Nouvelle offensive des Écologistes sur le dossier des PFAS dans le Rhône.
Dans un communiqué, les députés Marie-Charlotte Garin et Boris Tavernier contestent un arrêté préfectoral pris le 24 juillet autorisant, selon eux, l’entreprise Daikin à utiliser du TFA, ou acide trifluoroacétique.
Les députés écologistes du Rhône affirment que cette décision aurait été prise "sans produire ou rendre publiques les évaluations environnementales ou sanitaires nécessaires". Ils demandent donc à la préfecture de revenir sur son autorisation.
"Comment la préfecture du Rhône peut-elle autoriser l’utilisation d’une telle substance ?"
Pour appuyer leur demande, les parlementaires évoquent plusieurs alertes récentes concernant le TFA.
Ils indiquent notamment que l’Agence européenne des produits chimiques aurait classé en juin cette substance comme "suspectée toxique pour la reproduction" et alerté sur son caractère "très persistant et très mobile".
Le communiqué affirme également que l’Autorité européenne de sécurité des aliments aurait abaissé en juillet la dose limite d’exposition au TFA après l’apparition de nouvelles données concernant les hormones thyroïdiennes.
"Comment la Préfecture du Rhône peut-elle autoriser l’utilisation d’une telle substance sans produire les garanties permettant d’en mesurer les conséquences sur la santé et l’environnement, et ce, malgré les alertes des autorités compétentes ?", interrogent les élus.
Garin et Tavernier réclament la publication des études
Marie-Charlotte Garin, députée de la 3e circonscription du Rhône, et Boris Tavernier, député de la 2e circonscription, demandent "à la préfecture de retirer ou de suspendre cette autorisation dans l’attente d’études sanitaires et environnementales complètes".
À défaut, ils réclament que soient rendues publiques "les études sur lesquelles elle s’est fondée pour garantir l’absence de risques pour les riverains, les salariés et l’environnement".
Les deux parlementaires apportent également leur soutien aux démarches engagées par plusieurs associations, parmi lesquelles Notre Affaire à Tous – Lyon, Générations Futures Rhône, la Ligue des droits de l’Homme, PFAS Contre Terre et Bien Vivre à Pierre-Bénite, qui demandent elles aussi davantage de transparence sur les éléments ayant conduit à cette décision.
Les Écologistes replacent enfin cette autorisation dans le contexte plus large de la pollution aux PFAS dans le sud de l’agglomération lyonnaise.
"Face aux risques graves et potentiellement irréversibles liés aux PFAS, qui plus est dans un territoire d’ores et déjà surexposé, le principe de précaution doit prévaloir", concluent Marie-Charlotte Garin, Boris Tavernier, Les Écologistes Rhône et Les Écologistes Rhône-Alpes Pays de Savoie.