocturne du quartier de Saint-Jean favorise-t-elle les débordements ?

Dans le bas du 5ème arrondissement, il y a énormément d’établissement qui travaillent la nuit. Je distinguerai deux catégories. Il y a les établissements très officiels qui sont contrôlés par nos services de la ville, mais aussi par les services de l’Etat. Quand ils sont hors de la réglementation, ils sont pénalisés, certains par fermeture administrative. Nous avons les moyens de leur faire respecter les règles à tous égards de façon à ce qu’il n’y ait pas de troubles à l’ordre public et de dangers induits par ces établissements. Par contre, certains établissements, parfois du mouvement associatif, sont des équivalents d’établissements de nuit mais sans les mêmes contraintes. Dans ce cas de figure, nous n’avons pas les mêmes droits d’exercer notre contrôle. Et souvent, ce n’est pas à l’intérieur des établissements que surviennent les difficultés, c’est à l’extérieur. Il nous faut donc trouver les moyens pour mobiliser, sensibiliser tous les responsables de ces lieux, pour qu’ils disent bien à leur clients de respecter les règles de civilité, de sécurité, et de vie en commun dans la ville.

Cette concentration des débits de boissons sur un seul quartier, voire sur une seule rue, est-elle néfaste ?
Il y a une concentration majeure entre le bas du 5ème arrondissement et les pentes de la Croix-Rousse, dans une continuité qui se fait souvent à pied. Toute cette population concentrée dans un seul lieu est excessive en nombre par rapport à ce que peut intégrer un quartier, dans le respect de la tranquillité publique. Maintenant, il va y avoir des lieux de loisirs développés dans d’autres zones urbaines, comme à la Confluence. Cela rendra plus les activités plus tolérables et plus maitrisables dans chacun de ces lieux.

Faut-il interdire l’alcool à Saint-Jean à partir d’un certain horaire ?

Il est tout à fait possible que nous soyons conduits à l’interdiction de consommation d’alcool sur la voie publique dans des lieux de plus en plus nombreux de la ville de Lyon. Nous l’avons également fait au niveau des berges du Rhône. Tous les endroits où l’alcool est la cause majoritaire de violences de toute nature doivent faire l’objet d’une vigilance accrue. Si les gens veulent s’alcooliser un peu plus que de raison, qu’ils le fassent chez eux, sans nuire à l’ordre public. Et s’il le font chez eux, qu’ils ne le fassent pas au détriment de leurs proches. Car l’alcool est aussi souvent responsable de violences familiales.

Répression ou pédagogie sur cette question de l'alcool ?
Nous avons un effort qui mérite d’être renforcé dans la lutte contre la consommation excessive d’alcool. Nous avons récemment vu dans le bilan des lois Evin et Bachelot qui tendaient à limiter l’extension du tabagisme et de l’alcoolisme, que la tabagisme avait été très peu modéré et que l’alcoolisme n’avait pas été contrôlé. Il nous faut faire beaucoup de pédagogie pour que l’on sorte de ce drame qui frappe notre pays et beaucoup d’autres, qui s’appelle l’alcoolisme. Je ne sera pas un père Fouettard prônant une morale trop restrictive. J’entends bien que chacun puisse consommer un peu d’alcool et, dans des conditions encadrées, aller un peu au dessus de la limite de 0,5g, mais à condition de ne pas prendre sa voiture et de ne pas devenir violent avec les autres.

Cette interdiction de consommer de l’alcool peut-elle mise en place assez rapidement ?

C’est une chose qui est étudiée. Je ne peux pas vous dire si la décision va être prise. Il faut peser tous les avantages et inconvénients, et surtout toutes les possibilités que nous aurions de faire respecter. Le pire est de prendre des mesures n’étant pas dotées de moyens pour les faire respecter. Si on interdit la consommation, cela implique également que l’on interdit la vente de l’alcool dans des lieux qui parfois ne sont pas appropriés à cela, et où certains jeunes viennent faire le plein en cours de nuit. C’est une étude véritable qu’il faut conduire, comme nous l’avions fait sur les berges de Rhône ou sur le bas des pentes de la Croix-Rousse. Si cela est nécessaire, nous le ferons au cas par cas, dans tous les lieux où cela génère du trouble et du danger. C’est notre devoir au quotidien de maintenir l’ordre public.



Tags : assassinat | couteau | boulangerie | saint-jean |

Commentaires 2

Déposé le 11/01/2011 à 13h13  
Par Jack Citer

Dans les pays du monde entier, des commerces sont ouverts de nuit, même en France, à PARIS par exemple ! Le problème à Saint Jean c'est la sécurité publique qui est inexistante, c'est un quartier piéton sans équipage de police à pied contrairement à beaucoup de ville de part le monde. La police se contente de passer en voiture quelquefois, mais jamais le week-end "il y a trop de monde le véhicule ne passe pas" nous répondent ceux -ci ! Dans des dizaines de mégalopole, des jeunes font la fête, cent fois plus qu'à Lyon, mais il y a une présence policière affectée à la sécurité publique, elle ne sert pas uniquement à remplir les caisses de l'état en alignant les voitures en double file et en faisant des barrages pour alcoolémie à 23 h 00 pour arrêter le bon père de famille qui sort du resto, lui taper six points et 90€ d'amende, sans trop discuter, vite fait bien fait et les quotas sont atteints. C'est de 04h00 à 06h00 qu'il faut faire des barrages de police parce que là croyez-moi il y aura du client et du gros poisson, mais certainement moins solvable et beaucoup plus compliqué à gérer que le français moyen qui a juste voulu se faire une simple sortie au restaurant. Quand aux chiffres de la délinquance dans le cinquième, ils sont normaux répondent à l'unisson les responsables de la sécurité publique mais savez-vous que le commissariat du cinquième est planqué dans une petite rue sur les hauteurs, accessible après 40 minutes de bus et de marche depuis le 3 rue Saint Jean ! Beaucoup d'habitant du Vieux Lyon n'ont pas de véhicules et se déplace en transport en commun quant à ceux qui en on une voiture, c'est aussi l'expédition pour aller au parking sortir le véhicule, bref à Saint Jean, on ne dépose pas plainte. Il suffirait de mettre une annexe au commissariat pour que les chiffres explosent ! Pas de budget va-t-on nous répondre, pourtant pour restaurer les musées Gadagne et le palais de justice, nous avons dépensé, oui nous, car il s'agit de l'argent de nos impôts, plus de 60 millions d'euros ! Mais on ne peut pas mettre de police dans le Vieux Lyon, cela coute beaucoup trop cher... Je vous invite à venir admirer la rue Saint Jean, le samedi soir entre 03 h 00 et 5 h 00. C'est la cour des miracles, cela vaut une bonne pièce de théâtre et l'on se demande si l'on est dans la fiction ou la réalité, tellement ce que vous voyez, entendez est ahurissant. Deux morts en dix jours c'est beaucoup et nous ne sommes qu'en hiver, au mois de janvier, période ou l'affluence est la plus basse dans le Vieux Lyon. L'été promet d'être chaud !

Déposé le 11/01/2011 à 11h33  
Par Le Ma Citer

N'importe quoi???? Il faut un mort pour faire réagir les autorités. Et que à St Jean? Bravo et si les gars venaient du 6ème ? ils peuvent picoller dans le 6ème et venir tuer un mec dans le 5ème. Pas mal !!!

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