Ce matin, l’ensemble des 73 élus de la Ville de Lyon a été convoqué pour une séance spéciale. L’objectif affiché : sensibiliser et examiner les enjeux liés à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) ainsi qu’aux moyens d’actions de la collectivité.
Pour ce faire, le maire a décidé, en accord avec les présidents des groupes politiques, de lever le huis clos et d’ouvrir cette commission au grand public : "Ce sujet ne doit pas se traiter dans le silence", a-t-il annoncé d’entrée ce matin.
Pour mener cette première séance de travail, le conseil municipal a accueilli Muriel Salle, enseignante-chercheuse en histoire à l’Université Claude Bernard Lyon I, Elise Michaud, chargée de mission égalité femmes-hommes en Seine-Saint-Denis, fondatrice d’Olympe, un cabinet de conseil en égalité femmes-hommes et auteure de l’ouvrage "Pour des politiques locales d’égalité femmes-hommes", Camille Chalmet, avocate au barreau de Lyon et bénévole dans l’association Stop Fisha.
Un consensus sur le besoin d’action
En mot d’introduction, l'édile de Lyon a rappelé les dernières affaires qui ont secoué le pays – Lyhanna, Bétharram, etc – et la ville avec l’affaire Abreu. De quoi poser le décor de la Commission : "Le pays débat, Lyon doit y prendre toute sa place. Nous devons regarder les choses en face : il y a une faillite de notre système."
Un point de vue partagé par son adjointe déléguée aux Droits, à l’Egalité et à la Lutte contre les discriminations, Sylvie Tomic, présente à ses côtés : "Les VSS ne surviennent pas par hasard. Toute notre société le permet. Des actions en profondeur sont nécessaires, à tous les niveaux, pour stopper cette culture sexiste."
Après les présentations des trois expertes, une chose semble certaines : ces violences sont systémiques. "Ce ne sont pas un souci de bonnes mœurs, mais un vrai problème dans notre société pour exclure les femmes du pouvoir, un instrument social de la domination du genre, un moyen pour rappeler à l’ordre et contrôler l’espace", a établi la professeure Muriel Salle.
En dehors du cadre académique, Elise Michaud a rappelé que "ce sexisme est ordinaire" : "Les blagues, les incivilités, les remarques et compliments déplacements, les interpellations familières, l’assignation à des rôles sociaux, les considérations sur la parentalité… Ce sont des propos qu’on entend tout le temps, qu’on a intégrés, qu’on a banalisés, voire acceptés. Ce n’est pas une pulsion, c’est un mécanisme, un continuum où l’on glisse facilement vers les agressions sexuelles."
Même bilan du côté juridique : "Un arsenal juridique ne suffit pas sans les moyens financiers pour l'appliquer et en garantir l'efficacité", a résumé Maître Camille Chalmet après avoir rappelé le long processus judiciaire engagé par les plaignantes. D’ailleurs, en 2023, 277 000 viols ou tentatives de viols ont été recensés sur des femmes – une estimation minimale – mais seulement 7 % ont porté plainte. Pour cause : minimisation, banalisation, culpabilité, sidération, peurs légitimes, mémoire traumatique.
Ajoutez à cela 1 enfant sur 3 par classe victimes de VSS.
Des pistes de travail établies
Malgré ce sinistre tableau, l’objectif de cette Commission était de proposer des pistes de travail. "Pour lutter contre les VSS, il faut lutter contre le sexisme, s’attaquer à la base de la pyramide. Il faut entreprendre un travail à un niveau individuel et local en tant qu’élu pour être exemplaire : déconstruire les représentations sexistes qu’on a intégrées, accepter quand quelqu’un dit qu’une remarque la/le met mal à l’aise, intervenir si l’on peut, se poser et poser la question", a, d’ailleurs, énoncé Elise Michaud. Ajoutant "Ce n’est pas la parole qui doit se libérer, mais l’écoute." Elle complète ses exemples de leviers d’action autour de l’éducation et de la formation à intégrer dans la politique interne et les politiques publiques portées par la Ville.
Jean-Michel Aulas, le premier à prendre la parole, a poursuivi en ce sens : "Notre première responsabilité est de savoir entendre les victimes, mais ça ne suffit pas il faut écouter, orienter et savoir comment agir, comment protéger une personne et garantir les principes fondamentaux de notre Etat de droit comme la présomption d'innocence. La responsabilité commence avant le signalement avec l'éducation. La lutte contre les violences faites aux femmes n'est pas une affaire de femmes."
Dans une sorte d’opposition à l’ancien candidat à la mairie de Lyon par rapport à l’affaire Abreu, l’adjointe Sophia Popoff a martelé : "Je dis aux victimes 'Nous vous croyons' et à nos décideurs politiques 'Nous vous regardons'. Les élus ont l’obligation de rendre compte des faits dont ils ont connaissance et dont ils sont témoins."
Est-ce que Doucet va enquêter dans certains milieux où la femme est reléguée la plupart du temps uniquement à faire des gosses la bouffe et le ménage ?
Signaler RépondreOù elles ne peuvent pas sortir sans autorisation et sont obligées de s'habiller d'une certaine façon sous prétexte religieux, où elles sont mariées contre leur gré, par exemple...
C'est pas à la métropole de Lyon qu'on verrait ce genre d'initiative
Signaler Répondreencore une bonne façon de financer quelques copains choisis experts auto proclamés… le gaspillage de l’argent public bat son plein ….
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