Le chef lyonnais, gone pur souche, huit générations place Benoît-Crépu côté maternel, repreneur du Fer à Cheval aux Halles, Lyonnais avec un L majuscule, a livré un texte lors d'un meeting de Jean-Michel Aulas sur ce que c'est qu'être lyonnais.
La lyonnitude, comme on dit. Le soleil derrière Fourvière, la ficelle quand on en a plein les bottes, les frères Lumière, la Mère Brazier, Lucie Aubrac, Wendie Renard. Une ode à la ville. Pas un pamphlet. Pas un tract. Une déclaration d'amour. A toutes les Lyonnaises et Lyonnais. Quelles que soient leurs origines.
J'ai le plaisir de croiser régulièrement Grégory à Lyon–La Duchère où il vient donner un peu de temps de ses immenses compétences. C'est un type bien, drôle, attaché à sa ville avec cette sincérité qui ne se fabrique pas. Quand il dit "je m'appelle Grégory Cuilleron, je suis Lyonnais, j'ai 46 ans, et je suis cuisinier — c'est toujours dans cet ordre que je me présente", on le croit. Parce que c'est vrai.
Et puis est venue la réponse du maire et candidat à sa réélection, dont, s'il est indéniablement aujourd’hui habitant de Lyon, d’aucuns ont pu dire qu’il gérait Lyon comme il aurait géré n’importe quelle autre ville :Poitiers, Strasbourg ou Saint-Etienne.
Grégory Doucet a cru bon de réagir par vidéo. Non pas pour saluer l'hommage à la ville qu'il dirige — ce qui aurait été élégant — mais pour opposer les néo-Lyonnais, qui seraient formidables, aux Lyonnais de souche, qui seraient suspects. Sous-entendu à peine voilé : célébrer la lyonnitude, c'est flirter avec le repli identitaire.
Cuilleron parle de Guignol et de quenelles ? Ça sent le rance, forcément.
Grégory Cuilleron, interloqué, a dû se fendre à son tour d'une vidéo pour exprimer sa stupéfaction devant tant de mauvaise foi. On le comprend. Quand on écrit un texte qui cite Louise Labé et Wendie Renard dans la même phrase et qu'on vous répond "attention, fascisme !", il y a de quoi tomber de sa chaise.
Mettons les choses au clair.
Aimer sa ville, connaître ses rues, ses histoires, ses traboules et ses guéguerres de quartier, ce n'est pas de l'exclusion. C'est de l'attachement. Et l'attachement n'empêche personne d'entrer. La lyonnitude n'est pas un passeport, c'est une envie. On ne naît pas forcément lyonnais — parfois on le devient. Parfois on arrive de Paris, de Grenoble, de Bamako ou de Taipei, et Lyon vous attrape. Et c'est très bien.
Mais ce n'est pas en opposant les uns aux autres qu'on bâtit une ville. Ce n'est pas en insinuant que l'amour de notre ville cache un réflexe identitaire. Ce n'est pas en divisant entre les bons néos-Lyonnais ouverts d'esprit et les mauvais natifs forcément réacs. C'est du mépris habillé en progressisme.
Un maire devrait être le trait d'union, pas la ligne de fracture. Un maire devrait pouvoir entendre un chef cuisinier dire qu'il aime sa ville sans y voir une menace. Un maire devrait rassembler.
Lyon n'appartient à personne. Ni aux familles installées depuis des générations (qui certes le croient parfois) , ni aux nouveaux arrivants qui veulent la réinventer. Elle appartient à ceux qui l'aiment — toutes et tous. Et un responsable politique qui ne comprend pas ça n'a peut-être pas compris grand-chose à la ville qu'il prétend diriger.
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Romain Blachier
avec une participation inespérée, ce départ c'était dans 3 jours ?
Signaler RépondreTrop tard ... quand la doucette est flétrie, il est impossible de la régénérer !
Signaler Répondreje m'appelle Grégory Cuilleron,
Signaler Répondreje suis Lyonnais, les imbéciles heureux qui sont quelque part
j'ai 46 ans, le temps ne fait rien à l'affaire
15 jours et en route pour PARIS
Signaler Répondrevous faites une belle rhétorique de l’homme de paille en tentant de lui faire tenir des propos qu’il n’a pas
Signaler RépondrePour M. Blachier, les déclarations d'amour sont belles selon la casaque qu'il s'affuble.
Signaler RépondreJe m'appelle Arthur Durand, je suis français, j'ai 56 ans, et je suis charcutier.
Il n'y pas si longtemps cette présentation était suspectée de fascisme par vous et vos amis.
"Pourquoi précisez-vous que vous êtes français et charcutier" répondiez-vous en choeur avec vos amis.
Alors aujourd'hui vous lire faire l'éloge de ses racines, de son terroir, c'est un peu gros comme manipulation, mais bon ne vous gênez pas, ça marche il y a des lyonnais de souche ou pas qui tomberont dans le panneau.
Monsieur, La Guillotière n'était pas un quartier de Lyon en 1806.
Signaler RépondreVous êtes à peine plus lyonnais que Doucet !
Je suis pour le communisme
Signaler RépondreJe suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste
Bravo Romain Blachier pour ce texte d'une grande lucidité et d'une grande justesse !
Signaler RépondrePourtant, je suis rarement de votre avis.
Grégory Doucet est justement trop plein de lui-même ("full of himself" comme on dit en anglais) pour laisser entrer qui ou quoi que ce soit d'extérieur. Les partis qui se sont ralliés derrière lui (à mon grand dam car je suis de gauche) l'ont fait par calcul d'appareils et non en ayant en tête la vie des Lyonnais. C'est flagrant, tout comme le sont décidément les courtes vues (pour ne pas dire la bêtise infantile) de notre actuel maire.
Nous ne sommes que des pions pour eux. Pour Aulas aussi, je le crains, hélas.
Félicitation pour votre billet, pour une fois je suis d'accord avec vous en plus "Greg" Guilleron est un personne avec qui j'ai passé de bonne soirée, c'est un bon vivant.
Signaler RépondreCordialement
Merci de nous rappeler que Gregory Doucet est parisien et n'as pas une once de lyonnitude.
Signaler RépondreJ’ai retrouvé dans les papiers familiaux, une expiration de concession du cimetière de la Guillotiere datant de…..1806!!!!
Signaler RépondreJe dois être rance, droitardé, bagnolard, facho, enfin accusé de tous les qualificatifs en vogue chez nos amis qui seuls détiennent LA vérité !!!