Ce vendredi 30 janvier, le conseil de prud’hommes de Lyon examinait le litige opposant Madame Séverine P., ex-salariée de Forum réfugiés, à son ancien employeur. La requérante, ancienne chargée d’accueil au centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) de Villeurbanne, conteste son licenciement prononcé en février 2024.
Madame Séverine P. était défendue à l’audience par Me Tammouz Al Douri. Selon ce dernier, sa cliente a été "injustement licenciée de l'association Forum réfugiés à Villeurbanne parce qu'elle portait le voile."
Mme P. avait été recrutée en septembre 2021 alors qu’elle portait déjà le voile. Elle est ensuite embauchée en CDI en février 2022. Quelques mois plus tard, "en juillet 2022, la direction de l'association a soudainement décidé d'initier une modification de son règlement intérieur pour y inclure une clause de neutralité, notamment religieuse", clause qui sera "mise en œuvre en octobre 2023".
Toujours selon l'avocat, la direction aurait proposé à Mme P. un reclassement "à un poste de comptabilité, derrière un bureau à l'abri des regards". Un poste que l’intéressée aurait refusé car "n'ayant rien à voir ni avec ses compétences ni avec ses objectifs professionnels." Elle est finalement licenciée en février 2024, après avoir, selon son conseil, "tenté sans succès de raisonner sa direction à l’amiable, arguments juridiques à l’appui."
Un "licenciement discriminatoire"
Tammouz Al Douri estime que "la précipitation de la Direction à modifier le règlement intérieur quelques mois après le recrutement d'une salariée portant le voile à l'accueil démontre les véritables intentions de la Direction : écarter Mme P. et son foulard." Il juge également "étonnant" l’argument de la neutralité religieuse, rappelant que l’association "entretient depuis sa création dans les années 1980 des liens étroits avec plusieurs associations chrétiennes reconnues dont certaines sont encore aujourd'hui présentes au Conseil d'administration."
Pour justifier ce changement, l’association invoque dans son règlement la nécessité "de ne pas exacerber les tensions existantes" et le fait que "nombre de personnes accompagnées invoquent parmi les motifs de persécution ou de discrimination des faits de nature politique ou religieuse." Un argument balayé par le conseil de Mme P. : "Pourtant, elle ne produit pas un seul témoignage d'incident ou une seule plainte de demandeur d'asile dérangé par le fait d'être accueilli par une personne manifestant ses opinions religieuses."
À l’inverse, Mme P. aurait fourni "une dizaine d'attestations émanant d'usagers du Centre comme de collègues de toutes confessions", saluant "sa compétence et sa bienveillance" et regrettant son licenciement. Selon l'avocat,"c'est le licenciement discriminatoire de Mme P. qui a été source de tension, pas son foulard."
Le cabinet estime également que "la direction de Forum réfugiés n'avait aucune obligation légale d'adopter ce nouveau règlement" et dénonce "une inquiétante tendance française au repli et à la discrimination sous couvert de neutralité religieuse."
Mme P. et son conseil affirment rester "déterminés à se battre devant la justice prud'homale pour démontrer l'illégalité de ce nouveau règlement intérieur et du licenciement qui en a découlé." L’affaire a été mise en délibéré, avec une décision attendue au 17 mai, sans exclure un rendu ultérieur.
Le port du voile est interdit dans les lieux publics, point barre
Signaler RépondreC'est vrai que si elle accueille des iraniennes qui ont fuit le régime islamique entre autre à cause du foulard obligatoire qui représente l'avilissement de la femme ça peut tiquer.
Signaler RépondreMais légalement c'est une association pas un service public donc elle peut porter son voile...
melenchon s’en fou royalement !
Signaler RépondreLe véritable problème n’est pas le voile en lui-même, qui n’est après tout qu’un simple morceau de tissu, mais la présence de plus en plus visible des musulmans dans l’espace public. Ne pouvant pas l’exprimer ouvertement sans tomber sous le coup de la loi, certains notamment les proches du RN s’attaquent au voile. C’est une manière détournée et habile d’exprimer un rejet raciste sans l’assumer frontalement.
Signaler RépondreDes associations progressistes emploient des personnes religieuses réactionnaires avec une mentalité de droite conservatrice ?
Signaler RépondreIl faut en finir en France avec cette islamophobie systémique.
Signaler Répondreà l'hôpital public,le port du voile était interdit et le port de la croix aussi.Tout le monde pareil.Et encore,qu'est ce que ç'à peut faire!C'est la compétence de l'employé qui compte,pas ses convictions!Dans le bus,cet été,j'ai vu une femme voilée avec la burka assise à côté d'une vieille dame en short,maillot de corps,queue de cheval ,et je m'en suis fichue comme de l'an quarante.Chacun ses goûts,et on ne juge pas les gens sur leurs tenues.Interdit de faire çi,interdit de faire ç'à.....
Signaler RépondreQu'elle aille pleurer auprès de melenchon
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