Six ans de clientélisme dirigé vers les Turcs, les Comoriens, les mahométans en général n’auront servi à rien.
Mais où est l’universalisme ? Il est dans les discours, mais pas dans les réalités communales : les mairies de droite comme de gauche préfèrent parler à l’imam plutôt qu’à Marianne.
Mais en général, que ce soit La France insoumise ou les socialistes, communistes, écologistes, ils n’ont rien vu venir.
Car le calendrier est pourtant implacable : de fin février à fin mars 2026, le ramadan, comme l’Aïd, recouvre intégralement les deux tours des municipales.
Comme si les élections avaient lieu le jour de Noël et le jour de l’An.
Ça va être le requiem de nombreuses majorités municipales.
Des études ont prouvé que les électeurs musulmans ont voté massivement pour la gauche, à plus de 86% lors de certaines élections. Pourtant, la fatigue du jeûne, le recentrage religieux, comme le désintérêt pour une campagne municipale perçue comme secondaire.
Or l’électorat que la gauche croit acquis, notamment dans les quartiers populaires, est déjà massivement abstentionniste. Il ne se mobilise plus. Et quand cet électorat se retire, personne ne vient compenser.
L’Aïd sera le coup de grâce invisible, tombant à proximité du second tour des municipales.
Ce moment central religieux, familial et social est aussi devenu un temps de mobilité massive. Voyages spirituels, retours familiaux, mais aussi séjours de loisir dans les pays du Maghreb. Maroc, Algérie, Tunisie : des dizaines de milliers d’électeurs ne seront tout simplement pas sur le territoire au moment décisif.
Pas par rejet du vote. Par choix de vie. Par priorité personnelle.
Et c’est précisément ce que la gauche refuse d’admettre : un électorat n’est jamais captif. Il est disponible, ou absent.
Les conséquences ne s’arrêteront pas aux municipales. Elles seront encore plus lourdes lors des élections métropolitaines, déjà marquées par une abstention massive, une faible incarnation et une incompréhension générale des enjeux.
C’est dans ce vide que se produira le basculement.
Le RN, allié à l’UDR, atteindra le second tour dans plusieurs circonscriptions métropolitaines. Là où ils n’avaient aucun élu, ils pourront constituer un groupe structuré à la Métropole de Lyon. Non par vague idéologique, mais par effondrement de la participation à gauche et par éclatement de son camp.
La gauche découvrira trop tard qu’en politique locale, l’absence pèse autant que l’opposition. Même les villes réputées imprenables ne seront plus à l’abri.
À Vénissieux, la division chronique de la gauche, l’usure du pouvoir, les querelles d’appareil et l’abstention différenciée ouvrent un scénario longtemps jugé impensable : un basculement au profit de Quentin Taïeb, cadre de l’UDR.
Ce ne serait pas une victoire idéologique. Il profite d’une conjoncture unique. Quand la gauche se fragmente, n’incarne plus et voit son électorat s’évaporer, le terrain se libère. Et quelqu’un finit toujours par l’occuper.
2026 n’est pas 2020
La différence est majeure. Cette fois, le centre et la droite avancent unis, avec un soutien assumé : Jean-Michel Aulas.
Face à eux : une gauche épuisée par six ans de gestion écologiste ; des politiques perçues comme dogmatiques et punitives ; une absence totale d’incarnation ; et la perte d’une partie des électeurs dits musulmans, absents des urnes bien plus que présents chez l’adversaire.
L’addition sera implacable.
À Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Lyon 8ᵉ, Lyon 9ᵉ, la sanction sera nette. La France insoumise, comme le reste de la gauche persuadée d’être hégémonique, découvrira qu’elle n’était que tolérée par défaut.
L’excuse sera prête : le contexte. La vérité est plus cruelle : non-incarnation, dogmatisme, déconnexion du réel, personnel politique non renouvelé.
Quand la ferveur religieuse remplace la ferveur militante, quand le terrain est abandonné aux slogans, il ne reste que le silence des urnes.
Pendant que la gauche s’enferme dans ses certitudes, Jean-Michel Aulas avance. À Lyon, Cœur Lyonnais s’impose comme la force centrale. À la Métropole, Grand Cœur Lyonnais capitalise sur l’effondrement général du camp adverse.
Tous les paramètres convergent : le grand chelem dans les 14 circonscriptions n’est plus un rêve irréalisable, mais une hypothèse crédible. Non par enthousiasme populaire, mais par désertion massive.
La gauche découvrira en 2026 une vérité qu’elle refuse depuis trop longtemps : un électorat supposé acquis n’est pas un électorat mobilisé ; la morale ne remplace pas la gestion ; l’idéologie ne fait pas une majorité locale.
Le ramadan ne sera pas la cause de la défaite. Il en sera le révélateur, comme le Covid l’a été hier pour la droite.
En politique, on ne perd jamais à cause d’un calendrier. On perd parce qu’on a cru que les voix appartenaient à ceux qui savaient les nommer. En mars 2026, à Lyon et dans toute sa métropole, la marche funèbre de la gauche s’achèvera dans les urnes.
Farid Ben Moussa
Conseiller municipal de Vénissieux
Le Ramadan on s'en fout ! Ce n'est pas une fête nationale et encore moins un évènement inscrit en nos us et coutumes . Grand bien à nos voisins musulmans le pratiquant en leurs pays.
Signaler Répondresouhaitons que les diagnostics ,predictions, vaticinations ,souvent lucides ,de farid se concretisent
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