Un fourgon blindé, le "Grand Sam" et Azouz Begag : l'étonnante affaire qui se termine par 3 condamnations

Un fourgon blindé, le "Grand Sam" et Azouz Begag : l'étonnante affaire qui se termine par 3 condamnations
Un fourgon blindé, le "Grand Sam" et Azouz Begag : l'étonnante affaire qui se termine par 3 condamnations

Repérés par hasard alors qu'ils suivaient un fourgon blindé, trois hommes bien connus du banditisme lyonnais ont finalement été condamnés la semaine dernière par le tribunal judiciaire de Lyon. Une affaire marquée par un alibi aussi inattendu que spectaculaire, impliquant malgré lui l'écrivain et ancien ministre Azouz Begag.

Le dossier avait tout d'un polar lyonnais. Pourtant, c'est une simple opération de surveillance menée dans une autre enquête qui va permettre aux policiers de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de tomber sur trois figures bien connues des services spécialisés.

Le 3 avril 2025, alors qu'ils se trouvent au péage de l'A42 à Beynost, les enquêteurs remarquent une voiture suspecte dont les trois occupants portent des masques chirurgicaux remontés jusqu'aux yeux. Plus surprenant encore, le véhicule reste obstinément dans le sillage d'un fourgon blindé de la société Thémis.

Les policiers décident de suivre discrètement le trio. La filature les conduit jusqu'à École-Valentin, dans le Doubs, où la voiture attend le passage du transport de fonds dans un centre-fort avant de reprendre sa route derrière lui. Craignant qu'une attaque ne soit imminente, les enquêteurs alertent la société de transport avant d'interpeller les trois occupants au péage, sur le trajet du retour.

La surprise est de taille. Parmi eux figure Samir Messaoudi, 52 ans (aujourd'hui, ndlr), surnommé le "Grand Sam", considéré comme un vétéran du grand banditisme lyonnais et déjà connu pour plusieurs dossiers retentissants. À ses côtés se trouvent David R., lui aussi identifié comme une figure du milieu lyonnais, ainsi que Yohan C.

Récidive légale

Les trois hommes contestent immédiatement tout projet criminel. Aucun arsenal n'est découvert et ils assurent ne préparer aucun braquage. Mais les investigations conduisent à leur mise en examen puis à leur placement en détention provisoire le 7 avril 2025.

L'affaire prend ensuite une tournure inattendue lorsque Samir Messaoudi explique aux enquêteurs qu'il effectuait en réalité... des repérages pour un film inspiré des œuvres d'Azouz Begag. Cet argument révélé par Tribune de Lyon conduit les policiers à entendre comme témoin l'écrivain lyonnais et ancien ministre afin de vérifier cette version. Celui-ci indique toutefois ne rien savoir de prétendus repérages liés à une adaptation de ses livres, mettant rapidement à mal cet alibi pour le moins singulier.

Jugés le 23 juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Lyon, les trois prévenus comparaissaient détenus pour avoir participé à une entente destinée à préparer un vol en bande organisée, les poursuites visant notamment des "réunions conspiratives, des repérages, des recherches internet, des surveillances et suivis de fourgon en faisant usage d'effets destinés à dissimuler les visages."

Le tribunal a finalement condamné Samir Messaoudi, en état de récidive légale, à cinq ans d'emprisonnement. David R., également récidiviste, écope de quatre ans de prison, tandis que Yohan C. est condamné à trois ans. Tous les trois ont été maintenus en détention, refermant ainsi l'un des dossiers les plus insolites du banditisme lyonnais de ces dernières années.

2 commentaires
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La Rance Indigne ! le 01/07/2026 à 10:52

"de prétendus repérages" les pieds nickelés en vadrouille !

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CQQFD69! le 01/07/2026 à 10:28

Quand tout le monde fait bien son travail, il faut le reconnaitre et féliciter les intervenants : MERCI aux forces de l'ordre et à la justice.

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