Après l’annulation des élections municipales de Saint-Fons par le tribunal administratif de Lyon, Hadi Mebarki contre-attaque.
Le maire annonce ce lundi 12 octobre qu’il fera appel devant le Conseil d’État afin de défendre la validité du scrutin remporté en mars dernier par sa liste. Le tribunal a annulé l’élection en raison d’irrégularités affectant les bulletins de la liste de Christian Duchêne au premier tour. Ceux-ci ne mentionnaient pas la nationalité portugaise d’une candidate, alors que cette indication était obligatoire.
"Nous contestons cette décision et nous ferons appel devant le Conseil d’État. Nous défendrons jusqu’au bout le choix exprimé par les Sainfoniardes et les Sainfoniards", affirme Hadi Mebarki.
"Comment une liste peut-elle obtenir l’annulation d’une élection en invoquant les conséquences de sa propre erreur ?"
Le maire LFI concentre sa défense sur les conditions dans lesquelles les bulletins irréguliers de la liste de Christian Duchêne ont été maintenus.
Selon lui, sa défense a fait valoir lors de l’audience que le maire sortant avait été averti dès le samedi précédant le scrutin et aurait alors pu faire réimprimer ses bulletins. Cette chronologie est contestée par le camp Duchêne, dont l’avocate avait soutenu que l’invalidité des bulletins n’avait été clairement établie qu’une fois les bureaux de vote ouverts.
Hadi Mebarki estime que ces circonstances doivent être examinées par le Conseil d’État.
"Comment une liste peut-elle obtenir l’annulation d’une élection en invoquant les conséquences de sa propre erreur ?", interroge-t-il.
Il accuse plus largement ses adversaires d’avoir laissé subsister une irrégularité avant d’en utiliser les conséquences judiciaires, parlant d’une possible "manœuvre électorale".
Un "strike politique" dénoncé contre trois communes remportées par LFI
Le maire de Saint-Fons replace également son cas dans un contexte plus large.
Après Vénissieux et Vaulx-en-Velin, Saint-Fons est la troisième commune de la Métropole de Lyon remportée par une liste soutenue par La France insoumise dont le scrutin a été annulé par la justice administrative. Les irrégularités à l’origine des différents contentieux ne sont toutefois pas identiques.
Hadi Mebarki dénonce malgré tout un "strike politique contre les trois communes LFI".
"Les erreurs ou les agissements de nos adversaires deviennent le levier pour remettre en cause les victoires obtenues dans les urnes", estime-t-il.
"Un mode d’emploi du braquage d’élection"
Dans son communiqué, Hadi Mebarki emploie des termes particulièrement durs pour décrire le risque qu’il estime voir apparaître.
Il parle d’un possible "mode d’emploi du braquage d’élection" si une liste pouvait, selon son raisonnement, produire des bulletins non conformes, ne pas les corriger puis obtenir ensuite l’annulation du scrutin en invoquant leur invalidation.
"On ne peut pas laisser une erreur devenir une stratégie, puis cette stratégie effacer le choix des électeurs", affirme-t-il.
Le maire demande donc au Conseil d’État d’examiner non seulement l’irrégularité elle-même, mais aussi les responsabilités dans sa persistance et son éventuelle influence sur le scrutin.
Dans l’attente de l’examen de son recours, Hadi Mebarki assure que son équipe continuera "son travail au service des habitants".
"Nous ferons appel devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de ce jugement et défendre la validité de notre élection", confirme-t-il.
Et de conclure : "Le choix des Sainfoniardes et des Sainfoniards mérite le respect. Nous le défendrons jusqu’au bout."
Un braquage d'élection ? ? ? ? Mais c'est quoi ça ? ? ? ?
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