Le Coeur Lyonnais a ses raisons que la raison ignore

Le Coeur Lyonnais a ses raisons que la raison ignore

La crise qui agite la droite métropolitaine et lyonnaise depuis une semaine appelle plusieurs analyses.

Chacun connait désormais les faits qui sont d’une extrême gravité. Le conseiller politique de Jean Michel Aulas, en charge de sa campagne depuis son origine, est accusé d’avoir commis un viol par soumission chimique sur une jeune militante du Cœur lyonnais.

Elle n’a pas souhaité porter plainte à l’époque, par crainte sans doute de rajouter à la violence de son agression le risque de voir la campagne de JMA, à un mois du scrutin, être occultée par la polarisation des médias sur ce dossier outre les attaques que camp Ecolo-LFiste n’aurait pas manqué de multiplier !

La plainte est déposée aujourd’hui et on ne peut que saluer son courage et sa dignité. La justice est saisie et fera son travail même si cela prendra beaucoup de temps.

La crise politique est née, à juste titre, du fait que Jean Michel Aulas, Laure Cédat et  Emmanuel Imberton ont été informés par la victime des accusations qu’elle portait à l’encontre du conseiller du candidat à la mairie de Lyon et que ce dernier n’a pas été écarté de la campagne ni dénoncé à la justice.

Sur ce dernier point c’est la décision de cette jeune militante qui devait être respectée. L’instruction qui sera ouverte permettra certainement de vérifier si elle l’a prise sans subir de pression.

En revanche, il paraît évident que JMA aurait du immédiatement écarter son directeur de campagne et le renvoyer à Paris. Qu’il ait pu céder à l’opposition de ce dernier qui invoquait sa présomption d’innocence et son contrat est un aveu de faiblesse et pire une faute.

La présomption d’innocence ne vaut que devant l’institution judiciaire qui seule a le pouvoir de déclarer un prévenu coupable et de le sanctionner après de longues procédures. Mais la présomption d’innocence n’est désormais plus un totem d’immunité qui permet de continuer à vivre normalement alors que l’on est suspecté de graves agissements. L’époque, les réseaux sociaux et le trop plein médiatique ont décidé de cette évolution dont l’affaire Bruel est l’exemple éclatant.

Doit-on le regretter ? c’est un autre débat ! En tout état de cause et dans l’attente qu’un volet judiciaire s’ouvre, JMA et ses proches n’auraient pas dû hésiter à mettre fin à la mission de ce communicant, son contrat ne pesait en rien et la procédure prud’homale sur sa rupture aurait été jugée dans plusieurs années !

La présidente de la Métropole a ainsi pris une juste décision en enjoignant à Jean Michel Aulas, Laure Cédat et  Emmanuel Imberton de se mettre en retrait, puis, face à leur résistance, de les priver de leur délégation. Elle a fait rapidement acte d’autorité sans louvoyer ni verser dans l’attentisme. Nombre de dossiers sensibles dans d’autres institutions ces dernières années ont été étouffés par le non-dit ou la complaisance.

Cette crise a provoqué ces derniers jours le départ de plusieurs élus du groupe municipal de Cœur lyonnais. Il est certes plus facile de se démettre une fois élu que durant la campagne en espérant la victoire de sa tête de liste et les mandats qu’il distribuera ! Si la plainte de la victime avait été révélée avant le scrutin, il aurait été intéressant de constater combien quittait le navire ?

Cette implosion était-elle nécessaire puisque la présidente Sarselli avait mis en retrait Jean Michel Aulas, Laure Cédat et  Emmanuel Imberton ? Cela prouve une fois de plus que la "droite" et le centre lyonnais sont un château de cartes qui s’écroule au premier coup de vent. Les cartes juxtaposées étant toutes ces composantes politiques : LR, Horizons, MoDem, Renaissance, incapables de gagner seules et dont les alliances ne sont que de circonstances ! Dans ce genre de tourment la gauche fait toujours bloc même souvent au risque d’une solidarité coupable.

Au final cette crise doit en arranger certains. Elle met sur la touche trois personnalités de Cœur lyonnais qui étaient issues de la société civile ! Les élus professionnels avaient suivi JMA sans hésiter car sa notoriété leur donnait l’espérance de la victoire après 25 années de défaite !

Lyon a été perdu de peu mais la Métropole a été gagnée avec le faisceau très large de ses compétences administratives qui donnent le sentiment que Grégory Doucet ne fait plus que de la figuration. Les appétits peuvent d’ores et déjà  s’aiguiser pour les prochaines échéances électorales mais dans l’entre soi des purs politiques.

Eric Pelet

Avocat honoraire

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Joiuns69 le 15/06/2026 à 15:32

Pas besoin de procès il est coupable et puis c’est tout.
C’est dans la presse donc c’est vrai.
Ca désencombrera la justice.

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