"Un canal de signalement ne suffit pas" : Élodie Roux de Bézieux veut clarifier la réponse de la Métropole de Lyon aux violences sexuelles

"Un canal de signalement ne suffit pas" : Élodie Roux de Bézieux veut clarifier la réponse de la Métropole de Lyon aux violences sexuelles
© Métropole de Lyon - Romain Étienne

Trois mois après le lancement de sa mission, la conseillère métropolitaine pointe les difficultés d’accès au dispositif de signalement et la nécessité de garantir son indépendance lorsqu’un responsable est concerné.

Un canal de signalement ne suffit pas”. Élodie Roux de Bézieux souhaite que toute personne confrontée à des violences sexistes ou sexuelles (VSS) au sein de la Métropole de Lyon sache à qui s’adresser et ce qui se passera ensuite. Ce jeudi 24 septembre, la conseillère métropolitaine a présenté un premier bilan de la mission que lui a confiée en juin la présidente de la collectivité, Véronique Sarselli.

Une plateforme existe depuis 2024. Elle a recueilli 111 signalements en deux ans, notamment pour discrimination et harcèlement, dont 19 concernant des VSS. Élodie Roux de Bézieux juge toutefois ces chiffres difficiles à interpréter : le dispositif soufre de son aspect “peu intuitif”. Une personne qui témoigne ne devrait pas non plus avoir à qualifier juridiquement les faits qu’elle rapporte avant de pouvoir être entendue.

La mission doit donc examiner tout le parcours d’un signalement, du recueil de la parole à la protection de la personne concernée, puis à une éventuelle enquête. Maître Gilles Sabart, l’un des quatre experts associés aux travaux, souligne que les faits ne prennent pas toujours une forme immédiatement évidente : des “mauvaises blagues” répétées peuvent aussi porter atteinte à la dignité d’une personne. Les propositions de la mission sont attendues au premier trimestre 2027.

L’affaire Roman Abreu en toile de fond

L’affaire Roman Abreu n’a pas été évoquée spontanément. Difficile pourtant de l’écarter du décor. Pour rappeler des faits, l’ancien directeur de campagne de Jean-Michel Aulas est visé par une plainte pour viol aggravé déposée par une militante. La gestion des accusations pendant la campagne a placé Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton au cœur d’une polémique. Véronique Sarselli avait annoncé leur retirer temporairement leurs délégations métropolitaines avant de les réintégrer il y a deux semaines de cela.

Lancée dans le sillage de cette affaire, la mission devra précisément prévoir quoi faire lorsqu’une alerte concerne un élu ou une personne chargée de la traiter. Mais, interrogées sur Roman Abreu, les intervenantes ont répondu que ce n’était “pas le sujet” du point presse.

Tous les groupes métropolitains seront invités à travailler sur ces règles sans distinction de fonctions, et ce “au-delà des clivages politiques”. Reste à voir comment elles s’appliqueront réellement quand une affaire embarrassera ceux qui devront les faire respecter.

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