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Satellites municipaux : la reprise en main

Sociétés d’économie mixtes, établissements publics, associations... La Ville de Lyon et la Communauté urbaine sont entourées d’une cinquantaine de structures paramunicipales que Gérard Collomb a reprises en main depuis sa réélection.

La Ville de Lyon et la Communauté urbaine pèsent à eux seuls 2,4 milliards d’euros de budget pour 7 800 fonctionnaires. Mais il faut ajouter à cela leurs 45 satellites qui emploient eux-mêmes près de 1 500 salariés pour un budget global de 2 milliards d’euros. Ce qui fait de Gérard Collomb le principal employeur de la région de façon directe ou indirecte.
Au départ, ces structures paramunicipales ont été créées pour offrir aux élus davantage de souplesse dans la gestion des collectivités locales. Que ce soit pour les rémunérations, les marchés publics, les travaux... Tout en permettant de mettre en place des structures à taille humaine.
Mais les élus qui représentaient la ville de Lyon ou la Communauté urbaine dans ces différentes structures, ne jouaient parfois qu’un rôle symbolique. Comme à l’Opéra où les directeurs ont toujours profité de leur statut d’artistes pour défendre leur indépendance qui virait parfois à l’irresponsabilité alors qu’ils fonctionnaient entièrement sur fonds publics ou presque. Ce qui a provoqué un certain nombre de dérapages.
Du coup, au début des années 2000, de nombreux élus ont plaidé pour une reprise directe par les collectivités locales des missions assurées par ces satellites. Plutôt que de leur verser une aide globale qu’elles gèrent sans vrai contrôle. Ce qui a été le cas dans certaines communes. En revanche, à Lyon, ces structures ont survécu. Elles sont même restées un enjeu de l’après-municipales.
En 2001, Gérard Collomb avait accepté de laisser à son opposition de droite quelques postes dans la foulée de l’ouverture de son exécutif à la Communauté urbaine. C’est ainsi que Christian Philip, ancien 1er adjoint de Raymond Barre à la mairie de Lyon, s’était retrouvé à la tête de Lyon Parc Auto. Ou que Dominique Nachury, ancien maire UDF du 6e arrondissement, a hérité de la Cité internationale.
Mais désormais, Gérard Collomb, qui a été réélu facilement maire de Lyon et président de la Communauté urbaine, n’a pas eu besoin de négocier avec la droite. Du coup, il a accepté des UDF et quelques UMP dans son exécutif communautaire. Mais il a nommé ses proches à la tête des principaux satellites. Tout en ne renouvelant pas ceux qui ont été jugés trop critiques vis-à-vis de son action, y compris quand ils étaient à gauche ou quand ils n’avaient pas atteint leurs objectifs. Alors que ses fidèles ont été confirmés.
Ainsi, Bernard Rivalta, conseiller général de Villeurbanne, a été reconduit à la présidence du Sytral où il a rempli les objectifs que lui avait fixés Collomb sous son premier mandat, à savoir la construction de deux nouvelles lignes de tramway. De même, Gilles Buna, adjoint à l’urbanisme qui a également un bon bilan, a été réélu président de l’Agence d’urbanisme.
En revanche, Gérard Collomb a écarté Alexandrine Pesson, la maire du 5e arrondissement, de la présidence de la SACVL, la société d’économie mixte qui gère les logements sociaux de la ville de Lyon. Une structure clé puisqu’elle est également chargée de mener un certain nombre d’opérations sensibles pour le compte de la ville, comme la reconversion de l’hôpital de l’Antiquaille dans le 5e arrondissement de Lyon. Et c’est Michel Le Faou, un élu du 8e arrondissement, qui lui a succédé avec une mission : mieux tenir cette structure dirigée par Gérard Klein. Quant à Jean-Louis Touraine, 1er adjoint de Collomb et député, il a tenu à récupérer la présidence de Lyon Parc Auto. Ce que n’a pas pu lui refuser le maire de Lyon car ce brillant professeur de médecine, qui passait à une époque comme un challenger de Collomb au PS, s’est désormais totalement rangé derrière lui. Alors que Jérôme Sturla, élu à la Communauté urbaine et nouveau conseiller général de Décines qui a rallié la contribution “La ligne claire” de Collomb pour le prochain congrès du PS, a été élu à tête du Symalim, le syndicat qui gère le parc de Miribel-Jonage. Ou que Najat Belkacem, également élue conseillère générale avec le soutien de Collomb, est désormais présidente de la Halle Tony Garnier.

Rémunérations

Par ailleurs, Gérard Collomb exerce lui-même la présidence en direct de plusieurs structures comme le Crédit municipal mais aussi Lyon Confluence qui a en charge un des dossiers majeurs de son premier mandat. En revanche, il a laissé à Jean-Luc Da Passano, un fidèle de Mercier, la présidence de la SERL, une SEM qui gère de nombreuses opérations d’aménagements comme le musée du Confluent ou un certain nombre des programmes de renouvellement urbain dans les quartiers sensibles. Mais le maire de Lyon a quand même pris soin de placer Alain Giordano, maire écologiste du 9e arrondissement, qui est non seulement administrateur de la SERL mais aussi responsable du comité de suivi et d’aménagement qui contrôle la réalisation de chaque opération.
Comment ces élus sont rémunérés ? Pour une grande majorité : ils ne touchent rien. “Ce qui me paraît logique car ces responsabilités ne sont que la prolongation de notre rôle d’élu pour lequel on a déjà une indemnité”, souligne Alain Giordano, maire écologiste du 9e arrondissement. Mais il y a des exceptions. Ainsi, le président du Sytral a été mis en cause pour avoir touché une rémunération dont une partie a même été annulée par le tribunal administratif. Alors que Jérôme Sytral touche 700 euros par mois au parc de Miribel-Jonage. Quant à Yvon Deschamps, à l’Opac, il perçoit un jeton de présence de 68 euros par réunion.
Reste à savoir si cette absence d’opposition pourrait conduire à certaines dérives comme à la grande époque où Michel Noir contrôlait tout avec quelques fidèles. C’est le défi que doit relever Collomb aujourd’hui.

Les principaux satellites

SYTRAL
Président : Bernard Rivalta
Directeur général : Raymond Deschamps
Statut : établissement public
Budget 2007 : 1 milliard d’euros
Effectif : 85
Activités : transports en commun
Aide publique : 134 millions d’euros du Grand Lyon et du conseil général du Rhône

Lyon Parc Auto
Président : Jean-Louis Touraine
Directeur : François Gindre
Statut : SEM
Actionnaires :
Communauté urbaine de Lyon 30,7 %
Ville de Lyon : 21,6 %
Département du Rhône : 9,2 %
Chiffres d’affaires 2007 : 41 millions d’euros
Effectif : 162

OPAC du Grand Lyon
Président : Yvon Deschamps
Directeur : Daniel Godet
Statut : office public d’habitat
Budget 2008 : 248 millions d’euros
Effectif : 534
Activités : 21 739 logements sociaux
Aides publiques : contrat de plan avec le Grand Lyon (2002-2009) 2,7 millions d’euros

OPAC de Villeurbanne
Président : Bernard Rivalta
Directeur : Christian Champet
Statut : office public d’habitat
Chiffres d'affaires 2007 : 35 millions d'euros
Activité : 7 000 logements sociaux
Effectif : 149 personnes

Opéra de Lyon
Président : Gérard Collomb
Directeur : Serge Dorny
Budget 2007 : 30 millions d’euros
Effectif : 350
Aides publiques : Ville de Lyon 23 millions d’euros, Etat 5 millions d’euros, conseil régional 2,6 millions d’euros, conseil général 2,6 millions d’euros

Porte des Alpes
Président : Bruno Polga
Statut : office public communautaire d’habitat
Budget : 26 millions d’euros
Effectif : 85
Activités : 4 492 logements sociaux
Aides publiques : Grand Lyon 357 443 euros, conseil régional 128 862 euros, Ville de Saint-Priest 38 503 euros

SERL
Président : Jean-Luc Da Passano
Directeur général : Eric Brassart
Statut : société d’économie mixte
Actionnaires :
Conseil général du Rhône : 25 %
Grand Lyon : 25 %
Caisse des dépôts et consignations : 18 %
Budget : 10 millions d’euros
Effectif : 71
Activités : aménagements urbains

Crédit municipal de Lyon
Président : Gérard Collomb
Directeur : Pierre Bergeron
Statut : établissement public de crédit et d’aide sociale
Actionnaires : Ville de Lyon (100 %)
Budget : 6,6 millions d’euros
Effectif : 51
Activités : prêts sur gages, prêts à la consommation

Office du tourisme de Lyon
Président : Denis Trouxe
Directeur général : François Gaillard
Statut : association
Budget : 5,1 millions d’euros
Effectif : 81
Aide publiques : Ville de Lyon : 1, 9 millions d’euros Grand Lyon : 1,2 million d'euros

SYMALIM
Président : Jérôme Surla
Directrice : Anne Moignard
Statut : syndicat mixte
Actionnaires : Communauté urbaine de Lyon, Ville de Lyon, conseil général du Rhône, Villeurbanne...
Budget : 6,5 millions d’euros
Effectif : 4
Activités : gestion et aménagement du parc de Miribel-Jonage



Tags : sytral | lyon parc auto | sacvl |

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