Les vendredis 13 de Jean-Michel Aulas

Les vendredis 13 de Jean-Michel Aulas

Vendredi 12 juin 2026. Lyon.

La carrière politique de Jean-Michel Aulas vient de s'achever. À un jour près. Une carrière qui, à vrai dire, n'a jamais réellement commencé, mais qui trouve dans les larmes de regret qui embuent les yeux de l'ancien président de l'Olympique lyonnais un épilogue bien pathétique.

La décision de Véronique Sarselli de lui retirer sa délégation de vice-président chargée du Rayonnement et des Partenariats métropolitains ne l'a pas profondément atteint. Les reproches formulés par sa jeune colistière, élue avec lui au conseil municipal et qui l'a accompagné tout au long de la campagne, l'ont en revanche touché bien davantage que ne l'avaient imaginé les participants à la réunion des élus de Cœur Lyonnais.

Quelques instants plus tard, Jean-Michel Aulas annonce qu'il se met en retrait de son propre groupe.

Epilogue tragique d’une séquence qui débute le 8 janvier dernier. Le soir où la préfète Fabienne Buccio présente ses vœux aux personnalités lyonnaises dans les salons de la préfecture. Ce jour-là, Jean-Michel Aulas domine encore largement les enquêtes d'opinion — il culminera à 47 % d'intentions de vote dans le sondage OpinionWay publié 4 jours plus tard —, son conseiller en communication va agir de manière telle qu’il fait aujourd'hui l'objet d'une information judiciaire pour viol aggravé ce qu’il fait qu’il bénéficie, en droit, de la présomption d'innocence.

L'enquête dira peut-être un jour quels moyens auraient été employés pour conduire la jeune femme dans une chambre d'hôtel et commettre les faits qu'elle dénonce. Les analyses médicales de la médecine légale qui vont avec l’ouverture d’une enquête de police en matière de viol sont capables de détecter des traces jusqu’à une semaine après l’empoisonnement par GHB par exemple. Mais il existe bien d’autres substances chimiques. Les benzodiazépines, ces barbituriques évolués, vous sédatent sans vous tuer, et vous laissent conscients mais sans réaction.

Qui peut croire que la relation est telle que celle que le mis en cause dit qu’elle est "consentie" ? La jeune femme qui porte plainte est en couple avec un garçon de son âge qui fait aussi de la politique. Dans quel monde un conseiller se fait aimer d’une femme amoureuse d’un autre et qui a vingt ans de moins que lui ?

Au lendemain de cette nuit en tout cas, profondément bouleversée, la militante cherche du soutien. Elle se rapproche alors d'une autre jeune femme engagée dans la campagne. Elles ont le même âge, le même intérêt pour la politique, des parcours universitaires comparables et un investissement militant similaire. Leur amitié naît dans l'épreuve. Très vite, cette confidente devient celle qui l'accompagne dans chacune des décisions les plus difficiles.

C'est ainsi qu'arrive le premier vendredi 13 de Jean-Michel Aulas.

Nous sommes le 13 février.

Les deux jeunes femmes décident de solliciter Laure Cédat, proche collaboratrice du candidat. Parce qu'elle est une femme, parce qu'elle appartient au premier cercle d'Aulas, elles pensent pouvoir trouver auprès d'elle écoute et protection. Après les avoir reçues, Laure Cédat se rend au siège d'Holnest afin d'informer le candidat de ce qu'elle vient d'apprendre. C'est vraisemblablement à ce moment que la décision est prise d'écarter discrètement le conseiller en communication, sans pour autant rompre le contrat qui le lie à Aulas.

Le mauvais sort du vendredi 13 semble alors s'abattre sur la campagne.

Quelques jours plus tard survient la mort de Quentin Deranque. Puis c’est le grand débat animé par Apolline de Malherbe. Deux séquences majeures pendant lesquelles Jean-Michel Aulas apparaît très faible, multipliant les erreurs de communication, comme s'il enfonçait lui-même les derniers clous d'un cercueil politique que son pauvre projet de tunnel de 8km avait déjà commencé à creuser.

Aulas est privé de son principal conseiller. Mais aussi du soutien de possible remplaçants tenus à l'écart de ce qu’il s’est réellement passé. Personne autour de lui ne mesure réellement l'ampleur de la crise ni ne prend le relais pour encadrer un candidat qui commence à perdre pied. Bientôt les sondages vont s'inverser. La campagne entre dans une spirale de perte de confiance et de recroquevillement.

Vient alors le deuxième vendredi 13. Le 13 mars, Jean-Michel Aulas dîne avec la jeune femme qui tente encore de se reconstruire. Laure Cédat est présente. Peut-être prend-il alors conscience qu'il n'a pas su tenir la promesse qu'il lui avait faite : lui permettre de poursuivre son engagement dans la campagne sans avoir  à croiser, au détour d'un couloir du siège, celui qu'elle désigne sans équivoque comme son agresseur.

Mais il est déjà trop tard. Les courbes se sont inversées. La campagne est perdue.

Reste un dernier 13.

Le 13 mai. Ce n'est certes plus un vendredi, seulement un mercredi. Mais la date porte. Ce  jour-là, accompagnée de son amie, la jeune militante franchit les portes d'un commissariat pour déposer plainte.

Depuis longtemps déjà, il est trop tard pour sauver le soldat Jean-Michel Aulas. Peut-être est-il également trop tard pour combler le fossé que son incapacité à gérer cette crise a creusé. Au fond de ce gouffre, certains écrivent qu'il reste encore la possibilité à un homme de racheter son honneur. Mais comment ?

Romain Meltz

4 commentaires
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joltrembleur le 21/06/2026 à 14:51
Catalan a écrit le 21/06/2026 à 14h17

Sarselli, bien contente d avoir profité de la notoriété de Aulas pour se faire élire

tant mieux pour elle. Un problème?

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Solidarité 69 le 21/06/2026 à 14:48

Aulas a perdu son honneur quand il a décidé de construire son grand stade en escroquant les contribuables et signer la fin de l'OL en préférant valoriser son bien immobilier au dépend la performance de l'OL qui l'avait pourtant porté si haut avant ses manœuvres d'enrichissement personnel.

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claude69100 le 21/06/2026 à 14:21

C'est Aulas, chut, on ne dit rien.
La métropole vacille......

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Catalan le 21/06/2026 à 14:17

Sarselli, bien contente d avoir profité de la notoriété de Aulas pour se faire élire

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