Légers accrocs, transparence, rapports avec la presse : Jean-Michel Aulas fait enfin face aux journalistes de Lyon

Légers accrocs, transparence, rapports avec la presse : Jean-Michel Aulas fait enfin face aux journalistes de Lyon

À quelques jours des élections municipales, Jean-Michel Aulas était l’invité du Club de la presse de Lyon ce mercredi 11 mars. Peu présent auprès des médias lyonnais depuis le début de la campagne, le candidat en tête des sondages a répondu pendant plus d’une heure et demi aux questions des journalistes. Un échange parfois tendu, où l’ancien patron de l’OL a défendu sa vision pour Lyon tout en se justifiant sur ses relations avec la presse.

Il est arrivé tout sourire et avec une poignée de main pour chaque journaliste venu au Club de la Presse de Lyon. Mais très vite, la discussion s’est animée. Jean-Michel Aulas, candidat aux municipales lyonnaises, s’est pourtant montré discret dans les médias locaux depuis l’annonce de sa candidature. Et surtout depuis son débat sur BFM-TV.

Lui assure pourtant ne pas fuir les interviews, tout en affirmant “travailler 14 heures par jour en cette période de campagne”. S’il reconnaît avoir décliné certaines sollicitations, il explique être venu ce mercredi “parce qu’au moins ici, je m’adresse à tout le monde”.

Dès l’entame de ce face-à-face, les échanges se crispent lorsque la question du traitement médiatique de sa candidature est abordée.

“Je n’ai pas de problème avec la contradiction, la preuve, vous êtes là et vous ne faîtes que m’insulter sur vos réseaux, dans vos papiers !”, lance-t-il à Philippe Brunet-Lecomte, l’ancien directeur de LyonMag. Ce dernier lui répond que la presse “a le droit de critiquer, et même de blasphémer”, en le questionnant avec ironie s’il se prenait pour quelqu'un de supérieur à Dieu.

Jean-Michel Aulas ne s’attarde pas sur la polémique et ne cherche pas à être mis en difficulté sur certains points de son programme, mais renvoie régulièrement les journalistes vers la synthèse disponible sur son site, “très complète”, selon lui. À plusieurs reprises, il invite ses collaborateurs présents dans la salle à répondre sur des sujets plus techniques, les présentant comme “plus experts”.

Esquive stratégique ou organisation collective de campagne : à chacun de se faire son propre avis.

Au lendemain de son meeting, Jean-Michel Aulas se présente aussi comme un homme “construit seul” et “venu d’en bas”, tout en rappelant avec ce qui peut être pris pour de la contradiction, qu’il est aussi “le fils d’un journaliste”. Une manière de souligner une forme de proximité avec le monde des médias, même si la relation semble parfois compliquée. “J’ai du respect et de l’amitié pour la “plupart” des journalistes”, affirme-t-il.

Au fil des questions, la tension se relâche et Jean-Michel Aulas présente ses motivations quant à son potentiel accession à l’Hôtel de Ville : “Je ne veux pas être élu maire de Lyon pour être maire. Ce qui m’intéresse, c’est de simplifier la vie des citoyens”, assure-t-il, expliquant être avant tout “passionné par l’intérêt général”.

Il revendique une candidature sans étiquette, bien que rattaché aux Républicains et à Renaissance, et se dit “lassé des clivages politiques”.

“Je suis un homme de challenges”, glisse-t-il, se félicitant d’avoir intégré “beaucoup de membres de la société civile” dans son mouvement.

Doucet, transparence et notes de frais

Jean-Michel Aulas en a aussi profité pour tacler la gestion de Grégory Doucet. Critiquant la politique de mobilité menée par la majorité écologiste, il dénonce une approche faite “par la contrainte” face aux “500 000 voitures qui circulent chaque jour à Lyon”. Le candidat promet au contraire de “libérer la fluidité dans des quartiers saccagés par les travaux” et trouve“absurde” que les Lyonnais passent en moyenne “cinq jours par an dans les transports”.

Plus largement, il met en garde contre la décroissance, qui laisserait selon lui “plus rien à redistribuer”, et regrette certaines décisions symboliques, comme le refus de l'onéreux passage de la flamme olympique, “rendez-vous compte !”, insiste-t-il.

Interrogé sur la présumée note interne de Veolia évoquant une possible privatisation de l’eau à Lyon, révélée cette semaine par le média L’Arrière-Cour, Jean-Michel Aulas balaie l’hypothèse. Dans son camp, on assure que ledit document “n’existe pas”.

Le candidat promet également de publier ses notes de frais s’il est élu, alors que Grégory Doucet avait fini par le faire également après une polémique sur les montants dépensés par certains autres maires en France. Jean-Michel Aulas assure par la même occasion qu’il ne percevra pas d'indemnités en tant que maire.

Entre formules directes, anglicismes glissés à l’occasion, quelques “why not” ponctuent ses réponses. L’échange aura au moins eu le mérite de clarifier la posture du candidat.

À défaut de multiplier les interviews, Jean-Michel Aulas aura ce mercredi choisi de répondre à tous, et en même temps. Une stratégie qui, à quelques jours du scrutin, ne doit sans doute rien au hasard.

8 commentaires
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AIMELYON le 11/03/2026 à 18:18

Aulas lors de la construction du stade OL a exproprié des paysans avec un dédommagement au plus bas et de l'argent public pour la construction. Mais que penses les gens de la gestion de notre ville avec ce genre de personne vraiment cela ne vends pas du rêve.

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alec69 le 11/03/2026 à 18:01
Etait ce si drole que ça ? a écrit le 11/03/2026 à 16h56

Reprendre la question ironique de M Brunet -Lecomte "s’il (M.Aulas)se prenait pour quelqu'un de supérieur à Dieu."
Pas flatteur pour le journaliste : enfin ....à chacun de se faire son propre avis.
A titre perso je trouve cela nul !
Je conçois que cela puisse etre échangé "a chaud" dans une discussion mais d ici a le rapporter comme un "fait d'arme" dans un article .
enfin ....à chacun de se faire son propre avis.

Ce Brunet Leconte n'est pas un journaliste, c'est un militant. Il suffit de lire les posts sur son profil FB pour s'en rendre compte.

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Samlion le 11/03/2026 à 17:55
Sarahh a écrit le 11/03/2026 à 16h53

Ce type est odieux. Comment les Lyonnais peuvent-ils voter pour lui ????

Pas plus odieu que le maire actuel, et tout ses codisiples, ce mairie qui a pendant 6 ans ignorée une partie des lyonnaises et lyonnais , et favoriser ceux qui avaient selon lui, la bonne couleur, les bons codes. Pitoyable.

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Villeurbannais le 11/03/2026 à 17:46
lolive06 a écrit le 11/03/2026 à 17h14

traiter les gens de vieux c est indécent

Non, c'est un mauvais ressenti.
C'est une description qui correspond à une réalité. C'est la vie.
Quand on traite un jeune de jeune , c'est la même chose.
En tout cas, le mot vieux n'est pas en lui même une insulte.
Moi je ne lui en veut pas d'être vieux. C'est même plutôt respectable d'être l'ainé. J'aime moins cette façon de se victimiser. Et c'est la moindre des choses que le citoyen se pose la question de ses capacités pour le poste qu'il bride.

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Presqu'ile le 11/03/2026 à 17:40
lolive06 a écrit le 11/03/2026 à 17h14

traiter les gens de vieux c est indécent

Vieux n'est pas une insulte, dans certaines cultures c'est même gage de respect.
M. AULAS est vieux, ce n'est pas lui manquer de respect que de faire ce constat : il est âgé, semble fatigué et il a des idées d'un autre temps alors que Lyon est une ville jeune, dynamique, une capitale européenne qui requiert de la volonté, un programme, de la force

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le vrai visage le 11/03/2026 à 17:22

Aulas n’est pas capable de débattre avec les opposants politiques on a bien vue sur bfm et un capable de débattre avec les journalistes Aulas n’a pas de programme pour Lyon il a là parce que Macron et wauguiez on l’a poussé

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lolive06 le 11/03/2026 à 17:14

traiter les gens de vieux c est indécent

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LyonDansMonCoeur le 11/03/2026 à 17:01
Sarahh a écrit le 11/03/2026 à 16h53

Ce type est odieux. Comment les Lyonnais peuvent-ils voter pour lui ????

Odieux en quoi ? Remettre à leur place des pseudos journalistes qui ne sont là que pour faire du buzz et des vues sur leurs stories ? Quand je vois la catastrophe des journalistes présents lors du débat c'est très bien qu'il fasse ça.
Tous les candidats étaient d'accord pour dire que le débat avait été nul car les journalistes ont juste voulu faire du buzz sur l'affaire Quentin ce qui était ridicule pour un débat de campagne (40min sur Quentin pour 1h de débat ...)
Il serait temps que les journalistes relèvent le débat et posent des vraies questions de campagne et de projets

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Etait ce si drole que ça ? le 11/03/2026 à 16:56

Reprendre la question ironique de M Brunet -Lecomte "s’il (M.Aulas)se prenait pour quelqu'un de supérieur à Dieu."
Pas flatteur pour le journaliste : enfin ....à chacun de se faire son propre avis.
A titre perso je trouve cela nul !
Je conçois que cela puisse etre échangé "a chaud" dans une discussion mais d ici a le rapporter comme un "fait d'arme" dans un article .
enfin ....à chacun de se faire son propre avis.

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Sarahh le 11/03/2026 à 16:53

Ce type est odieux. Comment les Lyonnais peuvent-ils voter pour lui ????

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