Il y a à peine six mois, la France inscrivait la musique électronique à son patrimoine culturel immatériel. Décembre 2025 : l’alors ministre de la Culture, Rachida Dati, validait l'entrée de la techno, de la house et de la French Touch sur cette liste où voisinent la haute couture parisienne et le Debaa de Mayotte — première marche, espérait-on, vers l'Unesco.
Le président de l'association Technopol, qui portait cette reconnaissance depuis des années, racontait que ses premières larmes pour cette musique, il les avait versées sous les gaz lacrymogènes, du temps où on la diabolisait.
Un peu comme les Nuits Sonores sont nées à l’origine, d’une certaine façon d’un soir d’interdiction qui avait choqué Vincent Carry et l’ensemble de la scène musicale lyonnaise d’un soir d’interdiction dernière minute d’une soirée électro au transbordeur. Comme si ce temps était dépassé. Hélas non.
Six mois plus tard après cette reconnaissance de l’UNESCO, le même État s'apprête à envoyer en correctionnelle celles et ceux qui la font naître dans un champ ou un hangar.
C'est tout le paradoxe de la loi Ripost, adoptée en première lecture par le Sénat le 26 mai. Le texte crée un délit d'organisation d'un rassemblement festif illégal — deux ans de prison, 30 000 euros d'amende —, pénalise la simple participation, rend la confiscation du matériel obligatoire On classe la fête au patrimoine en décembre, on la criminalise au printemps.
Le Conseil d'État lui-même, dans son avis de mars, a mis en garde : on empile, texte après texte, des dispositions de police qui rognent des libertés bien réelles. Ripost mêle d'ailleurs dans un même fourre-tout le protoxyde d'azote, les rodéos urbains, les squats et les raves — comme si danser dans un pré relevait du même problème qu'un quad lancé à cent sur un trottoir.
Reste la question que personne, au Sénat, ne semble s'être posée : pourquoi, depuis trente ans, des dizaines de milliers de jeunes bravent-ils l'interdit pour aller danser dans la boue ?
Le sociologue Jean Duvignaud l'avait pressenti dès les années 1970 : la société industrielle a
désappris la fête, cette parenthèse où le quotidien s'arrête. Roger Caillois parlait d'un temps sacré, un temps où l'on cesse d'être utile. La free party, à sa manière brute, a réinventé ça — un endroit sans billetterie, sans scène, sans star, sans videur, où l'on n'est ni client ni spectateur. Michel Maffesoli y lisait le retour de Dionysos : l'émotion, le corps, le collectif, contre une société qui a tout rationalisé, tout minuté, tout tarifé.
Je ne vais pas vous vendre un paradis perdu. Les chercheurs qui ont vraiment fréquenté ces fêtes — Guillaume Kosmicki, par exemple — en ont décrit aussi les dérives, les violences, les hiérarchies :même si elle est souvent un endroit de liberté et de bienveillance, la free party reproduit parfois ce qu'elle prétend fuir. Justement. On ne répond pas à un fait culturel avec le code pénal. On ne soigne pas une génération qui cherche à se rassembler en la chargeant.
La nuit du 11 au 12 avril, à Saint-Genis-Laval, une free party a tourné au chaos. Des blessés. La préfète a salué une intervention "rapide et ferme" face à des participants "hostiles" ; les fêtards, eux, décrivent des charges et des tirs de mortier. On ne saura sans doute jamais qui a allumé la mèche. Mais une chose est sûre : plus on repousse ces fêtes dans la clandestinité, plus on les prive de tout cadre, et plus on fabrique précisément le danger qu'on prétend combattre. C'est ce que répètent depuis vingt ans les bénévoles de Keep Smiling, qui font de la réduction des risques sur le terrain et avec qui nombre de festivals comme le Reperkusound travaillent — analyse de produits, espaces de repos, eau, prévention. Interdire ne supprime pas la fête. Ça la rend plus dangereuse.
Je suis engagé dans les musiques actuelles depuis 30 ans. Alors je mesure à quel point la frontière est mince entre un festival déclaré, applaudi, subventionné, et une free party traquée : c'est le même désir de se retrouver, souvent la même musique, parfois les mêmes gamins. La loi, elle, trace cette frontière à la matraque.
Place Jean-Macé à 14h ce samedi collectif lyonnais Tekno Antirep appelle à manifester ce samedi, comme à Paris, Lille ou Grenoble. La Ligue des droits de l'Homme, Technopol et Techno+ ont cosigné un appel contre Ripost : défendre la fête, écrivent-ils, c'est défendre une liberté.
Un amendement déposé à l'Assemblée disait tout en une phrase : quand l'État craint la jeunesse qui danse, c'est la liberté qui vacille. On peut continuer d'aligner les articles et les arrêtés préfectoraux. Mais une société qui ne sait plus offrir à sa jeunesse autre chose que des interdits ferait mieux de s'inquiéter, non pas de ceux qui dansent, mais de sa propre tristesse.
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Romain Blachier
Bonne idée , on les enverra danser chez M.Blachier !
Signaler RépondreChanter du Sardou est un délit?
Signaler RépondreVous devriez diminuer la dose du petit canon de rouge, ça vous éviterait de sortir des énormités.
que les politiques sont incapables de mettre de l ordre dans les priorites
Signaler RépondreParce que c'est impossible de nos jours de danser dans un festival légal ? Dans un bar ? Dans une boite de nuit ? Chez soi ?
Signaler RépondreJe suis jeune et (merci à l'auteur de cet article de s'en soucier) mais je n'ai pas l'impression d'être privé du droit de danser, faut pas déconner.
En revanche, je suis sidéré que ca devienne un droit de détruire le bien d'autrui pour danser. Merci de remettre un peu d'ordre dans vos priorités.
Bientôt la France ressemblera à la Rome de l'après contre-réforme, ou à la Genève de Calvin. Je rappelle que Vichy avait interdit les bals... Il ne restera plus que la fuite pour échapper à la morosité ambiante.
Signaler RépondreMonsieur Blachier, ce n'est pas trés intelligent de votre part, vous qui "vantez" votre nom pour vivre, de reprocher à vos contradicteurs de se "cacher" dans l'anonymat.
Signaler RépondreMoi je n'ai pas besoin de faire savoir qui je suis et ce que je pense de cette affaire pour vivre, je n'ai pas besoin de me faire connaître, je n'ai rien à vendre.
Mais puisque vous critiquez l'anonymat, j'affiche mon noms.
Peu importe.
Vous savez bien que ici ce qui est généralement reproché à ces fêtards, c'est essentiellement de trop souvent ne pas respecter les règles imposées à toute la collectivité pour qu'elle puisse vivre collectivement sereinement.
Ces fêtards, ces régles, ils s'en foutent.
Ce faisant, ils ne respectent pas la société, ils font du tapage, ils saccagent, ils salissent, ils ferment les yeux sur le deal de drogues et autres substances...
Et tout cela au nom de leur pretendu droit à danser et dans un pré qui ne leur appartient pas.
Certes, ce n' est pas le cas de tous les amateurs de musiques électronique actuelle qui organisent des festivals.
Mais les dérapages sont encore trop fréquents dans ces assemblées, donc il faut réglementer tout cela je pense, et vous ne pouvez pas donner tort à ceux qui le pensent je crois.
D’un coté on veut légaliser des concerts illégaux, et de l’autre on veut interdire le canon français légalement organisé, chanter du Sardou est un délit, je signale que la baguette patrimoine culturel immatériel de l’humanité est sur la liste de l'UNESCO, ainsi que le cassoulet et le petit verre de vin servi au canon français.
Signaler Répondresans rancune M. Blachier chacun son « patrimoine » et sincèrement si ces mecs laissaient les lieux propres, s’ils ne saccageaient pas les terrains, les cultures, s’ils respectaient a minima la terre, les propriétaires, s’il n’y avaient pas a chaque fois des évacuations sanitaires a cause de la dope, je serai la 1ere a les soutenir.
Est un délit c’est occuper saccager le bien d’autrui, c’est se droguer, c’est laisser des déchets. Si on cessait d’inverser les valeurs ?
Signaler Répondreaucun respect de rien ; 'je veux , j'ai le droit ' ; par contre , a la moindre contrariété , ca hurle a l'injustice , a la discrimination , a l’atteinte aux droits de l'homme et tout le fourbi ; et le tout mâtiné d'égalitarisme , de collectivisme et autres fariboles progressistes
Signaler RépondreOui il y a un renforcement de l'appareil de sanction parce que les dérives des participants vont crescendo...
Signaler Répondreon peut aussi s en servir de baluchon pour transporter le saucisson?
Signaler RépondreSamedi 6
Signaler RépondreJuste un rassemblement de pue la pisse de camés et de dealers de plus à Lyon
Ça changera des drapeaux palestiniens
sauf qu'un message personne ne vous oblige a le lire en opposition a la rave party que vous devez subir
Signaler RépondreArticle à côté du sujet. Ces personnes ne seront pas poursuivi pour avoir dansé, et vous le savez très bien.
Signaler RépondreSi je viens fracturer votre porte pour cueillir des fleurs à l'intérieur de votre maison, vous trouverez stupide que je sois poursuivi, en disant qu'il ne faut pas criminaliser l'amour des fleurs?
Permettez moi d'en douter.
Très vrai ! Aucun respect pour l'environnement, ça dévaste tout sur son passage en se fichant totalement des petits animaux, oiseaux, insectes, surtout au printemps.
Signaler RépondreRomain Blachier, vous êtes un élu de la République, respectez-en les bases communes à tous, la propriété privée en est un fondement, et respectez aussi les agriculteurs ! Les drogués italiens viennent par centaines faire en France ce qui est interdit en Italie , vous le savez très bien !
Signaler RépondreQuand faire ch..r le monde est un délit !!!!
Signaler Répondre"sans autorisations" qu'est ce que le gauchisme ne comprend pas dans dette expression ???
Signaler Répondresérieusement vous n'avez rien d'autres à faire !!!
Ce "journaliste" ira s'expliquer avec les agriculteurs qui retrouvent leurs terrains en décharge publique après le passage de ses dégueulasses... et les habitants des petites communes qui doivent payer avec leurs impôts la remise en état.
Signaler RépondreFaudra un jour arrêter de faire peser sur l'ensemble les dérives de "petites minorités", cela n'a rien à voir avec le "contrat social" issu de la révolution française. Car si on doit payer pour quelques minorités ou quelques castes on dit clairement qu'on n'est plus en démocratie ... mais est on réellement en démocratie ? personnellement je ne le crois pas.
Bref cet article est une accumulation de conneries...
Les gens de EELV devront s'expliquer aussi. Ils soutiennent ses free-parties alors que plusieurs détruisent des écosystèmes fragiles ... mais on sait depuis quelques années que EELV n'est pas en réalité un parti écologique, il suit le parcours des autres partis verts européens qui ont tous basculé dans un islamogauchisme revendiqué (voir celui du Royaume Uni qui le dit clairement).
C'est bien ça !
Signaler RépondreVous avez le droit d'avoir le courage de signer....
Signaler RépondreCe sont surtout les gentils organisateurs qui se remplissent les fouilles en vendant de la bière pisse d'âne !
Signaler Répondreau milieu de ces commentaires réacs, merci à vous pour la défense des libertés
Signaler RépondreMerci de votre soutien à la liberté monsieur Blachier
Signaler Répondre+1000
Signaler RépondreQue vous aimiez ou pas l'électro est votre droit le plus strict, les goûts et les couleurs ça se discute pas.
Signaler Répondrear contre si je peux me permettre le fait que la police intervienne dans les concerts n'est pas vraimet nouveau. Le palais d'hiver à Lyon qui fut un lieu mythique du rock à Lyon était parfois objet de descentes de polices. Là on est sur un renforcement de l'appareil de sanction.
A bientôt tout le monde
Purée le niveau....
Signaler Répondrebelle journée à toutes et tous.
Je vais assez souvent en soirée électro. Mais c''est pas vraiment la question de l'article
Signaler RépondreC'est pas d'la musique, c'est d'la merde inventée par des gens sans goûts ni talent. Juste un prétexte pour se mettre en l'air a coups d'alcool et de drogues. Danser comme un déglingo au milieu d'un champ de patates à coups de "boom boom boom" ne fait pas de vous un mélomane, ni un adepte de la liberté de jouir, mais juste un paumé.
Signaler Répondrelorsqu ils laissent leurs etrons et leurs dechets ,sur un sol compacté par le pietinement ,dans le pre de l 'agriculteur qu ils ont envahi sans prevenir tels une invasion de sauterelles façon calamité
Signaler RépondreLa liberté des uns s'arrête où commence celle des autres, c'est tout.
Signaler RépondreSinon on impose aux autres et ça désolée mais rien ne le justifie.
Quand j'ai un joyeux open air techno en face de chez moi à Gerland, dûment autorisé, organisé avec la mairie centrale, je ferme volets, fenêtres, je mets un casque et j'entends encore le boom boom boom. Je suis une pisse froid ? Non juste une personne fatiguée, censée être libre chez elle, avec une gamine neurodivergente à qui ces décibels provoquent des crises d'anxiété.
Mais ohlala faut surtout pas le dire, c'est faaaasciste, réac, nauséabond.
Donnez votre adresse. on viendra faire un canon français dans votre jardin. Et Lyon Mag ne manquera pas de publier votre appel à la liberté dans les jours suivants.
Signaler RépondreCe n'est pas danser qui est un délit, ce sont ces gros porcs de camés qui sont des délinquants et des parasites...
Signaler RépondreL’auteur commence par faire du name dropping pour avoir l’air sérieux. La culture, c’est comme la confiture… Puis il finit par réagir comme un gamin, et la forme rejoint le fond 🙄
Signaler RépondreOn essaie de se refaire une virginité « de gauche » après s’être engagé pour Aulas ??
De qualifier une perso qui cherche à faire le buzz de grosse buse ou de buzard ?
Signaler Répondreon peut s' intéresser a diverses musiques et autres expressions artistiques et culturelles sans pour autant s'autoriser a faire chier ses voisins ; mais ca , c'est une question d'éducation de base a minima dont découle l'intelligence collective d'une société
Signaler RépondreMR Blachier, est il encore possible de répondre simplement à un problème posé? Vu vos questionnement tout azimut… certainement pas! Faîtes simplement une matrice bénéfices/risques … sans biais bien entendu et vous aurez la réponse ! Est ce trop difficile, vous m’étonnez…
Signaler RépondreVotre obsession du pseudonymat que vous amalgamez avec anonymat dans toutes vos réponses est étonnante.
Signaler RépondrePourquoi postez-vous sur Lyon Mag où les commentateurs sont sous pseudonymat, ce que nous vous supportez manifestement pas ?
Je voudrais bien vous voir en soirée électro. Ne racontez pas n'importe quoi pour vous faire mousser.
Signaler RépondreJe crois que vous avez perdu toute crédibilité.
Bonjour, simple question, sans provocation, pourquoi alors avoir rejoins Aulas dont le parti de droite qui le soutienne vote en faveur de cette interdiction ?
Signaler Répondrevous semblez oublier que la France a un cadastre ,et que même les sommets des montagnes appartiennent à quelqu'un. Donc avant toute organisation de rassemblement on demande l'autorisation.
Signaler RépondreJe ne fais pas allusion au genre de musique: chacun est totalement libre de ses choix personnels. En revanche c'est l'absence totale de cadre et de respect des autres dans la façon de ne PAS organiser ces rencontres en plein champ qui me choque.
Signaler RépondreJe pense qu'il faudrait que l'état rencontre cette jeunesse afin de négocier l'organisation de ces journées musicales festives dans des conditions respectueuses de la démocratie. Il n'y a rien de sombre là dedans!🙃🤣🤣
oui j'ai même obligé des sénateurs à voter n'importe quoi au sénat et je vais en soirée électro rien que pour ça....
Signaler Répondrevous savez les gens peuvent s’intéresser aux musiques électroniques. tout le monde n’est pas comme vous à voir tout en sombre
Signaler RépondrePremièrement, vous ne répondez pas à mes arguments. Vous faites diversion.
Signaler RépondreDeuxièmement, les mots ont un sens. J’ai beau me relire, je ne vois pas en quoi je me « défoule ».
Troisièmement, il s’agirait d’être sérieux. En quoi votre billet et ses commentaires sont-ils comparables avec des nuisances imposées à large échelle à des habitants, humains ou animaux, durant des journées et nuits au point de nuire à leur santé ? Quel lien avec la criminalité ?
Enfin, si LyonMag autorise les pseudos, c’est qu’il doit y avoir une raison. Tout le monde ne cherche pas la notoriété, ni ne peut se le permettre. Si la courtoisie est respectée, je ne vois pas où est le problème.
Le fait que vous signiez de votre propre nom ne vous rend pas meilleur que les autres. De même, avec ou sans pseudo, mon commentaire est de ce qu’il est : ni plus ni moins pertinent.
Si vous ne voulez pas risquer d’être contredit, il ne faut pas écrire de billet d’opinion, a fortiori sur LyonMag. À présent, voyons si ma réponse tout aussi courtoise que mon commentaire passe ou est censurée. Question d’honnêteté intellectuelle.
le foot ou le rugby c'est beau et autorisé, mais pas dans le jardin de mon voisin sans son autorisation ! il n'y a pas de Free foot ni de Free rugby.
Signaler Répondreolire l'article que vous commentez aiderait à comprendre
Signaler RépondreHa ha ha, parce que le délit c'est de danser ?
Signaler RépondreMr Blachier, en énonçant un tel mensonge, vous êtes prêt pour intégrer l'équipe de campagne de Mélenchon .......
purée mais la qualité des arguments ici c'est fou...
Signaler Répondreoh ca ferait pas une vraie free party. Mon appart est presque aussi petit que votre esprit et encore plus que l(absence de courage de votre signature anonyme ;) Et en plus vous vous plaindriez du bruit que ça génére. Et vous nous faites la version progressive house du "vous avez qu'à prendre des immigrés chez vous" . Pas très original.
Signaler RépondreLa france a plein d'espace pour faire la fetre. Sortez de votre chez vous,de votre écran, du masque lâche de votre pseudo seul face à cnews et vous verrez .
belle soirée à toutes et tous, aigris, teufeurs ou simple lecteurs.