Ce mardi 17 mars Mila était de nouveau au tribunal pour un jugement. L'affaire remonte à novembre 2024. Sur son compte X, elle avait publié une photo montrant un homme à Villeurbanne, près d’un distributeur automatique, tenant ce qui semblait être un fusil de type kalachnikov.
Le message accompagnant le cliché était sans équivoque : "Cette chance se balade au calme avec une kalash à Villeurbanne."
Rapidement relayée sur les réseaux sociaux et par de nombreux médias locaux, l’image avait suscité une vive inquiétude. Les services de police avaient pris l’alerte très au sérieux et interpellé l’homme dans les heures suivantes. L’arme s’était finalement révélée être factice.
Estimant que cette publication lui avait causé un important tort, l’homme figurant sur la photo, Nouredine M., a décidé de porter plainte pour diffamation. Fait rare, encore plus en salle de presse, la partie civile était présente dans le box des prévenus, escortée par deux policiers.
Actuellement détenu à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas pour d’autres affaires, il purge notamment une peine de 16 mois de prison dont 8 avec sursis probatoire pour une agression sexuelle en état d’ivresse. Une autre peine de 12 mois a également été mise à exécution.
Selon lui, son identité a ensuite circulé sur les réseaux sociaux. À la barre, il affirme : "Elle a aussi divulgué mon nom et mon prénom. La justice protège ces gens."
Le président du tribunal nuance toutefois : "Le tribunal n’a pas constaté ces choses", la plainte reposant en effet uniquement sur la diffusion de la photo initiale. Voyant que l'audience ne tournait pas vraiment à son avantage Nouredine M. s’est emporté à plusieurs reprises : "Elle m’a affiché, elle insulte l’islam et personne ne fait rien. Elle n'a toujours pas compris."
Interrogé sur l’arme visible sur la photo, il explique : "Pour l’arme : C’est un jouet pour enfant. Je comptais l’offrir à mon neveu." Il ajoute : "À cause d’elle tout le monde a eu mon nom et j’ai perdu mon travail."
La défense plaide l’ironie et l’absence d’identification
Mila reconnaît être à l’origine de la publication. Elle explique : "Un ami m’a envoyé cette photo. Je vois un homme avec une kalashnikov. Près d’une banque, je pensais donc faire un geste citoyen en donnant l'alerte avant de me rendre au commissariat."
Elle insiste également : "L’homme n’est pas du tout identifiable sur la photo qui est prise de loin et en plus il a une casquette."
Interrogée sur la signification de l’expression "cette chance" utilisée pour qualifier l'homme, elle répond sans détours : "Une racaille ! C'est une façon satirique de parler de la racaille."
Son avocat, Me Barbier, défend une publication sans caractère discriminatoire : "L’expression ‘Cette chance’, c’est le côté excessif de ma cliente. C’est de l’ironie. Mais il n’y a aucun caractère discriminatoire. On ne distingue pas une ethnie particulière sur cette photo."
Une fin d'audience sous tension
Sur la question des dommages et intérêts, la partie civile, visiblement prise de court et non assistée d’un avocat, a marqué un temps d’hésitation à la barre, cherchant ses mots avant de formuler une demande qu’elle a elle-même semblé improviser, finissant par réclamer 800 euros, sans réellement détailler l’évaluation de son préjudice.
En fin d’audience, la tension est nettement montée d’un cran lorsque Mila explique avoir reçu des menaces de la part de la partie civile depuis son box avant l’arrivée des magistrats. Des accusations qui provoquent une vive réaction de Nouredine M., qui s’est emporté dans son box, s’adressant directement à Mila sur un ton jugé menaçant, multipliant les invectives et allant jusqu’à tutoyer le tribunal.
Malgré plusieurs rappels à l’ordre du président, l’homme a poursuivi ses propos, haussant la voix et lançant : "Même l’argent je n’en veux pas. Elle m’a mis dans la merde. Vous la laissez faire ce qu’elle veut. Vous ne faites rien. Vous laissez des racistes faire ce qu’ils veulent", à conclu l'homme en hurlant tout en quittant la salle d'audience escorté par les policiers.
À l’issue des débats, le tribunal a mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 21 avril 2026.
il y a des pays où se balader avec uns kalash, fut elle factice, vous prenez un pruneau, en france il porte plainte
Signaler RépondreDehors le N
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