Sur le reste la Métropole, n'a pas toutes les manettes. Le prix de votre facture, le mix électrique ou énergétique: tout ça se joue au niveau national, parce que la France reste un pays centralisé. Ce n'est pas un manque de volonté locale, c'est le partage des rôles.
La Métropole a malgré tout des compétences plus larges que la plupart des collectivités françaises. Elle est propriétaire des réseaux d'électricité et de gaz, dont elle confie l'exploitation à Enedis et GRDF jusqu'en 2031 et 2035. Mais là où elle agit vraiment en direct, c'est sur la chaleur. Et, depuis une vingtaine d'années, sur le froid.
Le réseau de froid de la Part-Dieu remonte à 2002. On pompe l'eau de la nappe phréatique sous les parkings du quartier — près de 1 000 m³ par heure, une piscine olympique toutes les soixante minutes —, on en tire une eau glacée à 5 °C qui circule dans 14 kilomètres de canalisations, puis on la renvoie dans la nappe. Deux fois moins d'électricité qu'avec des climatiseurs individuels, bas carbone: autant d'îlots de chaleur en moins. Un dernier chiffre pour mesurer l'écart : là où une clim d'appartement affiche un rendement de 1, la centrale Mouton-Duvernet dépasse 11. Elle restitue onze fois ce qu'elle consomme.
Le bénéfice carbone découle directement de là. Une climatisation classique brûle de l'électricité et recrache sa chaleur à l'extérieur ; le réseau, lui, exploite une ressource déjà sur place, l'eau de nappe. À la Part-Dieu, 150 000 m² de commerces et de bureaux sont rafraîchis de cette façon — archives départementales et data center inclus. Côté entreprises, le calcul est vite fait : un raccordement couvre à lui seul près de 90 % des économies de CO₂ qu'impose le décret tertiaire.
Quatre réseaux de froid existent ou sortent de terre sur le territoire : Part-Dieu, Gerland, bientôt La Saulaie et Saône-Yzeron. À Oullins–Pierre-Bénite, le réseau attendu pour 2026 fonctionnera à la cloacothermie, en récupérant l'énergie des eaux usées de la station d'épuration. Gerland, de son côté, climatise déjà 300 000 m² de bureaux pour moitié moins d'électricité. Derrière ces installations, des opérateurs spécialisés — Dalkia, filiale d'EDF, ou ENGIE Solutions — assurent l'exploitation pour le compte de la collectivité.
Le froid n'a pas tout à fait les mêmes armes que la chaleur. Sur les réseaux de chaleur, la loi autorise à imposer le raccordement de certains bâtiments voisins ; pour le froid, ce levier n'existe pas. Le déploiement avance donc au rythme des adhésions volontaires, quartier après quartier, à mesure que les conduites progressent.
Ces réseaux engagent la collectivité sur trente ans, par des contrats qui traversent les mandats et les majorités. Celui de la Part-Dieu est né en 2002, s'est étendu sous des présidences successives, et arrive à maturité sous la présidence de Véronique Sarselli. En matière d'énergie, l'infrastructure dure toujours plus longtemps que celui qui inaugure.
Pendant qu'on guette le thermomètre, quelques mètres sous nos pieds, la Métropole s'est déjà mise à fabriquer sa propre fraîcheur.
Romain Blachier
raoult ...volfoni!!(celui qui ventile les pretentieux façon puzzle)....pouvez vous nous faire passer votre carte de visite?
Signaler RépondreL'insulte est une façon de dévoiler son incompétence. En plus vous déformez mes réponses , j'ai indiqué que l'asn avait le pouvoir d'arrêter une centrale si la température de rejet de l'eau est trop haute...
Signaler RépondreMon pseudonyme ne dévoile pas mon niveau de diplome à LYON1 et mes compétences...Par contre ayant connu Monsieur Blachier à la RL962 , je n'ai pas le souvenir de ses compétences scientifiques...
Aller consulter les techniciens qui gèrent les puits de captage vers crépieux ?
Tout réchauffement de l'eau (là c'est 5°C !) accélèrent le risque microbien.
C'est bien l'eau de la nappe qui est pompée , circule en circuit fermé et ensuite réinjectée...
Venir me raconter qu'un circuit fermé aussi long ne présente aucun risque ? c'est que vous n'avez jamais exercé sur le terrain...
Continuez de jouer aux apprentis-sorciers avec l'eau !
Romain, c'est très bien d'expliquer de la sorte, mais malheureusement, on a affaire à des experts du comptoir, les mêmes qui étaient devenus experts en virologie en une semaine lors de l'épisode Covid.
Signaler RépondreC'est peut-être un ancien caviste, mais il semble clair qu'il continue de tutoyer le kil de gros-qui-tâche d'où sa science infuse.
Le COP de référence dans l'article est le mien comme celui utilisé par le directeur d'ELM dans la vidéo citée dans ce fil (à 6'47"). Si la pédagogie d'un directeur technique vous semble relever du PMU, adressez-vous à lui.
Signaler RépondreMerci pour la vidéo que je connais déjà Quelques précisions utiles : le directeur d'ELM y indique explicitement (à ~9'10") que l'échangeur de chaleur garantit l'absence de contact entre l'eau du réseau et la nappe, ce qui répond directement à 'ancien caviste'' sur la question sur les risques de pollution. Sur le différentiel thermique (+5°C), le point est réel et documenté — il relève du cadre de la loi sur l'eau et des arrêtés préfectoraux, qui constituent le régime de contrôle applicable ici (et dont j'ai parlé plus haut en commentaire.
Signaler RépondreLe différentiel thermique à la réinjection est documenté et fait l'objet de suivis hydrogéologiques, notamment dans le cadre des autorisations préfectorales au titre de la loi sur l'eau (et non l'ASN, dont le périmètre est le nucléaire !).
Signaler RépondreCe n'est pas le silence que vous décrivez, mais un régime de contrôle différent, moins visible. Sur les analyses des eaux réinjectées, la question est légitime — les rejets thermiques en nappe alluviale font l'objet d'arrêtés de prescriptions spécifiques, mais je ne dispose pas des données de suivi de la centrale Mouton-Duvernet pour vous confirmer leur contenu exact (je vous redemande les avez vous pour avoir un avis si déifinitif?)
Sur les fondations profondes et leur effet sur la circulation de la nappe : c'est une préoccupation réelle en contexte urbain dense, mais le lien de causalité direct avec un risque épidémique me semble une extrapolation qui dépasse ce que les études disponibles établissent.
Le coefficient de performance d'une climatisation d'appartement est plus proche de 2,5 que de 1. La théorie physique ne se découvre pas au comptoir du PMU du coin Romain...
Signaler RépondreCher glouglou 1er , merci pour cette vidéo qui permet de mieux comprendre le fonctionnement de cette centrale à froid.
Signaler RépondreJe note que l'eau pompée est déjà à 16°c et rejetée dans la nappe à 21°c , de mon point de vue c'est trop...
La température de rejet des eaux d'une centrale nucléaire est controlée par l'ASN , ici Silence...
Pour info en lyonnais à 10m on se situe vers 8 à 12°c (la température d'une bonne cave !)
Je note aussi que ces constructions avec de grandes hauteurs obligent à des fondations très profondes qui perforent la nappe et freinent sa circulation , donc il y a une infiltration permanente dans les sous-sol avec obligation de repompage...
Quand on sait que creuser un puits ou faire un forage est sensé avoir l'avis des "hydro-géologues" pour risque de pollution...
Font-ils des analyses sur les eaux réinjectées ??? Le sujet n'est surtout pas abordé...
La question du réchauffement de la nappe est légitime je ne l'ai pas traitée dans cet article, c'est juste. Mais non ce n'est un complot ou un oubli volontaire.
Signaler RépondreMais la comparaison pertinente n'est pas « réseau de froid vs nappe intacte » — elle est « réseau de froid vs 150 000 m² de climatiseurs individuels ».
Une clim classique rejette sa chaleur dans l'air, aggravant directement l'îlot de chaleur urbain en surface. Le réseau de froid déplace ce rejet thermique vers la nappe, où il est dilué, soumis à des seuils réglementaires de température imposés par les autorités hydrogéologiques, et partiellement compensé en hiver — comme vous le notez vous-même — par le fonctionnement inverse.
Sur les risques de contamination et d'épidémies : il s'agit là d'un risque théorique qui existe dans la littérature scientifique, mais dont la réalisation dépend de conditions spécifiques (dépassement des seuils, absence de contrôle, systèmes non étanches). Ces systèmes sont soumis à des arrêtés préfectoraux précis en France. Mais si vous avez des études réelles spécifiques sur la nappe lyonnaise montrant un dépassement problématique, je suis sincèrement preneur .
Monsieur Romain Blachier oublie volontairement les problèmes induits par le réchauffement de la nappe !
Signaler RépondrePour produire du froid , on rejette de l'eau chaude...
Et en plus avec des constructions avec des fondations profondes , on freine la circulation de la nappe fluviatile et on aggrave le phénomène de réchauffement de la nappe
Cela fait longtemps que les scientifiques s'en inquiètent...avec le risque de favoriser des contaminations de l'eau et risques d'épidémies.
C'est moins gênant en hiver car l'opération est inverse , on produit du chaud en rejetant de l'eau plus froide.
Je vous conseille cette vidéo beaucoup plus exacte !
Signaler RépondreC'est quand même bien recentré autour de la Part Dieu, et on ne peut pas réchauffer l'eau de la nappe indéfiniment...
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