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Modem : Eric Lafond, idéaliste ou manipulateur ?

Eric Lafond, juriste de 36 ans, a pris le contrôle du Modem en quelques mois, suscitant une vague de contestations chez les centristes lyonnais. Portrait d’un personnage assez secret.

“Quand on pense que le Mercier lyonnais, aujourd’hui c’est lui... Ça me fait un drôle d’effet !” lance un élu PS en ajoutant “c’est la carpe et le lapin”.
Il faut dire qu’en un an, le centrisme lyonnais a changé de look. Alors qu’il était jusque-là tenu par quelques bons gros notables indéboulonnables comme Michel Mercier, le président du conseil général. Derrière ce bouleversement, un quasi-inconnu : Eric Lafond, 36 ans, conseiller du 3e arrondissement de Lyon.

Grand, les cheveux blonds taillés en brosse, des lunettes rectangulaires, un petit sourire figé, souvent habillé d’un inusable blouson en cuir marron... Eric Lafond cultive un look décontracté d’éternel étudiant. Timide ou hautain, difficile à dire. Une certitude : il ne fait rien pour faire oublier son côté distant en débitant d’entrée de jeu un discours très mécanique, ni gauche ni droite, tout en dénonçant ces maudits journalistes qui n’y comprennent rien...

“J’avoue que pour moi, c’est un mystère”, avoue le député Michel Havard, président du groupe UMP au conseil municipal. “Un ovni”, confirme un cadre du PS.
Né en 1972 à Meyzieu, d’un père ouvrier et d’une mère secrétaire, Eric Lafond a vécu une enfance sans histoire dont il avoue bizarrement n’avoir gardé que “très peu de souvenirs”. A part ses balades en vélo au Grand Large ! En tout cas, quand il a 8 ans, sa famille s’installe à Mâcon où son père est embauché par un fabricant de pelleteuses. Une famille qui voyage beaucoup, de l’Irlande à la Yougoslavie. Catholiques et gaullistes, ses parents l’emmènent à la messe tous les dimanches. Mais adolescent, il va prendre ses distances avec la religion pour se consacrer à sa passion : le foot avec trois entraînements par semaine. Lui-même insiste pour préciser qu’à l’époque il était “surclassé”, c’est-à-dire qu’il était tellement bon qu’il pouvait jouer avec les grands.

Bon élève, il va revenir à Lyon pour poursuivre ses études et décrocher en 1999 un doctorat en droit tout en soutenant une thèse en sciences politiques à Lyon III. C’est là qu’il commence à s’intéresser à la politique. En particulier à l’Europe. Grâce à l’European law student association, un mouvement d’étudiants en droit. Lafond se fait élire président de la section française, puis il crée neuf antennes dans d’autres grandes villes. Ce qui va lui permettre de constituer un premier carré de fidèles qui vont le suivre tout au long de son parcours. Comme Amélie Prudhon, aujourd’hui avocate, qui ne tarit pas d’éloges : “intelligent”, “vraiment intègre”`, “déterminé”...

Nulle part
Eric Lafond envisage alors de rejoindre une grande formation politique. Mais il reste sceptique : “En plus, ces partis cantonnaient les jeunes à des rôles secondaires.” Du coup, à 25 ans, sans hésiter, il crée son propre parti politique à Lyon : Participation citoyenne. “On était décidés à penser et à s’exprimer par nous-mêmes”, précise-t-il alors qu’Amélie Prudhon ajoute : “On était politiquement nulle part”, en refusant d’en dire plus. Sauf pour souligner qu’elle rejette “tout extrémisme”.

Aux élections municipales de 1995, il présente une liste en s’associant avec Bernard Houot, un ancien collaborateur de Michel Noir, qui a lancé Civisme à Lyon. Ensemble ils dénoncent “la professionnalisation de la politique”. Lafond va même monter une coordination nationale de ces petites formations. Et sa liste va réussir à faire un bon score à la Croix-Rousse. Mais à l’époque, leur positionnement politique n’est pas clair. On l’accuse d’être un sous-marin noiriste. Ce qui l’agace prodigieusement. Alors que certains le considèrent tout simplement comme un opportuniste.

Mais cette carrière de politique amateur ne suffit pas à le faire vivre, bien sûr. Chargé de cours à Lyon III et à la faculté catholique, il va également travailler à partir de 1999 pour Ailoj, une association villeurbannaise spécialisée dans la réhabilitation de logements sociaux pour les jeunes. Six ans plus tard, Lafond rejoint le Pass, un club de patrons spécialisé dans l’insertion. Pas de quoi rouler sur l’or. Il gagne 2 700 euros par mois. Et il vit simplement. Il roule en Citroën Berlingo et il habite un appartement de 100 m2  près de la préfecture avec sa compagne, avocate, et ses deux enfants, Romain et Laure, de 3 ans et 5 ans. “Je leur donne une éducation stricte sans être trop dur tout en essayant déjà de leur faire aimer les livres.” Mais ce jeune homme sérieux continue à jouer au foot dans une équipe amateur qui réunit tout de même des anciens élèves de grandes écoles. Pas vraiment fan de l’OL, il préfère Saint-Etienne ! “Mon grand-père était stéphanois. A 4 ans, il m’emmenait au stade Geoffroy Guichard. Forcément, ça laisse des traces.” Et il est sévère avec Jean-Michel Aulas : “Sa volonté de privilégier le foot business n’a pas une influence positive sur le foot amateur, car cela crée beaucoup de tensions alors qu’il devrait au contraire donner l’exemple pour pacifier la pratique de ce sport.”

En revanche, sa vraie passion aujourd’hui, c’est la politique. D’ailleurs avec Participation citoyenne, il va en quelques années constituer un noyau dur d’une centaine de fidèles. Même si ses méthodes agacent : “Et la forme Lafond !” l’interpellent souvent ses proches pour le “chambrer” sur son côté directif. “Ce n’est pas un facho, mais il sait ce qu’il veut, un peu trop parfois”, ironise un élu Modem.
Toujours branché municipales, il présente à nouveau une liste aux élections de 2001. Là encore, les résultats sont honorables. Mais il va une nouvelle fois brouiller son image en refusant de choisir entre Gérard Collomb qui joue la carte centriste et la droite musclée représentée au second tour par Millon qui s’est fait réélire président du conseil régional avec les voix des élus FN.

Opportunité centriste
Malgré ces deux échecs, Eric Lafond est toujours convaincu d’être sur “la bonne voix”. A la tête d’un groupuscule bien organisé, il aborde d’ailleurs les élections municipales de 20



Tags : Modem | Eric Lafond |

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