ASVEL : “Il me disait qu’il ne coacherait jamais”, Tony Parker et sa nouvelle armada lèvent le voile

ASVEL : “Il me disait qu’il ne coacherait jamais”, Tony Parker et sa nouvelle armada lèvent le voile
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Entre un effectif profondément remanié, quatre défaites en préparation et des ambitions toujours immenses, l’ASVEL réclame du temps mais veut déjà soulever un premier trophée.

Les noms impressionnent, le projet intrigue, mais le chantier reste immense. Après un été mouvementé, l’ASVEL a changé de visage autour de Tony Parker, désormais entraîneur, d’un staff XXL et de plusieurs anciennes gloires de NBA. Le Media Day a permis de lever le voile sur cette équipe aussi ambitieuse sur le papier qu’encore mystérieuse sur le parquet.

Quatre défaites et un projet qui réclame du temps

Battue par Pau-Lacq-Orthez, Roanne, le Bayern Munich puis le Maxima Roma, l’ASVEL a bouclé sa préparation avec quatre défaites en autant de rencontres. Une série à relativiser selon Vincent Collet, compte tenu de l’arrivée tardive de plusieurs joueurs : “Nous avons disputé notre premier match avec seulement trois professionnels. Contre Roanne, d’autres joueurs étaient présents, mais certains n’avaient pas encore joué”.

Le nouveau coordinateur défensif Dounia Issa refuse lui aussi de céder à l’impatience. Élu meilleur entraîneur d’Élite 2 la saison dernière avec la JA Vichy, il rejoint un club qui veut se reconstruire durablement tout en se préparant aux possibles bouleversements du basket européen. “On est au début d’un projet qui s’inscrit dans le temps. On ne sait pas quand la NBA Europe arrivera, alors il ne faut pas s’affoler à la moindre perturbation”.

Tony Parker entraîneur, la surprise du vestiaire

Cette nouvelle équipe se construit autour d’un coach que peu de membres du vestiaire imaginaient un jour dans ce rôle. Patty Mills, sacré champion NBA avec Tony Parker en 2014 à San Antonio, se souvient d’un ancien coéquipier beaucoup moins attiré par le banc : “Il me disait qu’il ne deviendrait jamais entraîneur et qu’il se contenterait d’être propriétaire. C’est vraiment surprenant de le voir coach, mais il sera bon : il a appris auprès des plus grands”.

Vincent Collet a connu le même étonnement : “Quand il me l’a annoncé, j’ai été surpris comme tout le monde. Mais je comprends parfaitement ses motivations. Je connais sa passion et son envie de retrouver le terrain”. À 63 ans, l’ancien sélectionneur des Bleus aurait lui-même pu refermer le livre. Il a finalement accepté de participer à l’écriture d’un nouveau chapitre : “J’avais atteint un âge où je pouvais légalement prétendre à la retraite, mais mon envie de basket était encore plus forte”.

Mills et Crowder, des champions NBA à intégrer

Pour encadrer un groupe largement renouvelé, l’ASVEL a attiré des joueurs rompus aux exigences du plus haut niveau. Patty Mills admet toutefois que le prestige des recrues ne gommera pas le besoin de patience : “Il y aura un temps d’adaptation. Nous devons nous habituer à ce nouvel environnement et à nos nouveaux coéquipiers”.

Jae Crowder, de son côté, n’a pas eu besoin d’un long discours pour être convaincu : “Tony m’a simplement demandé si je voulais jouer pour lui”. L’ancien joueur de Miami, Boston, Cleveland ou encore Milwaukee arrive avec une mission clairement définie : “Je suis ici pour jouer au basket et pour être un leader”.

Son arrivée possède aussi une dimension familiale. Son père a porté les couleurs de Villeurbanne, mais Crowder ne veut pas vivre dans ses souvenirs. Il était encore qu’un enfant à l’époque et ne lui a annoncé son choix qu’après sa signature. “Je ne lui en ai parlé qu’après, sinon il aurait essayé de m’influencer. Je n’ai aucun souvenir de son passage ici : c’est maintenant à moi de laisser ma marque”.

De passage à Lyon ou déjà à la maison ?

Pour apprivoiser la ville, les recrues pourront compter sur Yves Pons, de retour au club. Pas nécessairement pour découvrir les nuits lyonnaises. “Je suis quelqu’un de calme, alors ce n’est pas moi qui vais leur montrer les boîtes de nuit. En revanche, je peux leur donner de bonnes adresses pour manger”, plaisante-t-il. Passionné de photographie, l’international français aime s’éloigner du basket derrière son objectif, notamment dans le Vieux-Lyon, à Caluire-et-Cuire et à Confluence.

David Lighty, lui, n’a plus besoin de découvrir la ville. L’Américain entame sa douzième saison sous le maillot villeurbannais, une fidélité devenue rarissime. “C’est fou, presque anormal pour un Américain. Mais toute ma vie est ici, alors je suis heureux d’être de retour”.

Voir Tony Parker quotidiennement plutôt que les seuls soirs de match constitue son principal changement. Edwin Jackson assure également que leur amitié ne brouille pas les rapports entre l’entraîneur et son joueur : Parker était déjà son président et chacun connaît la frontière à respecter.

David Lighty ne sait pas encore si cette saison sera sa dernière. Il n’exclut pas de prolonger une aventure commencée il y a plus d’une décennie, tout en regardant lucidement le temps qui passe. “Je ne dis pas que ce sera la dernière. Peut-être que ce sera la suivante. Ce qui est certain, c’est que je suis plus proche de la fin que du début”.

Entre les rêves européens de Tony Parker et les quatre revers d’une préparation bancale, l’ASVEL avance encore avec davantage de promesses que de certitudes. Le talent est là, le budget aussi. Il reste désormais à fabriquer une équipe, puis à gagner assez vite pour laisser au projet le temps d’exister. Jae Crowder connaît déjà le meilleur moyen de se faire adopter : “Je ressens l’amour des supporters. À moi de le leur rendre, de gagner des matchs et de faire de Lyon ma maison”.

Le terrain doit désormais parler, dès samedi 19 septembre à Roland-Garros, où l’ASVEL retrouvera Roanne en demi-finale de la SuperCoupe. Un premier test officiel face à T.J. Parker, le frère du nouvel entraîneur villeurbannais.

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