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Le jeu de dupes continue entre le Sytral et le Conseil général du Rhône

Pour la dernière séance avant la trêve estivale, le comité syndical du Sytral s’est offert une séance électrique. Gérard Collomb et Bernard Rivalta ont soufflé sur les braises encore rougeoyantes de la polémique commission d’appel d’offre et du prétendu départ du Conseil général du Sytral. Genas, prisonnière du conflit, ne sera plus desservie par les TCL, assure Bernard Rivalta.

Le maire de Lyon et le président du Sytral côte à côte à la table du conseil. La tableau est assez rare. Il ne trompe pas : quand la paire est à cette même table, la séance promet d’être musclée. Ce fut le cas jeudi au huitième étage des locaux du Sytral. Fraîchement rentré d’Arménie, Gérard Collomb est arrivé tout sourire. « La seule chose importante aujourd’hui, c’est le Galibier », a-t-il lâché rigolard à la cantonade, en référence à l’étape montagnarde du jour sur le Tour de France. Le bon mot n’amuse pas spécialement Raymonde Poncet et Béatrice Vessiller. Les deux élus écologistes siégeant au Sytral se rendront compte quelques instants plus tard que Gérard Collomb et Bernard Rivalta font figure de cols hors-catégorie, pour qui n’est pas habitué aux gros braquets.

Commission d’appel d’offre : Béatrice Vessiller saisit le tribunal administratif

Ecrémés de la commission d’appel d’offre du syndicat, les deux élues vertes avaient tenté, lors du comité syndical de juin, de présenter aux voix une liste constituée de Béatrice Vessiller en titulaire et de Raymonde Poncet en suppléante. « Impossible », avait alors rétorqué Bernard Rivalta, toute liste devant être composée au minimum de deux titulaires et de deux remplaçants.
Après consultation du code des marchés publics, et de son article 22.1, la fin de non-recevoir opposée par le président du Sytral est nulle et non avenue, puisque la réserve numérique opposée par Bernard Rivalta n’y figure pas. La liste présentée en juin par les écologistes était donc « recevable », pour l’élue villeurbannaise, qui, entre temps, a saisi le tribunal administratif. « Je vous demande donc de bien vouloir réorganiser l’élection des membres de la commission d’appel d’offre », s’autorise Vessiller.
L’argument n’existe pas pour Rivalta. « Nous ne sommes pas une collectivité mais un syndicat », oppose-t-il pour justifier son refus de valider une liste à deux noms. « Vous ferez prospérer votre recours devant le tribunal administratif », termine-t-il, ironique. Et ce n’est que le début.
Gérard Collomb, toujours prompt à dégainer, reproche à l’écologiste son insoumission. « Vous avez rompu le contrat de confiance », commence le président du Grand Lyon. « Vous tenez votre légitimité des listes municipales majoritaires de Villeurbanne, continue-t-il. Si vous n’êtes pas d’accord avec la majorité, il faut rendre vos mandats. » Le maire de Lyon promet même « d’en tirer toutes les conséquences » pour les prochaines échéances électorales. Atout diversité de Collomb pour sa réélection en 2008, les écologistes désormais émancipés seront vraisemblablement la pomme de discorde pour les Municipales de 2014.

L’implacable bizutage de Raymonde Poncet

Pour sa seconde séance, celle qui a éjecté le socialiste Dominique Bolliet du Département a été secouée. En cause, ses propos tenus et retranscrits dans un article de Lyon Capitale, où Poncet compare les membres du Sytral a des élus « de paille. » La comparaison ne passe pas pour Bernard Rivalta. « Renseignez-vous Mme Poncet, les mots ont un sens, tempête, paternaliste, Bernard Rivalta. Les élus de paille sont ces gens qui faisaient le tour des tribunaux pour produire des faux témoignages contre rémunération. » Et pour l’élu verte de rappeler le contexte : échangeant plus d’une demie-heure avec un journaliste au sortir de sa première séance de juin, elle en arrivée à ce terme d’élu « de paille. »  Qu’elle ne retire pas - « ce que j’ai dit, je le maintiens » - mais qu’elle contextualise. Difficile de croire à un tour pendable quand on sait que Raymonde Poncet à traversé la campagne électorale des Cantonales sous l’acuité retorse de la presse. « Vous maintenez votre propos, constate Rivalta. Je verrais ce que je dois faire en terme de procédure, je ne peux pas laisser les élus se faire insulter de la sorte », conclue-t-il. Tribunal correctionnel contre tribunal administratif, procédure contre procédure, la cohabitation entre les Verts et la majorité promet d’être compliquée.
Alors que la délibération sur le prolongement du T2 a Eurexpo est débattue, et qu’une énième fois  Gérard Collomb s’en prend à l’abstentionniste Béatrice Vessiller - « vous mettez en danger notre parc des expositions », lui reproche-t-il - Raymonde Poncet, sur son siège, n’en revient pas. « C’est le lieu pour digresser à ce point », interroge-t-elle. Personne ne l’écoute.

Genas otage de la querelle Sytral / Conseil général du Rhône

Une nouvelle étape a été franchie dans la scission entre les deux institutions. Car depuis que, fin 2010, le Département a fait part de son désir d’autonomie sur la question des transports, et que la Chambre régionale des Comptes ne justifie pas la dévolution de la compétence transport du Département au Sytral, le Rhône se laisse la possibilité de quitter l’autorité organisatrice des transports dans l’agglomération lyonnaise. Dernière menace en date de son 1er vice-président Michel Forissier : le Département quittera le Sytral si le nouveau plan de desserte Atoubus n’inclue pas Genas.
Rivalta contre-attaque. « Nous ne développerons pas le plan de desserte comme prévu, commence-t-il. Nous excluons la communauté de commune de l’Est lyonnais du futur plan de desserte, qui accepte de rallier le futur pôle transport du Département. » Surenchère politique ? « Nous verrons quand et comment les bus des TCL se retireront de la commune de Genas. » Rivalta persiste et signe, annonçant un coût de 400 000 à 500 000 euros à la charge du Sytral pour assurer la desserte de la ville qui cristallise toutes les polémiques. 
Gérard Collomb justifie l’écrémage de la commune par l’injustice fiscale. A ce titre, les entreprises du territoire de Genas ne paient pas la taxe transport due au Sytral. Pourtant hors périmètre Grand Lyon, la ville bénéficie des mêmes avantages de dessertes que les villes qui s’acquittent de cet « impôt », comme le nomme Rivalta. « Dans les milieux économiques, les critiques commencent à monter », explique malicieusement Collomb. Il se montre toutefois moins définitif sur l’aspect inextricable du conflit. « C’est une péripétie », tente de rassurer le maire de Lyon. Reste aux différents acteurs du conflits à trouver une variable d’ajustement avant la reformatage complet de la carte du réseau de transports le 29 août, avec la mise en place du projet Atoubus.



Tags : sytral |

Commentaires 3

Déposé le 23/07/2011 à 17h39  
Par Ancien socialiste Citer

Comment peut-on encore aujourdh'ui voter pour les socialistes lyonnais? Comment qualifier le duo Collomb/Rivalta? Le maire de Genas a raison de tenir tête à de tels politicards prêts à tous les coups pour se venger. Car D.Valéro est contre le stade de Jean Mimi et du politicard Collomb, alors pour cette connerie de stade tout les coups sont permis. Si quelqu'un peut me dire en quoi, le comportement de ces élus est socialiste! N'oublions pas que ces élus sont nos fournisseurs, que nous sommes leurs clients, qu'ils nous doivent leur élection, qu'ils sont à notre service, et non pas à celui exclusif de Jean Mimi. Scandaleux ce duo!

Déposé le 22/07/2011 à 17h00  
Par marie Citer

Qd les élues d' EELV vont-elles comprendre que le ps se moque d'elles ?
Pseudo ami avant les élections.... ; le ps élu ne veut pas d'opposition !

Où en est le remboursement des indemnités indues de B.Rivalta et de G.Barriol ?

Déposé le 22/07/2011 à 09h16  
Par Constator Citer

Despotisme... Ah les beaux socialistes que voilà !

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