Près de Lyon : de 8 à 20 ans de prison après le spectaculaire braquage à 20 millions d'euros en Suisse

Près de Lyon : de 8 à 20 ans de prison après le spectaculaire braquage à 20 millions d'euros en Suisse
Près de Lyon : de 8 à 20 ans de prison après le spectaculaire braquage à 20 millions d'euros en Suisse

Les avocats de la défense avaient à l'origine pour objectif de faire tomber la procédure en soulevant plusieurs nullités et irrégularités. Une stratégie qui n'a pas convaincu la cour d'assises composée de cinq juges professionnels.

Le procès s'est achevé jeudi 25 juin après cinq jours d'audience devant la cour d'assises spécialement composée. Les quatre hommes poursuivis dans le dossier ont été reconnus coupables de leur implication dans le braquage d'un fourgon de transport de fonds commis en décembre 2019 dans le canton de Vaud, en Suisse. Ils ont tous été reconnus coupables de vol en bande organisée et d'association de malfaiteurs. Trois d'entre eux ont également été condamnés pour blanchiment.

Toujours en fuite et jugé en son absence, Hedi B. a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Karim H. écope de 13 ans de prison. Parmi les condamnés figurent également deux habitants de la métropole lyonnaise. Adnen B., domicilié à Vaulx-en-Velin et défendu par Me Raphaël Chiche, a été condamné à neuf ans. Toufik B., originaire de Bron et assisté par Me Philippe Scrève, a quant à lui écopé de huit ans de prison. Ce dernier a en revanche été relaxé du chef de blanchiment d'argent.

Un butin de près de 20 millions d'euros jamais retrouvé

Les faits remontent au 2 décembre 2019. Ce jour-là, un fourgon de la Poste suisse est attaqué près du village de Daillens, dans le canton de Vaud. Les assaillants percutent le véhicule avant de faire exploser ses portes afin d'accéder à son chargement.

Ils repartent avec un butin exceptionnel composé notamment d'argent liquide, de montres, de lingots d'or et de pierres précieuses. Son montant est estimé à 19 millions de francs suisses, soit environ 20 millions d'euros.

À ce jour, cette somme n'a jamais été retrouvée.

Une enquête appuyée sur des traces ADN et un train de vie suspect

Les investigations menées après le braquage permettent aux enquêteurs de recueillir plusieurs indices matériels. Des objets retrouvés à proximité des lieux de l'attaque ainsi qu'à la frontière franco-suisse livrent notamment des profils ADN attribués à deux des accusés.

L'enquête, nourrie par des investigations téléphoniques et des surveillances, conduit ensuite les policiers jusqu'aux quatre suspects. Les magistrats se sont également appuyés sur leur train de vie après le braquage, marqué selon l'enquête par des dépenses importantes, des voyages, l'acquisition de véhicules (motos, jet-ski), de biens de luxe ou encore de loisirs coûteux.

Interpellés en mai 2021, trois des suspects avaient été placés en détention provisoire. Le quatrième avait réussi à prendre la fuite et demeure recherché.

Tout au long du procès, les accusés ont contesté leur participation au braquage. Leurs avocats ont multiplié les contestations sur la procédure, remettant notamment en cause certains actes d'enquête ainsi que la coopération judiciaire entre la France et la Suisse.

La cour n'a finalement pas retenu ces arguments et a estimé que les éléments réunis au cours de plusieurs années d'investigations étaient suffisamment probants pour prononcer la condamnation des quatre hommes.

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