"J’étais sans pitié" : un avocat lyonnais face à la violence extrême d'un home-jacking

"J’étais sans pitié" : un avocat lyonnais face à la violence extrême d'un home-jacking
Xavier Moroz - LyonMag

Avocat au barreau de Lyon depuis bientôt vingt ans, Me Xavier Moroz raconte un dossier qui l’a profondément marqué : un home-jacking d’une brutalité extrême commis à Vénissieux en 2020. En filigrane, sa vision sans concession du rôle de l’avocat, qu’il soit de la défense ou des parties civiles.

Le 27 novembre 2020, vers deux heures du matin, un couple de 20 et 21 ans est séquestré dans son studio de Vénissieux.  Sur le balcon, une seule personne apparaît d’abord. Après avoir observé l’intérieur, elle fait irruption et ouvre ensuite la porte d’entrée à quatre autres hommes. L’un d’eux tient un fusil. L’assaut, pensé pour dérober un supposé pactole, "va très très vite dégénérer", raconte Me Xavier Moroz.

L’homme est roué de coups, traîné jusqu’à la salle de bain où sa tête est frappée contre le mur puis le lavabo, brisé sous l’impact. "On va lui mettre le fusil sur la tempe avec un décompte, c’est assez sadique", poursuit-il. Il aura au total 40 ecchymoses. Pendant que plusieurs agresseurs maltraitent l’homme, l’un d’eux, isolé, profite de la situation pour violer la jeune femme. Cette dernière a subi des violences sexuelles "inimaginables".

Ce qui a déclenché cette virée criminelle ? Quelques mots de trop. "Mon client, c'est un peu un fanfaron… il se vente de chose qu’il ne fait pas. Mais voilà, ça met la puce à l’oreille du gérant de la pizzeria qu'il fréquente régulièrement", explique l’avocat. L’un des agresseurs, convaincu que le jeune homme est un trafiquant de drogue et stocke ainsi beaucoup d’argent chez lui. Ce dernier aurait ainsi monté l’équipe pour le voler. Seul ce fameux gérant de façade —qui avait une activité criminelle à côté— sera identifié : "On va retrouver un bout de gant en plastique sur lequel on a son ADN ainsi que le sang des deux victimes". 

À l’audience, l’homme âgé de 24 ans au moment des faits nie tout. Une version que l’avocat démonte patiemment. "Quand je le questionne et que je vois qu’il me raconte n’importe quoi, vraiment, je le lamine", confie-t-il. Car pour lui, aucune ambiguïté : "Je suis sans pitié. Mais vraiment sans pitié avec l’accusé." 

Une conception assumée du métier

"J’interviens des deux côtés, défense et partie civile, mais dans les deux rôles, j'y vais à fond. Aucune concession." Il précise : " Il y avait une ancienne école qui consistait à dire lorsqu’on est partie civile : on n'est pas véritablement un avocat pénaliste, car le pénaliste doit être l’avocat de la défense et que lorsqu’on est partie civile, on doit tenir son rôle : un rôle en retrait." Il récuse cette posture : "Sauf que moi, j’ai toujours considéré que ça, c'était n’importe quoi et que dès lors que vous êtes mandaté par des clients pour les défendre face à un accusé, vous n’avez aucune concession à lui faire."

Face à un accusé décrit comme le "chef" de l’équipe, Me Moroz insiste sur sa responsabilité, bien que l'enquête montrera qu'il n'était pas l'auteur du viol : "Quand bien même il n’aurait pas commis cet acte odieux… il était responsable de son équipe. Si on estime être des délinquants “propres” et qu’on n'est pas des pointeurs, on veille à ne pas en avoir dans l’équipe !"  Devant les jurés, il rappelle ce qu’il nomme une scène « d’une violence inouïe commise par une bande de sauvages."

Faire "le maximum"

Au-delà des faits, ce dossier l’a marqué durablement. "Je n’avais jamais vu ce niveau de violence… Rien qu’en photo, la scène était extrêmement impressionnante. Il y avait du sang partout" La cour d’assises du Rhône condamnera en décembre 2023 l’accusé à douze ans de réclusion, le parquet avait quant à lui requis vingt ans.  Mais "c'est pas mal pour un home-jacking", souligne le pénaliste qui a l'habitude de voir des peines bien plus légères pour ce genre de cas. Toutefois, quatre complices courent toujours. "Le travail d’enquête avait été fait. Dans ce dossier, tant les services de police que l’instituion judiciaire n’avait pas été défaillante. Mais bon voilà...", admet le pénaliste lyonnais.

L’avocat retient aussi l’essence de son rôle : porter la voix de ceux qui n’en ont plus. "Quand ils m’exposent la situation, je me dis que je ne peux pas laisser ces gens seuls et j’y vais." Et sortir de l’audience avec une certitude : "On a le sentiment d’avoir fait le maximum."

8 commentaires
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surtout le 05/01/2026 à 05:23
Looool a écrit le 04/01/2026 à 19h11

Il instrumentalise dirait la gauche

lfi..

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Question à 2 balles le 05/01/2026 à 00:31

J'aimerais savoir s'il regrette d'avoir défendu des racailles dans sa carrière ?

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Barthes le 04/01/2026 à 22:09

Sujet pour TF1 mais qui gênerait France-info...

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123456 le 04/01/2026 à 19:56

Il manque juste la réponse de l'avocat de la défense et ses contrepoints aux propos de son confrère...

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Looool le 04/01/2026 à 19:11

Il instrumentalise dirait la gauche

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bullit le 04/01/2026 à 17:36

J’espère qu’un jour avec le fichier FNAEG ils pourront les arrêter surtout le violeur et les autres aussi

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La Routine sociale. le 04/01/2026 à 17:28

Juste des jeunes élevés aux biberons 🍼 des allocations familiales de la CAF par une mère isolée sans père .ni éducation ni aucune autorité..

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Degeneres mentaux le 04/01/2026 à 15:27

On ne sait toujours pas pourquoi ce que les agresseurs odieux ont dérobé et la cause réelle de
ce cauchemar

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