PFAS au sud de Lyon : les rejets d’Arkema se stabilisent, l’étude sur les riverains entre dans sa phase finale

PFAS au sud de Lyon : les rejets d’Arkema se stabilisent, l’étude sur les riverains entre dans sa phase finale

Réunis ce lundi pour le 17e comité des élus consacré aux PFAS au sud de Lyon, les services de l’État ont présenté les derniers résultats des investigations autour de la plateforme industrielle de Pierre-Bénite. Les rejets d’Arkema se stabilisent, tandis que l’étude d’imprégnation des riverains doit livrer ses premiers résultats début 2027.

La pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) reste sous surveillance dans le sud de l’agglomération lyonnaise.

À l’occasion du 17e comité des élus consacré au sujet, organisé sous l’autorité de la préfecture du Rhône, les services de l’État ont dressé un nouvel état des lieux de la situation autour de la plateforme industrielle d’Oullins-Pierre-Bénite.

Concernant les rejets dans l’eau, l’État indique que ceux d’Arkema se stabilisent depuis plusieurs mois autour de 1,7 kilogramme de PFAS par mois. Selon les autorités, ces rejets proviennent essentiellement de la remobilisation de la pollution historique présente dans la nappe souterraine. L’industriel poursuit actuellement ses études pour identifier les techniques les plus adaptées au traitement des sols contaminés.

Du côté de Daikin, les rejets dans l’eau restent qualifiés de "très faibles", avec seulement quelques grammes par mois. L’entreprise poursuit également l’optimisation de sa station de traitement.

Surveillance renforcée dans l’air

Les services de l’État ont également présenté les résultats des mesures réalisées dans l’air.

Selon les données disponibles, le principal émissaire canalisé d’Arkema rejette environ 1 gramme par jour pour la somme des 26 PFAS mesurés. Un arrêté préfectoral pris en avril 2026 impose la poursuite de la surveillance des émissions industrielles ainsi qu’une campagne de mesures dans l’air ambiant.

Par ailleurs, Daikin étudie un projet d’évolution de son procédé industriel. Celui-ci fait actuellement l’objet d’une instruction par les services de l’État et pourrait, s’il était autorisé, s’accompagner de nouvelles obligations réglementaires.

Les études environnementales et sanitaires réalisées autour de la plateforme industrielle confirment la présence de PFAS dans l’environnement mais ne mettent pas en évidence, selon l’État, d’incompatibilité avec les usages actuellement retenus dans les zones étudiées, à condition de respecter les recommandations sanitaires déjà en vigueur.

L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes maintient notamment l’interdiction de consommer les fruits et légumes produits dans les jardins situés dans le périmètre de 500 mètres autour du panache de dispersion des rejets, l’interdiction d’utiliser les eaux de puits privés ou les eaux pluviales dans ce même secteur, l’interdiction de consommer les œufs et la viande de volailles issues de poulaillers familiaux dans 17 communes ou arrondissements de l’agglomération lyonnaise et l’interdiction de consommer les poissons pêchés dans le Rhône en aval d’Oullins-Pierre-Bénite, dans le Garon et dans le lac de Combe Gibert.

L’ARS a également fait un point sur l’étude PERFAO, menée auprès de 300 personnes vivant à proximité du site industriel ou alimentées par l’eau issue du captage de Ternay.

La campagne de prélèvements touche désormais à sa fin. Les analyses biologiques vont pouvoir débuter et les premiers résultats sont attendus au début de l’année 2027. L’objectif est de mieux mesurer l’imprégnation des populations aux PFAS et d’identifier les facteurs d’exposition.

Une eau potable conforme à Ternay

Concernant l’eau potable, les autorités rappellent que l’eau produite par l’usine de Ternay respecte les normes réglementaires depuis novembre 2025 grâce à la mise en service progressive de filtres à charbon actif.

Six filtres sont désormais opérationnels et deux nouveaux composés PFAS, le TFA et le 6-2FTSA, feront l’objet d’une surveillance spécifique à partir de janvier 2027.

Pour l’État, la feuille de route régionale mise à jour en avril dernier reste inchangée : réduction des émissions à la source, contrôle renforcé de l’eau potable, surveillance des denrées alimentaires et soutien à la recherche sur les conséquences sanitaires et environnementales des PFAS.

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PFAS

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