Actualité 15-02-2010 à 14:06
La convention qui unit la Friche à la Ville de Lyon devrait prendre fin prématurément. Comme le veut la coutume depuis la réélection de Gérard Collomb, cela s’est décidé dans une opacité totale.
Le panneau indiquant le permis de démolir ne figure plus sur la devanture de La Friche, côté avenue Lacassagne. « On nous l’a posé là un matin, sans préavis. On a été très surpris. Rien sur ce panneau n’indiquait la surface qui allait être détruit. Pire encore, les autorités locales ne nous ont rien communiqué au préalable » explique Omar, l’un des porte-parole des artistes. Il s’agit d’un cas parmi tant d’autres, certes, mais il illustre de façon éloquente les manières du zélé sénateur-maire de Lyon : décider en fonction de la volonté des riverains et des promoteurs immobiliers. Quant aux autres, en l’occurrence les artistes de La Friche, ils n’ont qu’à assister passivement à leur mort programmée.
Un pan entier du patrimoine industriel, artistique et culturel menacé
Logé dans l’ancienne usine Renault véhicules industriels (RVI), cet établissement autogéré abrite 5 collectifs, tels que Karybd, Nomad, Reservoir, Réso, Vaca Loca, et accueille chaque jour près de 500 artistes évoluant dans divers domaines (théâtre, danse, peinture, graff, arts plastiques couture, sculpture, etc.). Une boîte noire du patrimoine industriel, historique et culturel de l’agglomération. Pour les artistes qui n’ont pas les moyens de se payer un local, c’est un véritable coin de paradis qu’ils entretiennent au quotidien. Les déloger reviendrait, pour la majorité d’entre eux, à mettre fin à leur activité. Installés en 2002 sans l’emprise des collectivités, des artistes ont créé l’association Collectif Friche autogérée RVI. La même année, le Grand Lyon rachète le site. En 2004, la Ville de Lyon reconnaît la présence des artistes et signe avec le collectif une convention de dix ans dite « précaire » puisqu’elle est renouvelable tous les ans de manière tacite.
Lors des débats des élus, Patrick Huguet, à l’époque maire UMP du 3ème arrondissement, déclarait : « je crois qu’au-delà de la nécessité de régulariser cette occupation, c’est surtout, mais vous le savez, monsieur le Maire, l’attente très forte des habitants sur le devenir de cette friche à laquelle il nous faut répondre. Nombreuses sont les demandes, que ce soit en matière d’équipements sportifs, d’espaces verts, faites par les habitants. Nous espérons, bien sûr, que nous n’irons pas au delà du délai de dix ans de reconduction de la convention, mais que nous pourrons bien avant récupérer ce site et en faire bénéficier les habitants de ce quartier. Réponse de Gérard Collomb : « Je le pense ! »
Une arme imparable : la modification du PLU
Depuis, l’idée a germé dans l’esprit du sénateur-maire qui a endossé son habit de président du Grand Lyon pour agir. Pour plaire aux riverains, alors qu’aucune concertation n’a été engagée en conseil de quartier, et aux promoteurs, Gérard Collomb a usé d’une arme imparable : la modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Parmi les projets en cours : développer l'extension du centre de formation de la Société d'Enseignement Professionnel du Rhône (SEPR) et celui de la Fédération compagnonnique du bâtiment, de même que programmes de logements, une résidence étudiante et une bibliothèque et un jardin public.
Selon le Grand Lyon, « les artistes sont bien informés de cela et ont été prévenus », ce que ces derniers réfutent formellement. Ils n’auraient reçu, courant janvier, qu’un simple e-mail d’un chargé de mission de la Ville de Lyon rattaché à la coopération culturelle stipulant que la convention prendra fin en juin 2010. Le maire impose, les artistes doivent disposer.
« On ne nous a pas demandé notre avis. Nous ne sommes pas dans la contestation bête et méchante. Nous souhaitons que les autorités locales abordent différemment cette problématique à commencer par une phase de dialogue entre les différentes parties. On ne peut pas virer des centaines d’artistes du jour au lendemain sans tenir compte de leur avis ! » tempête Omar, qui découvre les affres de la liberté d’expression à la lyonnaise.
Le Collectif Friche RVI a adressé à Gérard Collomb une demande de recours gracieux. A ce jour, aucun retour du premier magistrat de la ville et président d’agglomération. Le Collectif réfléchit à saisir un avocat. Affaire à suivre.
Abdelwahid Djaballah
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Commentaires 63
Déposé par Philippe le 13/04/2011 à 10h11 Citer
Déposé par jean cul le 05/11/2010 à 00h18 Citer
Déposé par soso le 27/07/2010 à 12h04 Citer
Déposé par soso le 27/07/2010 à 11h59 Citer
Déposé par Creative Napalm le 23/06/2010 à 17h02 Citer
Déposé par Creative Napalm le 23/06/2010 à 15h50 Citer
Déposé par citoyens le 02/05/2010 à 19h28 Citer
Déposé par jp le 17/04/2010 à 18h35 Citer
Déposé par jp le 17/04/2010 à 18h32 Citer
Déposé par jp le 17/04/2010 à 18h26 Citer
Déposé par Bally le 12/04/2010 à 10h08 Citer
Déposé par cytoyens le 09/04/2010 à 10h59 Citer
Déposé par citoyens le 08/04/2010 à 10h54 Citer
Déposé par lapin cowboy le 09/03/2010 à 19h43 Citer
Déposé par lapin cowboy le 09/03/2010 à 19h37 Citer
Déposé par Hémoglo. B le 04/03/2010 à 21h20 Citer
Déposé par Will le 04/03/2010 à 16h16 Citer
Déposé par ..la confiture le 26/02/2010 à 18h48 Citer
Déposé par Gaston le 25/02/2010 à 13h30 Citer
Déposé par crazy C le 25/02/2010 à 10h02 Citer
Déposé par Gaston le 25/02/2010 à 09h09 Citer
Déposé par Sherlock Holmes le 24/02/2010 à 23h56 Citer
Déposé par Gaston le 24/02/2010 à 16h59 Citer
Déposé par Gilles le 24/02/2010 à 16h16 Citer
Déposé par Emma Z le 24/02/2010 à 14h48 Citer
Déposé par G le 24/02/2010 à 11h20 Citer
Déposé par un frichard le 23/02/2010 à 17h14 Citer
Déposé par aisyk le 23/02/2010 à 14h57 Citer
Déposé par spirale le 22/02/2010 à 22h08 Citer
Déposé par gavroche le 22/02/2010 à 18h15 Citer